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Filarr est sur Android : comment ça marche, et ce qui vient ensuite

L'application Filarr pour Android est disponible sur Google Play. Trois façons de commencer, le jumelage qui fait passer votre clé d'un appareil à l'autre sans passer par nous, ce que le téléphone sait faire, ce qu'il ne fait pas encore, et la suite.

MB

Mathis Belouar-Pruvot

C'était la demande numéro un depuis le lancement, et elle est arrivée : Filarr est disponible sur Android.

👉 Filarr sur Google Play

L'adresse complète, si vous voulez la partager : https://play.google.com/store/apps/details?id=fr.belouar.filarr

La version en ligne est la 1.7.1. Dans l'article d'août, on annonçait une sortie « d'ici un à deux mois » et on promettait de ne pas livrer un truc instable. On a pris le temps : l'application a traversé plusieurs semaines de tests fermés avant d'arriver en production.

Une précision dès le départ, pour ne pas vous faire chercher : il n'y a pas de version iPhone pour l'instant, et nous n'annonçons pas de date. Nous préférons une très bonne application Android à deux applications moyennes.


Trois façons de commencer

Au premier lancement, après « Bienvenue sur Filarr ! » et le choix de la langue, l'application pose une question : « Comment veux-tu utiliser Filarr ? ». (Oui, l'application mobile vous tutoie.) Trois réponses possibles.

« Local uniquement » : sans compte, sur le téléphone

Aucun compte, aucune adresse e-mail, rien qui part vers un serveur. Vous configurez un profil (un nom, une couleur, et si vous le voulez un code PIN de six chiffres), vous choisissez les dossiers de départ (Personnel, Étudiant, Professionnel ou Créatif), puis vous posez votre mot de passe de chiffrement.

Lisez bien l'écran « Sécurité & chiffrement » : ce mot de passe est la clé de vos fichiers. Filarr chiffre tout avec une clé qui en est dérivée, en AES-256-GCM. Si vous le perdez, personne ne peut récupérer vos fichiers, pas même nous. Le code PIN n'est qu'un raccourci pour déverrouiller ; le mot de passe reste toujours valable.

« Avec sync cloud » : un compte pour retrouver vos fichiers partout

Vous créez un compte (ou vous vous connectez à un compte existant), vous vérifiez votre adresse e-mail, et le téléphone synchronise votre coffre avec vos autres appareils. Si le compte a déjà des coffres, l'écran « Choisis un coffre » vous laisse ouvrir celui que vous voulez retrouver.

Ce qui part vers nos serveurs est chiffré avant de quitter le téléphone. Le serveur stocke des blocs opaques ; il ne lit ni vos fichiers, ni vos notes, ni leurs titres. C'est le même principe que sur l'ordinateur, expliqué en détail dans notre article sur la synchronisation zero-knowledge.

« Tu utilises déjà Filarr ailleurs ? » : le jumelage

C'est le chemin le plus intéressant, et celui que nous recommandons si Filarr tourne déjà sur votre ordinateur.


Le jumelage : votre clé passe d'un appareil à l'autre, pas par nous

Votre coffre est chiffré avec une clé. Pour que le téléphone lise ce que l'ordinateur a écrit, il lui faut la même clé. La question est : comment la lui donner sans que personne d'autre ne puisse la voir en route ?

Concrètement :

  1. Sur l'ordinateur (ou dans l'application web) : Réglages › Compte & Synchronisation › Appareils connectés › Gérer › Jumeler un nouvel appareil. Un code à six chiffres s'affiche, avec un code QR.
  2. Sur le téléphone : à l'étape « Recevoir la clé de ton coffre », tapez le code ou scannez le QR.
  3. Comparez le nombre de vérification que les deux appareils affichent. S'ils sont identiques, confirmez.

Que se passe-t-il pendant ce temps ? Les deux appareils font un échange de clés ECDH sur la courbe P-256 : chacun envoie une clé publique, et chacun en tire, de son côté, un secret commun que le serveur ne voit jamais. La clé de votre coffre voyage ensuite chiffrée sous ce secret. Notre serveur ne fait que passer les messages ; il voit des octets qu'il ne peut pas ouvrir.

Le nombre de vérification sert à une chose précise : s'assurer que personne ne s'est glissé entre vos deux appareils. Si quelqu'un interceptait l'échange pour se faire passer pour l'un d'eux, les deux nombres seraient différents, et le jumelage s'arrêterait. C'est pour ça qu'il faut vraiment les comparer, surtout si vous avez tapé le code à la main.

Résultat : le téléphone reçoit la clé que l'ordinateur utilise déjà. Rien n'a besoin d'être rechiffré, et vos fichiers restent lisibles partout. Si le jumelage n'est pas possible (pas d'autre appareil sous la main, par exemple), « Utiliser plutôt le mot de passe de mon compte » reste disponible.

Pour jumeler un second téléphone depuis un premier : Réglages · Synchronisation · Associer un appareil.


Ce que fait le téléphone

L'application n'est pas une visionneuse : c'est Filarr, au complet ou presque, dans la poche.

Vos fichiers. Dossiers, favoris, étiquettes, et une recherche dans le contenu des documents (PDF, Word, tableurs, texte), avec un index chiffré qui reste sur l'appareil. Les aperçus s'ouvrent sans quitter l'application. Vous choisissez ce qui occupe la mémoire du téléphone : un fichier se télécharge quand vous l'ouvrez, ou reste disponible hors ligne si vous l'épinglez.

Vos notes. Le même éditeur que sur l'ordinateur : titres, listes, tâches, tableaux, encadrés, formules, liens entre notes, carnets, rappels. Les bases de données intégrées sont là aussi, avec les types de colonnes du bureau (relations, formules, agrégats…), et le graphe de vos notes.

Vos tâches. L'onglet Tâches suit les échéances de vos tâches comme le bureau, et affiche à qui chacune est assignée.

Le travail à plusieurs. Les coffres partagés s'ouvrent sur le téléphone : on y dépose des fichiers, on y édite une note en direct avec les autres membres, on y commente. La boîte de réception rassemble les mentions, les réponses et les tâches qui vous concernent.

Envoyer et recevoir. Filarr Send envoie un ou plusieurs fichiers par un lien chiffré, dont la clé vit dans le lien et jamais sur notre serveur. Les demandes de fichiers permettent de recevoir des dépôts chiffrés de personnes qui n'ont pas de compte.

Ce qui ne part pas du téléphone

  • Vos contenus, chiffrés en AES-256-GCM sur l'appareil avant toute synchronisation.
  • Vos photos, sauf celles que vous choisissez. La 1.7.1 a retiré les permissions d'accès aux photos et vidéos : l'import passe par le sélecteur d'Android, qui ne donne à l'application que ce que vous lui tendez.
  • Des statistiques d'usage, sauf si vous les activez. À la fin de la configuration, l'interrupteur « Partager des statistiques d'usage anonymes » est éteint par défaut. S'il est allumé, il n'envoie jamais le contenu de votre coffre.

Ce qui n'y est pas encore

Nous préférons vous le dire ici plutôt que vous le laisser découvrir :

  • iPhone et iPad : pas d'application, et pas de date annoncée.
  • Les imports depuis Obsidian, Notion ou Evernote se font sur l'ordinateur, pas sur le téléphone.
  • Les clés d'accès (passkeys) ne sont pas encore disponibles sur mobile.
  • Pas de notifications push pour les mentions : la boîte de réception se met à jour à la synchronisation et quand vous revenez dans l'application.
  • Les tâches d'une note de coffre partagé se lisent dans l'onglet Tâches, mais ne s'y modifient pas encore : il faut ouvrir la note.
  • Les nouveautés les plus récentes des bases (modèles de base, date posée d'office, schéma façon Merise, requêtes SQL) restent sur l'ordinateur et le web pour l'instant.
  • Les greffons (plugins) ne tournent que sur l'ordinateur.

Ce qui vient ensuite

La prochaine version Android est déjà écrite. Elle n'est pas encore publiée, mais elle comprend notamment :

  • la double authentification configurée directement sur le téléphone, quand une organisation l'impose (avant, il fallait passer par l'ordinateur) ;
  • une confirmation avant de vider entièrement une note de coffre partagé, comme sur l'ordinateur ;
  • un garde-fou pour les notes de coffre trop lourdes pour l'édition en direct, qui ne perdent plus de modifications ;
  • l'affichage des boîtes de dépôt permanentes de la passerelle comptable et de l'état des dépôts ;
  • un chemin de jumelage corrigé à l'écran : l'étape « Recevoir la clé de ton coffre » de la 1.7.1 indique un menu qui n'existe pas sur l'ordinateur. Le bon chemin est celui donné plus haut.

Ensuite, sans date : les grandes bases de données plus rapides (le même moteur que le bureau), et surtout la parité continue avec l'ordinateur. Chaque fonctionnalité qui arrive sur le bureau est inventoriée côté mobile, et nous publions ce qui manque plutôt que de le taire. Ce qui arrive au bureau dans les prochaines semaines est détaillé dans l'article sur Filarr 3.6, et la feuille de route complète est sur la page roadmap.


L'essayer

Si quelque chose ne marche pas comme décrit ici, dites-le nous depuis l'application (Réglages › Aide et retours) ou par la page contact. Et si l'application vous plaît, une note sur Google Play aide plus que vous ne le pensez un projet indépendant à être trouvé.

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