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Filarr 3.6 : des tâches complètes, « À ranger », la page Dossiers, et ce qui arrive ensuite

Trois versions en une semaine : un onglet Tâches façon Evernote, une page qui range vos fichiers à votre place, une page Dossiers, et une série de correctifs contre les pertes silencieuses. Puis ce qui est déjà sur le web et arrive au bureau.

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Mathis Belouar-Pruvot

Entre le 23 et le 30 septembre, l'application de bureau a reçu trois versions : la 3.5.9, la 3.6.0 et la 3.6.1. Ensemble, elles forment la plus grosse mise à jour depuis la 3.0. Les tâches deviennent un vrai outil, Filarr apprend à proposer une place pour vos fichiers, et une longue série de correctifs ferme des cas où du travail pouvait disparaître sans un mot.

Si l'application est déjà installée, elle vérifie seule toutes les quatre heures. Pour ne pas attendre : Réglages › À propos › Rechercher une mise à jour. Sinon, la dernière version se télécharge depuis la page de téléchargement. Le détail ligne par ligne est dans le changelog.


Les tâches deviennent un outil à part entière

Jusqu'ici, une tâche Filarr était une case à cocher dans une note. C'était pratique, mais limité. La 3.5.9 en fait un vrai gestionnaire de tâches, sans les sortir des notes.

Un onglet « Tâches » dans la barre latérale. Il rassemble les tâches de toutes vos notes, avec les onglets que les utilisateurs d'Evernote connaissent : Mes tâches, Carnets, Notes, Aujourd'hui, Assignées. On les trie par échéance, priorité ou date de modification, et on les filtre (récurrentes, avec drapeau, terminées…). Trois affichages : la liste, un tableau par étape ou par jour, et un calendrier au mois ou à la semaine. Une tâche se replanifie en la glissant sur une autre date, et « Voir dans la note » mène à la tâche elle-même, pas en haut de la note.

Des tâches complètes. Chaque tâche peut avoir :

  • une échéance, avec une heure et une durée ;
  • une répétition (cochée, elle passe à sa prochaine date) ;
  • jusqu'à cinq rappels, un drapeau, une priorité et une étape ;
  • une description et des sous-tâches.

La saisie rapide comprend le langage courant : « Appeler Léa demain à 15h !haute #travail » pose la date, l'heure, la priorité et l'étiquette.

Le choix important est ailleurs : les tâches restent dans leurs notes. Il n'y a pas de seconde base de données à côté, donc rien de plus à chiffrer à part ni à synchroniser autrement. Une tâche est chiffrée comme le reste de la note, sur votre appareil. Chacune porte un identifiant stable, le même sur le bureau, le web et le téléphone.

Les tâches des coffres partagés rejoignent l'onglet avec la 3.6.0, sous le nom de leur coffre. « Mes tâches » et « Aujourd'hui » n'en montrent que celles qui vous sont assignées, pour que l'arriéré d'une équipe ne noie pas vos journées. On les coche, les date et les assigne sans ouvrir la note. La modification passe par la note partagée, exactement comme une frappe : un membre qui a la note ouverte la voit arriver en direct, et rien de ce qu'il écrit n'est écrasé.


Ranger sans y penser : « À ranger » et la page Dossiers

Tout le monde a un dossier « Téléchargements » qui déborde. La 3.6.0 s'y attaque avec deux pages.

« À ranger »

La page reprend votre boîte de réception et tout dossier nommé « À trier », « Inbox » ou « Téléchargements ». Pour chaque fichier, elle propose un dossier et dit pourquoi : « la suite de facture-0412.pdf », « comme les relevés d'août et de juillet », une photo prise pendant les jours d'un voyage.

Ce qui nous tenait à cœur, c'est qu'elle ne se trompe pas en silence :

  • Seules les places vraiment sûres sont cochées d'avance. Filarr mesure sa propre justesse sur les fichiers que vous avez déjà rangés vous-même. Quand deux dossiers se disputent un fichier, c'est à vous de choisir.
  • Rien ne bouge sans votre accord, et chaque geste s'annule.
  • Elle signale aussi les doublons identiques à l'octet près, les dossiers vides, ceux qui dorment depuis plus de six mois, et les « Nouveau dossier (2) » à renommer.

Tout est calculé sur votre appareil. Le serveur ne reçoit ni le contenu de vos fichiers ni leurs noms en clair ; il serait bien incapable de vous proposer quoi que ce soit, et c'est voulu.

La page « Dossiers »

Un nouvel onglet, juste sous l'Accueil, montre tous vos dossiers en trois vues :

  • Arborescence : chaque dossier avec sa taille (sous-dossiers compris), sa dernière activité, son état de synchronisation, et des filtres d'un clic ;
  • Colonnes : on descend de dossier en dossier jusqu'à l'aperçu du fichier, au clavier comme à la souris ;
  • Espace : une carte où chaque bloc a la taille de ce qu'il occupe. C'est la façon la plus rapide de voir où part votre stockage.

« Importer un dossier… » y fait entrer une arborescence entière depuis votre ordinateur, chiffrée comme tout import. Les fichiers système (.DS_Store, Thumbs.db, un dossier .git) restent dehors.


Ce qui ne se voit pas, et qui compte le plus

Une bonne partie de la 3.6.0 corrige des défauts qui pouvaient perdre du travail. Nous préférons les nommer.

  • Une note de coffre partagé n'écrase plus ce qu'un autre a enregistré. Si quelqu'un avait enregistré la note par un autre chemin (un appareil hors ligne, une version plus ancienne de Filarr), la personne suivante voyait l'ancien texte, et sa première frappe l'enregistrait par-dessus. Désormais un bandeau le dit dès l'ouverture, et un enregistrement fait malgré tout ouvre l'écran d'arbitrage.
  • Ouvrir une note ne la modifie plus. Une note qui finissait par une liste ou un tableau recevait un paragraphe vide à l'ouverture, changeait de date et repartait à la synchronisation. Dans un coffre partagé, chez tous les membres.
  • « Mot de passe oublié » rouvre vraiment vos fichiers. Deux parcours laissaient un compte avec une phrase de récupération de 24 mots qui ne rouvrait rien. L'assistant applique maintenant la phrase qu'il vous montre.
  • Un nouveau profil local naît chiffré. Il demande un mot de passe et vous donne sa phrase de récupération de 12 mots, comme au premier lancement. Avant, il restait non chiffré tant qu'on n'y pensait pas.
  • Désinstaller sous Windows garde vos profils. La désinstallation effaçait le dossier de données, sans prévenir.
  • Trois pertes de contenu dans l'éditeur sont corrigées, dont un Ctrl+Z qui pouvait remplacer le corps d'une note par celui d'une autre.

Côté confort : « Retour » ramène là d'où l'on vient (chaque onglet a son historique), et ouvrir une note ne fait plus attendre. Avec 2 000 notes, chaque ouverture figeait l'écran une seconde ; elle prend désormais quelques centièmes de seconde.

Enfin, un point de transparence : les rapports d'erreur partaient sans réglage pour les couper. Ils se coupent maintenant dans Réglages › Système, et chaque profil a son propre code anonyme. Ce qui part de l'application, et comment le couper, est décrit dans la page confidentialité de l'aide.

La 3.6.1, un correctif d'urgence

La page « À ranger » lisait le nom de chaque dossier pour reconnaître les boîtes de réception. Un dossier arrivé d'un autre appareil, dont le nom n'était pas encore lisible, faisait alors planter toute la fenêtre. La 3.6.1, publiée le 30 septembre, l'affiche sans nom en attendant. Si vous êtes resté en 3.6.0, c'est la version à prendre.


Ce qui arrive : déjà sur le web, bientôt au bureau

L'application web reçoit les nouveautés avant le bureau. Tout ce qui suit y est déjà en ligne et arrivera dans la prochaine version de l'application de bureau.

Une passerelle pour la comptabilité

C'est la demande qui revient le plus chez les indépendants : envoyer ses factures au comptable et recevoir des pièces sans échanger de pièces jointes en clair.

  • Une boîte de dépôt permanente. Un lien qui n'expire pas, où votre comptable, vos clients ou vos fournisseurs déposent des fichiers chiffrés pour vous seul. Filarr les déchiffre sur votre appareil et les range dans le dossier choisi.
  • Envoyer ses factures par une règle. Une automatisation peut envoyer les fichiers d'un dossier à l'adresse de collecte de votre logiciel comptable (Pennylane, Dext, Qonto, Xero…), et le bureau saura les déposer directement chez Qonto.
  • Un trousseau chiffré pour les clés d'API de ces services, synchronisé entre vos appareils.

Une précision honnête : l'e-mail est la seule exception au chiffrement de bout en bout. Une pièce jointe envoyée par e-mail traverse notre serveur le temps de l'envoi, sans y être gardée, et l'écran le dit au moment de créer la règle. Un fichier déposé par le lien de la boîte, lui, est chiffré dans le navigateur de la personne qui le dépose, et seule votre clé peut l'ouvrir.

Des bases de données beaucoup plus capables

  • Importer un tableau depuis un classeur Excel ou LibreOffice, un PDF, un document Word, ou une image par reconnaissance de caractères. Un relevé bancaire en PDF se lit d'après la position du texte. Tout se passe sur l'appareil.
  • Un moteur conçu pour Filarr range les grandes bases en colonnes. Sur 100 000 lignes, un tri sur trois colonnes passe de 354 à 12 millisecondes. Le résultat est identique à l'ancien, à la ligne près : le moteur a été confronté à l'ancien sur des milliers de bases tirées au hasard.
  • Le schéma de vos bases, à la manière de Merise : le MCD, le MLD, et le script SQL pour SQLite, PostgreSQL ou MySQL.
  • Un modèle « Retours & bugs », et une colonne Date qui se remplit toute seule quand une ligne passe à « Résolu ».

Des garde-fous de plus dans les coffres partagés

Vider entièrement une note de coffre demande désormais une confirmation, et une note trop lourde pour l'édition en direct (une base de plus d'un millier de lignes, par exemple) ne perd plus de modifications : elle quitte l'édition à plusieurs et le dit.

Plus loin

Une chose est prête dans les applications mais pas encore active : la connexion par clé dérivée. Le web et Android savent déjà n'envoyer à la connexion qu'une clé tirée de votre mot de passe, au lieu du mot de passe lui-même ; le bureau le saura à sa prochaine version. La bascule côté serveur viendra ensuite, et chaque compte migrera à sa connexion suivante. Nous ne l'annoncerons comme faite qu'une fois faite.

Et surtout : Filarr est sorti sur Android. Comment ça marche, ce que l'application fait et ce qu'elle ne fait pas encore : tout est dans l'article dédié.

La feuille de route complète est sur la page roadmap. Une fonctionnalité vous manque ? Dites-le nous.

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