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Notion est-il chiffré ? Ce que les utilisateurs soucieux de leur vie privée doivent vraiment savoir

Notion chiffre au repos (AES-256) et en transit (TLS), mais pas de bout en bout : il détient les cles. Ce que ca implique vraiment, et l'alternative chiffree.

MB

Mathis Belouar-Pruvot

Réponse rapide. Oui, Notion chiffre tes données, mais pas de la manière que tu imagines. Notion chiffre les données au repos en AES-256 et en transit via TLS 1.2 ou supérieur. Ce que Notion ne fait PAS, c'est du chiffrement de bout en bout : l'entreprise détient les clés qui déchiffrent tes pages, et elle l'assume ouvertement. Concrètement, un employé autorisé, un serveur compromis ou une réquisition judiciaire peuvent aboutir à la lecture de ton contenu en clair. Si ton modèle de menace inclut "le fournisseur lui-même ne doit jamais pouvoir lire mes notes", Notion ne coche pas cette case, et aucune option payante ne la coche non plus. Filarr prend le problème par l'autre bout : chaque fichier est chiffré en AES-256-GCM sur ton disque avec une clé qui lui est propre, et le cloud ne voit que des blobs opaques.

La question que tout le monde pose mal

Quand quelqu'un demande "Notion est-il chiffré ?", il pose en réalité trois questions différentes empilées dans une seule. La première est technique : est-ce que les octets sont brouillés quelque part sur le chemin ? La réponse est oui, sans ambiguïté. La deuxième est pratique : mes notes sont-elles protégées si un pirate met la main sur un disque du datacenter ? Là encore, largement oui. Mais la troisième question, celle qui compte vraiment pour quelqu'un de soucieux de sa vie privée, est celle-ci : est-ce que Notion, l'entreprise, peut lire mes pages si elle le veut, si elle est piratée, ou si un juge le lui ordonne ? Et cette réponse est un oui tout aussi net, que presque personne ne formule clairement au moment de choisir son outil.

Je le vois tout le temps. Des gens qui rangent dans Notion leur journal intime, leurs finances, leurs identifiants, les comptes rendus médicaux d'un proche, les notes d'un avocat sur une affaire en cours, le carnet de bord d'un journaliste, et qui supposent que "chiffré en AES-256" veut dire "personne ne peut lire ça sauf moi". C'est une confusion parfaitement compréhensible, parce que le marketing sécurité de la plupart des SaaS est construit pour l'entretenir. "AES-256", "chiffrement de niveau bancaire", "SOC 2", ces expressions sonnent comme des cadenas. Elles décrivent en réalité qui protège la porte, pas qui possède la clé. Et dans le cas de Notion, la clé est dans la poche de Notion.

Cet article n'est pas un procès. Notion est un produit remarquable, et son choix d'architecture est un choix défendable, assumé publiquement, qui rend possibles des fonctions que les gens adorent. Le but ici est de te donner la vérité complète, sans jargon décoratif, pour que tu décides en connaissance de cause. On va regarder ce que Notion chiffre exactement et ce qu'il ne chiffre pas, pourquoi cette décision a été prise, ce qu'elle protège réellement et contre quoi elle ne protège pas, puis on comparera cette philosophie avec celle d'un outil qui fait le pari inverse : Filarr, un workspace local-first où le chiffrement se produit sur ta machine et où le cloud n'a jamais accès à quoi que ce soit de lisible.

Je construis Filarr, donc oui, j'ai un parti pris. Mais je vais tenir une règle simple tout du long : ne rien affirmer sur Notion que sa propre documentation ne confirme, et reconnaître honnêtement tout ce que Notion fait mieux. Parce qu'il y a beaucoup de choses que Notion fait mieux, et te vendre le contraire serait te mentir sur le seul sujet où tu ne peux pas te permettre qu'on te mente.

D'où viennent ces deux visions du monde

Notion a été fondé en 2013 par Ivan Zhao et Simon Last, a failli mourir une première fois, puis a été réécrit et relancé autour de 2016 pour devenir le rouleau compresseur qu'on connaît. L'idée fondatrice était magnifique et cloud-native jusqu'à l'os : des "blocs" (block) composables, une base de données vivante, une collaboration en temps réel où plusieurs personnes tapent dans la même page comme dans un Google Docs surpuissant. Toute cette magie repose sur une prémisse : le serveur comprend ta donnée. Le serveur sait qu'un bloc est une case à cocher, qu'une autre page est une base de données filtrée, qu'une cellule référence une autre table. Le serveur indexe, cherche, calcule, partage, et depuis 2023 fait tourner de l'IA par-dessus. Notion a levé des centaines de millions de dollars, atteint une valorisation autour de dix milliards, et compte des dizaines de millions d'utilisateurs. C'est une réussite produit incontestable, bâtie sur une architecture où le chiffrement de bout en bout n'a jamais été à la table de conception, parce qu'il aurait tué la fonctionnalité qui fait vendre.

Filarr vient de l'autre côté de la rivière. Le point de départ n'était pas "comment rendre la collaboration temps réel magique", mais "pourquoi est-ce que mes fichiers et mes notes vivent chez quelqu'un d'autre, en clair, alors qu'ils sont à moi ?". C'est une question que j'ai fini par me poser sérieusement, et j'en ai fait tout un récit de pourquoi j'ai construit Filarr. Filarr est arrivé bien plus tard, en 2026, dans un paysage où le local-first et le chiffrement client sont redevenus des sujets brûlants après une décennie de tout-cloud. La prémisse est inversée : le serveur ne doit rien comprendre. Il stocke des blobs chiffrés opaques, point. Toute l'intelligence (les notes, les fichiers, le graph qui les relie, la recherche, le canvas) vit sur ta machine, chiffrée sur ton disque en AES-256-GCM. Le cloud est une commodité optionnelle pour synchroniser, pas le cerveau du produit. Deux histoires, deux dates, deux échelles, et surtout deux réponses opposées à la même question : à qui appartient la clé ?

Cette différence d'origine explique presque tout le reste. Notion ne pouvait pas devenir chiffré de bout en bout sans se renier, et Filarr ne pouvait pas devenir un moteur de collaboration temps réel côté serveur sans trahir sa promesse. Ce ne sont pas deux versions du même produit avec des curseurs réglés différemment. Ce sont deux philosophies qui divergent à la racine, et comprendre laquelle sert TON usage est bien plus utile que de compter les fonctionnalités.

La fracture de fond : qui détient la clé

Voici la ligne de faille, et tout le reste en découle. Dans un système chiffré côté serveur comme Notion, tes données sont déchiffrables par le fournisseur parce que le fournisseur possède, ou peut accéder à, la clé de déchiffrement. C'est ce qui permet à Notion de faire une recherche plein texte instantanée sur toutes tes pages, de partager une page avec un collègue en un clic, de faire tourner l'IA "Ask Notion" sur ton contenu, de restaurer une page supprimée, de faire de l'aperçu de lien. Toutes ces commodités exigent que le serveur lise ta donnée en clair à un moment ou à un autre. Notion l'écrit noir sur blanc dans sa documentation : le chiffrement de bout en bout casserait la recherche plein texte, le partage et l'IA, et c'est pour cette raison assumée qu'il n'est pas proposé.

Dans un système où la clé t'appartient, comme Filarr, le déroulé est renversé. La clé maîtresse est dérivée de ton mot de passe, sur ta machine, et ne quitte jamais ton appareil. Le serveur, quand tu actives la sync optionnelle, ne reçoit que des blocs déjà chiffrés qu'il est incapable de rouvrir. Si tu demandes à ce serveur "que contient ce fichier ?", il ne peut littéralement pas répondre, parce qu'il ne possède pas la clé et n'a aucun moyen de la reconstruire. Cette distinction entre chiffrement en transit, chiffrement au repos, et chiffrement de bout en bout est si souvent confondue que j'y ai consacré un article entier sur la différence exacte entre end-to-end et zero-knowledge, parce que les deux termes sont galvaudés au point de ne plus rien vouloir dire dans les fiches produit.

Déroulons un scénario concret pour rendre ça palpable. Imagine que tu tiens dans ton workspace le suivi d'une négociation professionnelle sensible : offres, chiffres, stratégie, notes sur les personnes en face. Avec Notion, ces pages existent en clair dans les bases de données de l'entreprise à chaque instant où elles ne sont pas simplement au repos. Un ingénieur Notion disposant des accès de production pourrait techniquement les lire. Un attaquant qui pénètre l'infrastructure et vole des identifiants d'administration accède au même contenu en clair. Un procureur qui envoie une injonction reçoit tes pages déchiffrées, parce que Notion a la capacité technique et l'obligation légale de les fournir. Avec Filarr, le même dossier vit chiffré sur ton disque, et s'il transite par la sync, le serveur ne détient que des blobs illisibles. L'ingénieur ne voit rien d'exploitable, l'attaquant repart avec du bruit chiffré, et la réquisition légale adressée au fournisseur ne peut produire que ce que le fournisseur possède : rien de lisible. La donnée reste chez toi, la clé aussi.

À quoi chacun sert vraiment

Il serait malhonnête de réduire Notion à "un truc pas chiffré de bout en bout", parce que ce n'est pas pour ça que les gens l'utilisent, et ce n'est pas non plus ce pour quoi il a été conçu. Notion est, avant tout, un outil de collaboration et de structuration de l'information en équipe. Sa vraie force, c'est la base de données relationnelle déguisée en page élégante : des tables liées entre elles, des vues (kanban, calendrier, galerie, timeline) sur la même donnée, des templates, des permissions granulaires, et un espace partagé où toute une entreprise peut construire son wiki, sa documentation, son CRM léger, son suivi de projets. Quand une équipe de trente personnes doit voir le même tableau de bord mis à jour en direct, Notion est difficile à battre. Le produit est né pour ça, il excelle à ça, et l'architecture cloud-first n'est pas un bug de ce point de vue, c'est le fondement même de ce qui le rend bon.

Filarr sert un besoin différent, et il faut être précis pour ne pas comparer des pommes et des poires. Filarr est un workspace personnel local-first où tes notes, tes fichiers et le graph qui les relie vivent chiffrés sur ta machine. Le cas d'usage central, ce n'est pas la collaboration temps réel d'une équipe de trente personnes, c'est l'individu, ou le petit cercle, qui veut réunir au même endroit ses documents (plus de 51 formats de fichiers supportés) et ses notes, les relier, les retrouver hors connexion, et avoir la garantie que personne d'autre que lui ne peut les lire. Là où Notion pense en "espace de travail partagé indexé par le serveur", Filarr pense en "coffre-fort personnel chiffré que tu peux synchroniser si tu veux". Ce sont deux centres de gravité différents.

Cela veut dire, très concrètement, que pour certains usages Notion est simplement le meilleur choix et je ne vais pas prétendre le contraire. Si ton besoin premier est une base de connaissances d'équipe éditée par beaucoup de mains en simultané, avec des relations complexes entre bases de données et des automatisations, reste sur Notion, ou regarde des alternatives orientées équipe. Si ton besoin premier est de garder TES notes et TES fichiers organisés, reliés, cherchables et surtout privés, avec le cloud en option et non en obligation, alors la conversation devient intéressante, et c'est exactement le terrain sur lequel Filarr a été construit. Le reste de cet article se place sur ce terrain, celui de l'utilisateur qui met la confidentialité et la possession réelle de ses données en haut de sa liste.

Le chiffrement en profondeur, et ce qu'il protège vraiment

Entrons dans le moteur, parce que c'est là que les slogans se dissolvent. Notion chiffre au repos en AES-256, un standard solide et irréprochable en lui-même, et chiffre en transit avec TLS 1.2 ou supérieur, tout aussi correct. Le point crucial n'est pas l'algorithme, qui est excellent des deux côtés, mais la gestion des clés. Chez Notion, la clé de déchiffrement est gérée côté serveur : c'est cette architecture, et non la force de l'AES, qui détermine qui peut lire ta donnée. Un bon algorithme avec une clé détenue par le fournisseur protège contre les tiers, mais pas contre le fournisseur. Si tu veux comprendre en détail pourquoi le mode de chiffrement compte autant que la taille de clé, j'ai écrit une explication complète de ce qu'est réellement l'AES-256-GCM et de ce qu'un GCM authentifié apporte qu'un simple "AES-256" ne garantit pas.

Chez Filarr, l'architecture de clés est à deux niveaux, et cette hiérarchie change tout. Chaque fichier possède sa propre clé de chiffrement, la FEK (File Encryption Key), et cette FEK est elle-même enveloppée (wrappée) par une clé maîtresse, la KEK (Key Encryption Key), dérivée de ton mot de passe. La KEK ne quitte jamais ta machine. La dérivation utilise PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, ce qui suit la recommandation OWASP 2024, avec Argon2id disponible en option pour ceux qui veulent une résistance encore plus forte au cassage matériel. Le chiffrement de contenu se fait en AES-256-GCM, mode authentifié qui détecte toute altération du texte chiffré. Cette séparation FEK/KEK n'est pas une coquetterie d'ingénieur, elle a des conséquences pratiques que j'ai détaillées dans l'article sur pourquoi le chiffrement par fichier avec KEK et FEK compte : compromettre un fichier ne compromet pas les autres, et changer de mot de passe ne réclame pas de tout rechiffrer, il suffit de réenvelopper les FEK.

Maintenant, mettons les deux face à quatre modèles de menace réels, parce que "est-ce chiffré" ne veut rien dire sans préciser "contre qui". Premier scénario, le serveur malveillant ou l'employé indélicat. Chez Notion, un accès de production suffit potentiellement à lire ta donnée en clair, puisque la clé est côté serveur. Chez Filarr, le serveur ne détient que des blobs opaques et aucune clé, donc un employé côté sync ne voit rien d'exploitable. Deuxième scénario, le laptop volé. Ici les deux protègent, mais différemment : Notion protège si ta session n'est pas ouverte et que le voleur n'a pas ton mot de passe de compte, tandis que Filarr protège parce que les fichiers eux-mêmes sont chiffrés au repos sur le disque, indépendamment de l'état de session. Troisième scénario, le mot de passe faible : c'est le talon d'Achille commun. Si ton mot de passe Filarr est "azerty123", les 600 000 itérations ralentissent l'attaquant mais ne le sauvent pas indéfiniment, et côté Notion un mot de passe faible plus l'absence de bout en bout est un cumul de risques. Quatrième scénario, la réquisition légale : Notion peut être contraint de fournir tes pages déchiffrées et le fera, conformément à sa politique de conformité aux injonctions et mandats, alors que Filarr ne peut remettre, dans le cadre de la sync, que du chiffré illisible dont la clé n'a jamais quitté ton appareil. Le chiffrement ne rend jamais rien "inviolable", et je me méfie de quiconque emploie ce mot, mais il déplace radicalement qui peut lire quoi, et dans quelles conditions.

Sync et multi-appareils : ce qui se passe vraiment sous le capot

La synchronisation est l'endroit où l'idéologie rencontre la réalité, parce que dès qu'une donnée doit exister sur deux appareils, quelqu'un doit la transporter. Chez Notion, il n'y a pas vraiment de "sync" au sens local-first : ta donnée vit sur le serveur, et tes appareils sont des fenêtres sur cette donnée centrale. C'est ce qui rend la collaboration temps réel fluide et le multi-appareils trivial : tout le monde regarde la même source de vérité en ligne. Le revers, c'est que hors connexion, Notion est historiquement limité, et que si les serveurs de Notion tombent, ton accès tombe avec eux, parce que le cerveau du produit est distant. Ta donnée n'est pas vraiment chez toi, elle est visitée par toi.

Chez Filarr, la source de vérité est locale, et la sync est une couche optionnelle par-dessus. Quand tu l'actives, le contenu est chiffré sur ta machine avant de partir, puis stocké sous forme de blobs chiffrés opaques sur Cloudflare R2. Le serveur ne voit jamais ni le contenu ni les clés : il stocke et ressert du chiffré. Le manifeste qui décrit ton arborescence est lui-même chiffré, et le transfert de clé entre appareils passe par un échange conçu pour que le serveur reste aveugle. J'ai décortiqué toute cette mécanique, FEK, blobs, manifeste chiffré, transfert de clé, dans l'article sur le fonctionnement de la sync zero-knowledge de Filarr, pour ceux qui veulent voir exactement ce qui transite. Pour qui ne veut faire confiance à aucun fournisseur, même pas au mien, Filarr propose le BYOS (Bring Your Own Storage) : tu branches ton propre bucket compatible S3, et le stockage devient littéralement le tien.

Les conséquences en cas de panne ou de résiliation sont le vrai révélateur de la différence. Si demain je disparais, si le serveur de sync de Filarr s'éteint, ou si tu arrêtes de payer les 4 euros mensuels de la sync, tes données ne s'évaporent pas : elles sont toujours là, chiffrées, sur ton disque, pleinement utilisables hors connexion, parce que le local était la source de vérité depuis le début. Tu perds la commodité de la synchronisation, pas l'accès à ta vie numérique. Avec un produit purement cloud, la résiliation ou la panne prolongée est une tout autre affaire, puisque la donnée vivait là-bas. C'est toute la différence entre louer un appartement meublé et posséder ses meubles : quand le bail se termine, dans un cas tu pars les mains vides, dans l'autre tu déménages ce qui t'appartient. Ce contraste entre logiciel qui te visite et logiciel que tu possèdes est exactement ce que recouvre la notion de logiciel local-first et ses sept propriétés.

Récupération et perte d'accès : le prix de la vraie confidentialité

Il faut être franc sur un point, parce que c'est le vrai coût du chiffrement où tu détiens la clé : plus personne ne peut te sauver si tu perds tout. C'est le pendant inévitable de la confidentialité réelle, et quiconque te vend du chiffrement de bout en bout sans t'expliquer ça te cache la facture. Regardons les deux scénarios en face.

Chez Notion, oublier son mot de passe est un désagrément mineur : tu cliques sur "mot de passe oublié", tu reçois un lien par e-mail, tu réinitialises, et tes données t'attendent intactes. C'est possible précisément parce que Notion détient les clés : puisque le serveur peut déchiffrer ta donnée, il peut te la rendre après une simple réinitialisation d'authentification. C'est confortable, et pour beaucoup de gens ce confort vaut le compromis de sécurité. La mort d'un compte, la succession numérique, la récupération d'urgence, tout cela est plus simple dans un monde où le fournisseur peut rouvrir la porte, parce qu'il a toujours eu le double de la clé.

Chez Filarr, ce filet de sécurité n'existe pas, et c'est volontaire, parce qu'un filet tendu par le fournisseur est aussi une porte que le fournisseur peut ouvrir. Ton mot de passe dérive la KEK, et sans la KEK, les FEK restent enveloppées, et sans les FEK, tes fichiers restent du bruit chiffré. Il n'y a pas de bouton magique côté serveur, parce que le serveur n'a jamais eu la clé. Pour éviter que ça se termine en catastrophe, Filarr te remet à la création une phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39, exactement le mécanisme des portefeuilles de cryptomonnaie. Ces 24 mots sont ta bouée : tu les notes sur papier, tu les ranges en lieu sûr (idéalement hors ligne, pas dans un fichier texte sur le même ordinateur), et ils te permettent de retrouver l'accès si tu oublies ton mot de passe. Mais si tu perds à la fois ton mot de passe ET ta phrase de récupération, personne, moi compris, ne peut ressusciter tes données. C'est le prix, honnête et non négociable, de la garantie que personne d'autre que toi ne peut lire tes fichiers. Je préfère te le dire crûment plutôt que de te vendre une sécurité imaginaire. Pour bien gérer cette phrase et choisir un mot de passe qui tienne, j'ai rassemblé les bonnes pratiques dans un guide pratique pour chiffrer ses notes pour de bon.

Le tableau, et ce qu'il ne dit pas

Un tableau comparatif est utile pour fixer les faits, à condition de se rappeler qu'il aplatit des nuances qu'aucune ligne ne peut contenir. Le voici, suivi de l'analyse qui compte vraiment.

CritèreNotionFilarr
Chiffrement au reposAES-256 (clés côté serveur)AES-256-GCM par fichier, clé propre
Chiffrement en transitTLS 1.2 ou supérieurTLS, plus contenu déjà chiffré
Chiffrement de bout en boutNon (assumé)Oui, la clé ne quitte pas l'appareil
Qui détient la cléNotionToi
Le fournisseur peut-il lire ?OuiNon (blobs opaques)
Fonctionne hors connexionLimitéOui, 100%
ModèleCloud-firstLocal-first, sync optionnelle
Récupération mot de passeE-mail, simplePhrase 24 mots BIP-39, aucun filet fournisseur
Collaboration temps réel équipeExcellenteNon, orienté personnel
Fichiers supportésPièces jointesPlus de 51 formats natifs
Stockage auto-hébergéNonOui (BYOS, bucket S3)
Licence clientPropriétaireOpen source BSL 1.1
Prix d'entréeGratuit puis 10 dollars/utilisateur/moisGratuit à vie en local, sync dès 4 euros/mois

Ce que ce tableau ne dit pas, c'est que ces lignes ne pèsent pas le même poids selon qui tu es. La ligne "collaboration temps réel équipe" est décisive pour une entreprise et parfaitement indifférente pour quelqu'un qui tient son journal personnel. La ligne "le fournisseur peut-il lire" est un détail abstrait pour beaucoup de gens et un critère éliminatoire absolu pour un journaliste, un avocat, un soignant ou un dissident. Un tableau te donne l'illusion d'une réponse objective, alors que le bon outil dépend entièrement de la hiérarchie de TES priorités. Lis-le donc comme une carte, pas comme un verdict, et pondère chaque ligne par ce que tu mets, toi, en haut de ta liste.

Là où Notion gagne vraiment, sans discussion

Soyons adultes : Notion est meilleur que Filarr sur plusieurs terrains, et certains de ces terrains sont importants. Le premier, et le plus évident, c'est la collaboration. Notion a été conçu pour que plusieurs personnes construisent ensemble, en temps réel, dans le même espace, avec des permissions fines, des commentaires, des mentions, un historique de versions côté serveur. Filarr n'essaie même pas de jouer ce match, parce que son architecture chiffrée local-first rend la collaboration temps réel côté serveur intrinsèquement difficile. Si ton travail est collectif par nature, Notion a des années d'avance et une architecture faite pour ça.

Le deuxième terrain, c'est la puissance des bases de données relationnelles. Les tables liées de Notion, les vues multiples sur une même donnée, les propriétés calculées, les rollups, les filtres partagés, tout cet appareillage fait de Notion un quasi-outil de type "no-code" où l'on construit des systèmes entiers sans écrire de code. Filarr organise tes notes et tes fichiers avec des dossiers, des tags et un graph, ce qui est puissant à sa manière, mais ce n'est pas le même animal qu'un moteur de bases de données relationnelles. Pour qui adore modéliser son travail en bases interconnectées, Notion offre une richesse que Filarr ne prétend pas égaler.

Le troisième terrain, c'est la maturité et l'écosystème. Notion existe depuis bien plus longtemps, tourne sur toutes les plateformes y compris un mobile abouti, dispose d'une bibliothèque immense de templates, d'une API stable, d'intégrations tierces à foison, et d'une communauté gigantesque. Filarr est jeune, né en 2026, avec un mobile encore en cours de route et un écosystème naissant. Le quatrième terrain, plus subtil, c'est justement la facilité de récupération : le fait que Notion puisse te rendre tes données après un simple oubli de mot de passe est un vrai confort que beaucoup de gens préfèrent, et c'est un choix légitime. Enfin, l'IA intégrée de Notion, capable de raisonner sur l'ensemble de ton contenu, n'est possible que parce que le serveur lit ta donnée en clair : c'est le même compromis vu sous un angle positif, et pour certains usages cette IA contextuelle a une valeur réelle. Ne choisis pas Filarr si ce sont ces forces-là qui comptent le plus pour toi.

Là où Filarr gagne vraiment

Maintenant l'autre plateau de la balance, et il est lourd sur les critères de vie privée. La première victoire, la plus fondamentale, c'est que le fournisseur ne peut pas lire tes données. Ce n'est pas une promesse de bonne conduite, c'est une propriété mathématique de l'architecture : les clés vivent sur ton appareil, le serveur ne détient que des blobs opaques, et donc même un Filarr piraté, même un Filarr sous injonction, ne peut produire que du chiffré illisible côté sync. Chez Notion, la confidentialité repose sur la confiance et les politiques internes ; chez Filarr, elle repose sur le fait que la capacité technique de lire n'existe tout simplement pas. C'est la différence entre "on promet de ne pas regarder" et "on ne peut pas regarder".

La deuxième victoire, c'est la possession réelle et le fonctionnement hors ligne à 100%. Tes fichiers sont sur ton disque, chiffrés, utilisables sans connexion, indépendants de la survie de mon entreprise. Coupe internet, arrête de payer la sync, imagine ma faillite : tes données restent là, à toi, exploitables. C'est une forme de résilience que le tout-cloud ne peut structurellement pas offrir, et elle vaut de l'or le jour où le service que tu utilisais depuis dix ans ferme ou change ses conditions. La troisième victoire, c'est l'unification notes plus fichiers plus graph dans un seul espace chiffré, avec plus de 51 formats de fichiers gérés nativement. Notion gère des pièces jointes, mais il n'est pas pensé comme un gestionnaire de fichiers ; Filarr réunit tes documents et tes notes au même endroit, reliés, cherchables, ce que j'ai développé dans l'idée de ranger toute sa vie numérique dans un seul espace privé.

La quatrième victoire, c'est l'ouverture et la souveraineté. Le client desktop de Filarr est open source sous licence BSL 1.1, ce qui veut dire que le code qui chiffre tes données est auditable par n'importe qui, alors que le chiffrement de Notion est une boîte noire que tu dois croire sur parole. Et avec le BYOS, tu peux pousser la souveraineté jusqu'à héberger toi-même le stockage sur ton propre bucket S3, sans jamais dépendre de mon infrastructure. La cinquième victoire, enfin, c'est le prix et la structure : gratuit pour toujours en local, sans compte obligatoire, la sync ne coûtant que 4 euros par mois quand tu la veux, contre un modèle par utilisateur qui grimpe vite chez Notion. Sur l'axe qui compte pour un utilisateur soucieux de sa vie privée, Filarr ne gagne pas d'un cheveu, il joue un autre sport.

Migrer de Notion vers un workspace chiffré

Parlons de la vraie friction, parce que "il suffit d'exporter" est un mensonge par omission. Notion permet d'exporter ton contenu en Markdown, en CSV pour les bases de données, en HTML, ou en PDF, page par page ou par espace entier. C'est un vrai point positif : Notion ne te retient pas en otage sur ce plan, et l'export existe. Mais l'export a des coutures. Les bases de données relationnelles complexes s'aplatissent en fichiers CSV qui perdent leurs relations, les vues multiples disparaissent, certaines propriétés calculées ne survivent pas, et la structure imbriquée de tes pages peut ressortir en arborescence de dossiers un peu déroutante. Ce que tu récupères proprement, ce sont tes contenus texte et tes fichiers ; ce que tu perds, c'est une partie de la logique de base de données qui faisait la magie côté serveur.

Concrètement, le chemin ressemble à ceci. Tu exportes ton espace Notion en Markdown et fichiers, tu récupères une arborescence de dossiers avec tes pages en .md et tes pièces jointes, puis tu importes tout ça dans Filarr, où chaque fichier est chiffré en AES-256-GCM dès son entrée dans le workspace, sans étape de chiffrement séparée à cocher. Tes notes deviennent des notes chiffrées, tes fichiers deviennent des fichiers chiffrés, et le graph commence à relier tout ça sur ta machine. J'ai écrit un guide pas à pas pour migrer de Notion vers une app chiffrée local-first qui détaille les pièges et comment limiter la casse sur les bases de données.

Le conseil honnête, c'est de ne pas tout migrer aveuglément d'un bloc. Si tu utilises Notion à la fois comme wiki d'équipe collaboratif et comme coffre personnel de notes sensibles, la bonne stratégie est souvent hybride : garde sur Notion ce qui est vraiment collaboratif et non sensible, et fais descendre dans Filarr ce qui est personnel, confidentiel, ou simplement à toi. Ce que tu gagnes en migrant vers Filarr, c'est la confidentialité réelle, la possession, le hors-ligne et le prix ; ce que tu perds, c'est la collaboration temps réel et la sophistication des bases de données relationnelles. Regarde honnêtement ce que tu utilises vraiment dans Notion avant de décider, parce que pour beaucoup de gens, 90% de leur usage réel est du texte et des fichiers personnels qui n'avaient jamais rien à faire en clair sur un serveur.

Le prix décortiqué, avec de vrais scénarios

Les grilles tarifaires sont faites pour être opaques, alors mettons des chiffres concrets sur des situations réelles. Rappel des tarifs 2026 : Notion propose un plan gratuit, un plan Plus autour de 10 dollars par utilisateur et par mois en facturation annuelle (environ 12 dollars en mensuel), un plan Business autour de 20 dollars par utilisateur et par mois, et un plan Enterprise sur devis. À noter, en 2026, l'accès complet à l'IA de Notion est passé sur le plan Business à 20 dollars. Filarr, de son côté, est gratuit pour toujours en local, sans compte, la sync cloud démarrant à 4 euros par mois.

Premier scénario, l'individu privacy-conscious. Tu veux tes notes et tes fichiers chiffrés, sur toi, avec sync sur deux appareils. Chez Filarr, c'est 0 euro si tu restes en local, ou 4 euros par mois si tu veux la sync, soit 48 euros par an tout compris avec le chiffrement de bout en bout inclus. Chez Notion, le plan gratuit peut suffire pour l'usage solo, mais tu n'as aucun chiffrement de bout en bout à aucun prix, donc si la confidentialité réelle est ton critère, Notion ne vend tout simplement pas ce produit, quel que soit le montant. Le vrai coût ici n'est pas en euros, il est en garantie de confidentialité, et sur cet axe Notion facture zéro pour zéro protection contre lui-même.

Deuxième scénario, la petite équipe de cinq personnes qui veut de la collaboration. Chez Notion Business, cinq utilisateurs à 20 dollars font 100 dollars par mois, soit 1 200 dollars par an, pour une vraie collaboration temps réel et l'IA. Filarr n'est pas conçu pour ce cas d'usage collaboratif, donc ici la comparaison de prix n'a pas de sens : tu paies Notion pour quelque chose que Filarr ne prétend pas offrir. C'est un rappel utile que le moins cher ne gagne que si les deux vendent la même chose, ce qui n'est pas le cas.

Troisième scénario, le professionnel indépendant avec des données clients sensibles (avocat, thérapeute, consultant, journaliste). Tu veux la confidentialité, la possession, le hors-ligne, et éventuellement l'auto-hébergement. Chez Filarr, tu es à 4 euros par mois pour la sync, ou 0 si tu utilises le BYOS avec ton propre bucket (tu paies alors seulement ton stockage S3, souvent quelques centimes). Chez Notion, aucun plan, même Enterprise à 25 ou 30 dollars par utilisateur, ne te donne le chiffrement de bout en bout : tu paies plus cher pour une architecture qui laisse structurellement le fournisseur capable de lire tes dossiers clients. Pour ce profil, le calcul n'est pas seulement financier, il est déontologique et parfois légal, et Filarr coûte moins cher tout en cochant la case que Notion ne coche à aucun prix.

Open source et licence : ce que ça change pour toi

Le mot "open source" est agité comme un totem, alors soyons précis sur ce que ça t'apporte concrètement. Le client desktop de Filarr est publié sous Business Source License 1.1, une licence "source-available" qui laisse tout le monde lire, auditer, modifier et exécuter le code, avec une restriction commerciale qui empêche un tiers de revendre Filarr comme service concurrent pendant une période donnée, après quoi le code bascule vers une licence pleinement open source. J'ai expliqué en détail ce choix dans l'annonce du passage de Filarr en open source sous BSL 1.1. Pour toi, utilisateur, l'implication pratique est simple et forte : le code qui chiffre tes données peut être inspecté par n'importe quel expert en sécurité, ce qui veut dire que la promesse "le serveur ne peut pas lire" est vérifiable, pas seulement affirmée.

Chez Notion, le code est entièrement propriétaire et fermé. Cela n'a rien de scandaleux, c'est le modèle de l'immense majorité des SaaS, mais cela veut dire que toutes les affirmations de sécurité de Notion reposent sur la confiance et sur des audits externes (SOC 2, ISO 27001) que tu ne peux pas reproduire toi-même. Ces certifications sont sérieuses et rassurantes, mais elles attestent de processus, pas de l'impossibilité mathématique pour le fournisseur de lire ta donnée. Avec un chiffrement propriétaire, tu crois Notion sur parole ; avec un chiffrement open source, tu peux, ou quelqu'un en qui tu as confiance peut, vérifier.

Un point d'honnêteté pour ne pas tricher : il faut distinguer la licence du client Filarr et celle du site. Le client desktop est sous BSL 1.1, tandis que le site web de Filarr est publié sous AGPL-3.0, une licence différente et pleinement open source qui concerne le site, pas l'application. C'est un détail que certains comparatifs zappent, et je préfère le poser clairement, parce que si je te demande de me faire confiance sur la transparence, je dois commencer par être transparent sur les licences elles-mêmes. L'ouverture du code n'est pas une garantie absolue de sécurité, aucun logiciel n'est "inviolable", mais c'est la différence entre une boîte noire et une vitrine, et pour du chiffrement, la vitrine vaut mieux.

Quatre profils, quatre recommandations honnêtes

Au lieu d'un verdict unique, voici comment je choisirais selon qui tu es, parce que le bon outil n'existe pas dans l'absolu, il existe pour un usage.

Si tu es un knowledge worker en entreprise dont le quotidien est la collaboration, les bases de données partagées et les projets d'équipe, reste sur Notion, franchement. Tu perdrais bien plus que tu ne gagnerais en migrant, et tes données professionnelles collaboratives ne sont probablement pas le genre de secrets qui justifient un chiffrement de bout en bout au prix de la fluidité collective. Notion a été construit pour toi, utilise-le sans culpabilité, en gardant simplement en tête ce qui ne doit jamais y entrer.

Si tu es un individu soucieux de sa vie privée, un développeur, quelqu'un qui a lu jusqu'ici précisément parce que "le fournisseur peut lire mes notes" te dérange viscéralement, Filarr est fait pour toi. Tes notes personnelles, ton journal, tes documents financiers, tes mots de passe, tes projets à toi n'ont rien à faire en clair sur un serveur, et Filarr te donne le chiffrement réel, la possession, le hors-ligne et un prix dérisoire. C'est exactement le vide que je cherchais à combler.

Si tu es un professionnel avec un devoir de confidentialité (avocat, médecin, thérapeute, journaliste, chercheur manipulant des données sensibles), le choix dépasse le confort et devient une question de responsabilité. Un outil où le fournisseur peut techniquement lire, et où une réquisition peut extraire tes dossiers en clair, est un risque que ta déontologie ne devrait pas accepter par défaut. Filarr, avec son chiffrement où la clé ne quitte pas ton appareil et son option d'auto-hébergement BYOS, correspond bien mieux à ce niveau d'exigence. Si tu veux comparer d'autres options chiffrées de cette catégorie, j'ai passé en revue les alternatives à Notion vraiment chiffrées de bout en bout.

Si tu es un self-hoster ou un partisan de la souveraineté numérique qui fuit par principe le SaaS cloud, tu vas te sentir chez toi avec Filarr : code du client auditable, BYOS pour héberger ton propre stockage, aucun compte obligatoire, fonctionnement 100% offline. C'est à peu près l'opposé philosophique de Notion, et c'est assumé. Le seul bémol honnête, c'est la jeunesse de l'écosystème et le mobile encore en chantier, donc si ton workflow dépend d'un mobile ultra-abouti dès aujourd'hui, mets ça dans la balance.

Conclusion : la bonne question, et ma réponse

Revenons à la question de départ, mais reformulée correctement. "Notion est-il chiffré ?" Oui. "Notion me protège-t-il contre Notion ?" Non, et ce n'est pas un accident, c'est un choix d'architecture assumé qui rend possible tout ce que les gens aiment dans le produit. Si tu es arrivé jusqu'ici, tu comprends maintenant que ces deux réponses ne se contredisent pas : Notion chiffre sérieusement contre les tiers, tout en gardant la capacité de lire ta donnée pour faire fonctionner la recherche, le partage, l'IA et la récupération de compte. Pour énormément d'usages, ce compromis est parfaitement raisonnable, et te faire croire le contraire serait de la mauvaise foi.

Mais si tu fais partie de ceux pour qui "le fournisseur ne doit jamais pouvoir lire mes données" n'est pas une préférence mais une exigence, alors aucun plan Notion, à aucun prix, ne te vend ce produit, et il faut regarder ailleurs. C'est précisément pour combler ce vide que j'ai construit Filarr : un workspace où le chiffrement AES-256-GCM par fichier se produit sur ta machine, où la clé dérivée de ton mot de passe ne quitte jamais ton appareil, où le cloud ne voit que des blobs opaques quand tu daignes l'activer, et où tes données restent à toi même le jour où mon entreprise disparaît. Ce n'est pas un Notion en mieux, c'est un pari opposé sur qui doit détenir la clé.

Mon conseil final est simple. Fais l'inventaire honnête de ce que tu ranges dans ton outil de notes, et demande-toi, ligne par ligne, si tu serais à l'aise qu'un inconnu ayant les accès du fournisseur le lise. Ce qui passe ce test peut vivre dans Notion sans problème. Ce qui ne le passe pas mérite un chiffrement où tu détiens la clé. Beaucoup de gens découvrent, en faisant cet inventaire, que la majorité de leur contenu réel appartient à la seconde catégorie. Si c'est ton cas, tu sais maintenant pourquoi, et tu sais où aller.

FAQ

Notion est-il chiffré de bout en bout ? Non. Notion chiffre les données au repos en AES-256 et en transit via TLS 1.2 ou supérieur, mais il ne propose pas de chiffrement de bout en bout, à aucun niveau de prix. Notion détient les clés de déchiffrement, ce que l'entreprise assume dans sa documentation en expliquant que le bout en bout casserait la recherche plein texte, le partage et l'IA.

Est-ce que Notion peut lire mes notes ? Techniquement, oui. Puisque Notion détient les clés, l'entreprise a la capacité de déchiffrer et donc de lire ton contenu, que ce soit pour du support, en cas de serveur compromis, ou en réponse à une réquisition légale. Cela ne veut pas dire qu'elle le fait au quotidien, mais la capacité existe, contrairement à un système chiffré de bout en bout où cette capacité n'existe pas.

Notion transmet-il des données à la justice ? Oui, comme la plupart des SaaS. La politique de Notion prévoit la conformité aux lois, injonctions, mandats et demandes des autorités. Comme Notion détient les clés, ce qu'il peut être contraint de fournir est ta donnée déchiffrée, pas seulement du chiffré illisible.

En quoi Filarr est-il différent sur le chiffrement ? Filarr chiffre chaque fichier individuellement en AES-256-GCM avec une clé propre au fichier (FEK), elle-même enveloppée par une clé maîtresse (KEK) dérivée de ton mot de passe via PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, Argon2id en option. La clé maîtresse ne quitte jamais ton appareil, donc le serveur de sync, quand tu l'actives, ne voit que des blobs chiffrés opaques qu'il ne peut pas lire.

Que se passe-t-il si j'oublie mon mot de passe Filarr ? Tu utilises ta phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39, remise à la création du compte, pour retrouver l'accès. Si tu perds à la fois ton mot de passe et cette phrase, personne ne peut récupérer tes données, pas même moi, parce que le serveur n'a jamais détenu la clé. C'est le prix, assumé, de la confidentialité réelle.

Filarr fonctionne-t-il sans connexion internet ? Oui, 100%. Filarr est local-first : tes notes et tes fichiers vivent chiffrés sur ton disque et sont la source de vérité. La synchronisation cloud est optionnelle et payante à partir de 4 euros par mois. Sans elle, ou sans internet, tout continue de fonctionner, contrairement à Notion dont l'usage hors ligne est limité.

Filarr est-il open source, et Notion ? Le client desktop de Filarr est open source sous licence BSL 1.1, donc le code qui chiffre tes données est auditable (le site web, lui, est sous AGPL-3.0). Notion est entièrement propriétaire et fermé, ses garanties de sécurité reposant sur la confiance et sur des certifications externes comme SOC 2 et ISO 27001, que tu ne peux pas vérifier toi-même.

Devrais-je quitter Notion pour Filarr ? Cela dépend de ton usage. Si tu as besoin de collaboration temps réel en équipe et de bases de données relationnelles sophistiquées, Notion reste le meilleur choix. Si ta priorité est la confidentialité réelle, la possession de tes données, le fonctionnement hors ligne et un prix bas pour des notes et fichiers personnels, Filarr correspond mieux. Beaucoup de gens adoptent une approche hybride : Notion pour le collaboratif non sensible, Filarr pour tout ce qui est personnel et confidentiel.

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