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Alternatives chiffrées à Notion en 2026 : les vraies options privées, local-first et chiffrées de bout en bout

Notion garde vos clés. Comparatif honnête des alternatives chiffrées de bout en bout et local-first en 2026 : Standard Notes, Notesnook, Anytype, Proton, Filarr.

MB

Mathis Belouar-Pruvot

Réponse rapide. Notion chiffre vos données sur ses serveurs, mais garde les clés, ce qui veut dire qu'il peut techniquement lire vos notes (troubleshooting, réquisition légale, entraînement de modèles). Si vous voulez une alternative réellement privée en 2026, les meilleures options chiffrées de bout en bout sont Standard Notes (E2EE par défaut, XChaCha20-Poly1305, mature), Notesnook (zero-knowledge, open source, XChaCha20 + Argon2), Anytype (local-first, sync pair-à-pair chiffrée), Proton Docs (E2EE dans un écosystème complet) et Filarr (workspace local-first où chaque fichier est chiffré en AES-256-GCM sur votre disque, notes plus fichiers plus graph dans une seule app). Obsidian reste local par défaut mais n'a pas de chiffrement natif. Le bon choix dépend d'une seule question : voulez-vous surtout des notes, ou des notes ET des fichiers, et jusqu'où va votre exigence de confidentialité.

Pourquoi cette question revient partout en 2026

Il y a quelque chose de bizarre dans notre rapport à Notion. On y met tout. Les notes de réunion, les mots de passe qu'on avait promis de ne jamais écrire quelque part, le journal intime déguisé en base de données, la roadmap de la boîte, les contrats scannés, les idées de startup à un milliard, les photos de la carte d'identité pour un dossier administratif. On construit une deuxième version de notre cerveau dans une application, et on ne se demande presque jamais où ce cerveau dort la nuit. La réponse est simple : sur des serveurs qui ne sont pas les vôtres, chiffrés avec des clés qui ne sont pas les vôtres, accessibles par des gens que vous ne connaîtrez jamais. Ça marche parfaitement, c'est fluide, c'est joli, et pendant des années ça a suffi.

En 2026, ça ne suffit plus pour une part croissante d'utilisateurs. Ce ne sont pas des paranoïaques avec un chapeau en aluminium. Ce sont des développeurs qui ont vu passer un data breach de trop, des freelances qui gèrent des données clients sous NDA, des gens qui ont simplement réalisé que « gratuit » et « pratique » avaient un prix qu'ils payaient en confidentialité. Le déclencheur a souvent été le même : la vague d'intégrations d'IA dans les outils SaaS, et la question inévitable qui suit, à savoir qui exactement peut lire ce que j'écris, et est-ce que mes notes privées finissent dans un jeu d'entraînement. Quand vous commencez à vous poser cette question, vous ne pouvez plus la fermer.

Le problème, c'est que le mot « chiffré » est devenu du marketing. Tout le monde met « encrypted » sur sa page d'accueil. Notion aussi. Sauf que « chiffré au repos sur nos serveurs » et « chiffré de bout en bout avec des clés que vous seul possédez » sont deux univers différents, et la distinction se joue précisément là où ça compte : qui détient la clé. Cet article existe pour faire le tri. Je vais passer en revue les vraies alternatives chiffrées à Notion en 2026, expliquer honnêtement ce que chacune protège et ne protège pas, dérouler les modèles de menace concrets, et vous aider à choisir selon votre cas plutôt que selon le slogan le plus rassurant.

Je précise d'entrée : je construis Filarr, l'un des outils dont je vais parler. Je pourrais faire semblant d'être neutre, mais vous liriez entre les lignes de toute façon, alors autant être franc. Ce que je vais faire, c'est vous donner la comparaison la plus honnête possible, y compris les endroits où Filarr n'est pas le bon choix et où un concurrent fait mieux. Un comparatif où mon produit gagne partout serait insultant pour votre intelligence, et de toute façon faux. Le paysage des notes chiffrées est riche en 2026, chaque outil a fait des compromis différents, et le vrai service que je peux vous rendre, c'est de rendre ces compromis lisibles.

Ce que Notion fait vraiment avec vos données

Commençons par le point de départ, parce que tout le reste se comprend par contraste. Notion chiffre vos données au repos, en AES-256, quand elles sont stockées dans ses bases, ses sauvegardes et son cloud, et en transit via HTTPS. C'est vrai, c'est écrit dans leur centre de sécurité, et ce n'est pas rien : ça protège contre un attaquant qui volerait physiquement un disque dur dans un datacenter. Mais il y a un détail qui change tout, et Notion ne le cache pas non plus : les clés de chiffrement appartiennent à Notion. Ce n'est pas du chiffrement de bout en bout. Concrètement, ça signifie que le serveur peut déchiffrer vos données à volonté, que des employés avec les bons accès peuvent techniquement les lire, et que si une autorité légale envoie une réquisition, Notion a la capacité technique de fournir vos notes en clair.

Ce modèle a une logique. Le chiffrement côté serveur permet la recherche full-text, la collaboration temps réel, les permissions granulaires, les intégrations, l'IA qui lit vos pages pour vous répondre. Tout ce qui rend Notion agréable repose sur le fait que le serveur voit vos données en clair. C'est un choix d'architecture cohérent, pas une négligence. Le problème n'est pas que Notion soit malhonnête, c'est que le compromis est invisible pour l'utilisateur moyen, qui lit « chiffré » et comprend « personne ne peut lire mes trucs ». Ces deux phrases n'ont rien à voir.

Pour savoir si ça vous concerne, posez-vous une seule question : quel est votre modèle de menace. Si vous stockez des recettes de cuisine et des listes de courses, franchement, Notion va très bien, et cet article ne vous est pas destiné. Mais si votre inventaire de menaces inclut ne serait-ce qu'un de ces éléments, une fuite de données touchant le prestataire, une réquisition judiciaire, l'arrêt brutal du service, ou l'entraînement d'un modèle d'IA sur vos notes privées, alors le chiffrement au repos de Notion ne vous protège d'aucun d'entre eux. Pour ces scénarios, il faut que la clé soit de votre côté, point. C'est exactement la promesse du chiffrement de bout en bout et du local-first, et c'est le terrain de jeu des alternatives que je vais présenter.

La fracture de fond : cloud-first contre local-first

Toutes les alternatives crédibles à Notion se rangent, philosophiquement, d'un côté ou de l'autre d'une ligne de faille. D'un côté, le cloud-first : vos données vivent d'abord sur un serveur, votre appareil n'est qu'une fenêtre. De l'autre, le local-first : vos données vivent d'abord sur votre appareil, le serveur n'est qu'un relais optionnel pour la synchronisation. Cette distinction paraît technique, mais elle décide de tout ce qui compte, à savoir ce qui se passe quand vous êtes hors ligne, quand le serveur tombe, quand l'entreprise ferme, et qui, au bout du compte, possède réellement votre travail.

Déroulons un scénario concret pour rendre ça palpable. Imaginez que vous êtes dans un train, en tunnel, sans réseau, et vous voulez retrouver une note écrite il y a trois mois. Sur un outil cloud-first pur, selon l'implémentation et le cache, vous pouvez vous retrouver face à une page qui tourne. Sur un outil local-first, la note est déjà sur votre disque, elle s'ouvre instantanément, et vous pouvez la modifier, la réorganiser, y attacher des fichiers, tout ça sans une once de connexion. La sync se fera plus tard, silencieusement, quand le réseau reviendra. C'est une différence de sensation quotidienne, mais c'est surtout une différence de dépendance. Dans le premier cas, votre accès à votre propre mémoire est conditionné à l'infrastructure de quelqu'un d'autre. Dans le second, non.

Poussons le scénario plus loin, jusqu'au pire cas : l'entreprise qui édite votre outil ferme boutique. Ça arrive plus souvent qu'on ne le croit dans le monde des apps de productivité. Avec un service cloud-first, le jour où les serveurs s'éteignent, vos données deviennent au mieux un export ZIP à récupérer en urgence, au pire un cimetière inaccessible. Avec un outil local-first, il ne se passe rien de dramatique le jour de la fermeture, parce que vos fichiers sont déjà chez vous, lisibles, et le pire que vous risquez est de perdre la fonctionnalité de sync. Cette asymétrie de risque est la vraie raison pour laquelle le local-first gagne du terrain. Ce n'est pas une lubie d'ingénieur, c'est une assurance sur la continuité de votre propre travail.

Dans le camp cloud-first mais chiffré de bout en bout, on trouve Standard Notes, Notesnook et Proton Docs. Dans le camp local-first, on trouve Obsidian, Anytype et Filarr. Ce n'est pas une hiérarchie, c'est une carte. Un outil E2EE cloud-first peut être excellent pour la confidentialité tout en gardant une dépendance au serveur pour l'accès. Un outil local-first sans chiffrement natif, comme Obsidian, peut être formidable pour l'ownership tout en vous laissant gérer vous-même la protection. L'idéal, celui que Filarr vise, c'est l'intersection : local-first ET chiffré nativement, pour cumuler les deux garanties au lieu de choisir.

Ce que « chiffré » veut dire, threat model par threat model

Le chiffrement n'est pas une case à cocher, c'est une promesse contextuelle qui tient ou casse selon l'attaque. Prenons quatre scénarios réels et regardons comment chaque famille d'outils se comporte, parce que c'est là que les slogans se dissolvent et que la vérité apparaît.

Premier scénario : le serveur malveillant ou compromis. Un attaquant prend le contrôle des serveurs du fournisseur, ou un employé indélicat fouille les bases. Avec Notion, c'est game over, le serveur voit tout en clair. Avec Standard Notes, Notesnook ou Filarr en mode sync, le serveur ne stocke que des blobs chiffrés opaques, illisibles sans votre clé, qui elle ne quitte jamais votre appareil. Dans le cas de Filarr, le backend de sync tourne sur Cloudflare R2 et ne reçoit que des blobs déjà chiffrés côté client, ce que le code de sync qualifie explicitement de zero-knowledge. L'attaquant qui vide la base repart avec du bruit. C'est précisément la garantie que le chiffrement au repos côté serveur ne peut pas offrir.

Deuxième scénario : le laptop volé. Quelqu'un embarque votre machine. Ici, la géométrie s'inverse. Un outil purement cloud comme Notion peut en réalité être moins exposé si vous êtes déconnecté, puisque rien n'est en local. Un outil local-first mal conçu, qui laisserait ses fichiers en clair sur le disque, serait une catastrophe, c'est d'ailleurs la faiblesse d'Obsidian par défaut, dont le coffre est un dossier de fichiers Markdown en clair. C'est exactement le trou que Filarr comble : les fichiers sont chiffrés au repos sur le disque, chacun avec sa propre clé, si bien que le voleur qui monte votre disque ne voit que des blobs. Le local-first sans chiffrement natif transforme le vol de laptop en fuite totale. Le local-first chiffré le transforme en simple perte de matériel.

Troisième scénario : le mot de passe faible. Le chiffrement le plus solide du monde ne sert à rien si la clé se dérive d'un mot de passe comme « azerty123 » en une milliseconde. C'est pour ça que la fonction de dérivation de clé compte autant que le chiffre lui-même. Les bons outils ralentissent délibérément la dérivation pour rendre le brute-force ruineux. Notesnook utilise Argon2, Standard Notes a durci ses paramètres au fil des versions, et Filarr dérive la clé via PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, le seuil recommandé par l'OWASP en 2024, avec Argon2id disponible en option pour ceux qui veulent une résistance mémoire-dure. Aucun de ces mécanismes ne sauve un mot de passe catastrophique, mais ils font la différence entre un mot de passe médiocre cassé en secondes et le même cassé en années.

Quatrième scénario : la réquisition légale ou la citation à comparaître. Une autorité ordonne au fournisseur de livrer vos données. Avec Notion, le fournisseur a la capacité technique d'obéir en fournissant du clair. Avec un outil zero-knowledge, le fournisseur peut livrer ce qu'il a, mais ce qu'il a est chiffré et il n'a pas la clé, donc ce qu'il remet est inexploitable. Ce n'est pas une question de bonne volonté de l'entreprise, c'est une question de capacité technique : on ne peut pas être contraint de déchiffrer ce qu'on est architecturalement incapable de déchiffrer. C'est la différence la plus importante et la moins comprise entre le chiffrement serveur et le chiffrement de bout en bout, et elle se résume à une phrase : vos clés, vos données.

Le tour d'horizon des alternatives chiffrées

Standard Notes est le vétéran, et ça se sent. C'est l'outil qui a rendu le chiffrement de bout en bout par défaut normal dans le monde des notes, bien avant que ce soit à la mode. Tout y est chiffré end-to-end automatiquement, en XChaCha20-Poly1305 dans les versions récentes, l'un des algorithmes les plus robustes du moment, et le serveur ne fait que relayer des données aveugles. Le modèle a une pureté qui inspire confiance : le free tier est réellement gratuit et chiffré, mais volontairement austère, limité au texte brut, tandis que les fonctions avancées comme l'éditeur riche, les tableurs et le stockage de fichiers sont réservées aux plans payants, autour de 90 dollars par an pour le plan Productivity et 120 dollars par an pour le Professional, avec 100 Go de stockage chiffré. Standard Notes n'est pas fait pour organiser une vie entière avec des bases de données et des vues, c'est un coffre à notes chiffré, sobre et sérieux, et pour beaucoup c'est exactement ce qu'il faut.

Notesnook est l'alternative open source montante, et probablement la plus alignée avec Notion sur l'esprit produit tout en étant zero-knowledge. Tout est chiffré sur l'appareil avant le moindre départ vers le réseau, en XChaCha20-Poly1305 combiné à Argon2 pour la dérivation de clé, et le code des clients est entièrement ouvert sur GitHub. Le free tier existe pour de vrai mais reste modeste sur le stockage mensuel, et les plans payants sont agressifs sur le prix : autour de 1,99 dollar par mois pour l'Essential, 6,99 dollars par mois pour le Pro. Notesnook propose des coffres chiffrés supplémentaires pour les notes ultra-sensibles, un design moderne, et une vraie orientation grand public. Si vous cherchez le remplaçant de Notion le plus direct côté notes, chiffré et abordable, Notesnook mérite le haut de votre liste.

Anytype joue une partition différente et fascinante : local-first, chiffré de bout en bout, et surtout synchronisation pair-à-pair sans serveur central obligatoire. Tout est stocké localement avec chiffrement sur l'appareil, personne chez Anytype ne peut lire vos données, pas même les fondateurs, selon leur communication. Le free tier est parmi les plus généreux du marché avec du stockage réseau gratuit et des espaces partagés, et les plans payants démarrent bas, autour de 99 dollars par an pour le Builder. Anytype vise le remplacement complet de Notion, blocs, relations, objets typés, graph, avec une ambition d'architecture décentralisée. Le revers, c'est une courbe d'apprentissage réelle : le modèle d'objets est puissant mais déroutant, et l'app demande un investissement avant de payer.

Proton Docs, intégré à Proton Drive, apporte le chiffrement de bout en bout dans un écosystème privacy déjà mûr et audité, celui de Proton Mail. Les documents sont chiffrés end-to-end, y compris les frappes clavier et les mouvements de curseur selon leur communication, avec collaboration temps réel. Le free tier offre 5 Go de stockage chiffré, et les plans payants démarrent à 3,99 dollars par mois pour Drive Plus, 9,99 dollars par mois pour Proton Unlimited qui empile mail, VPN, drive et docs. Si vous voulez un environnement chiffré cohérent qui couvre mail, fichiers et documents sous une seule marque de confiance, Proton est l'offre la plus complète, avec la contrepartie d'une dépendance à un écosystème et d'un outil de documents encore jeune face à Notion sur la richesse fonctionnelle.

Obsidian mérite une mention à part, car il est local-first et adoré, mais son rapport au chiffrement est un piège pour l'utilisateur pressé. Obsidian stocke vos notes en fichiers Markdown en clair sur votre disque, ce qui est un avantage énorme d'ownership et un désavantage de confidentialité si votre machine est accessible. Il n'a pas de chiffrement natif : le fameux plugin communautaire Meld Encrypt chiffre des blocs spécifiques avec un mot de passe en AES-256-GCM, mais c'est partiel, manuel et fragile. Son service de sync officiel, lui, est bien chiffré de bout en bout, à 4 dollars par mois. Obsidian est imbattable sur l'écosystème de plugins et la liberté, mais si votre besoin premier est un chiffrement au repos solide et par défaut, il vous demande de bricoler une garantie qui devrait être native.

Je range aussi ici, plus brièvement, Joplin, qui propose un excellent chiffrement de bout en bout en AES-256 mais non activé par défaut, un piège classique, et Cryptee, un outil E2EE élégant orienté documents et photos. Chacun a ses fidèles, et aucun n'est un mauvais choix. Le point commun de tout ce paysage, c'est qu'il est enfin riche : en 2026, quitter Notion pour du vrai chiffré ne veut plus dire se résigner à un outil austère.

Où Filarr se situe dans ce paysage

Filarr n'essaie pas d'être un meilleur Notion, ni un meilleur Standard Notes. Il occupe une case que les autres laissent étonnamment vide : le workspace local-first chiffré qui traite les notes ET les fichiers comme des citoyens de première classe, reliés par un graph, le tout chiffré nativement sur votre disque. La plupart des alternatives ci-dessus sont d'abord des apps de notes. Filarr est un espace de travail où une note de projet, le PDF du contrat, les photos de la maquette et le tableur des chiffres vivent au même endroit, chiffrés de la même façon, et se relient visuellement. Quand j'ai construit Filarr, le constat de départ était exactement celui-là : les gens ne rangent pas leur vie en notes pures, ils la rangent en notes ET en fichiers, et aucun outil chiffré ne prenait les deux au sérieux ensemble.

Le modèle de chiffrement est granulaire par conception. Chaque fichier est chiffré individuellement en AES-256-GCM, avec sa propre clé de fichier isolée, une FEK, elle-même enveloppée par une clé maître, la KEK, dérivée de votre mot de passe. Cette isolation par fichier veut dire qu'il n'y a pas une seule grosse clé qui, compromise, ouvrirait tout : chaque fichier est une boîte séparée. La dérivation passe par PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, conforme aux recommandations OWASP 2024, avec Argon2id en option. La récupération repose sur une phrase de 24 mots au standard BIP-39, le même principe que les portefeuilles crypto. Côté plateformes, Filarr est une app Electron plus React pour Windows, macOS et Linux, le mobile est en cours, et l'outil gère plus de 51 formats de fichiers.

La sync est optionnelle, et c'est un point philosophique, pas un détail. Filarr fonctionne à 100 pour cent hors ligne, entièrement, indéfiniment. Si vous n'activez jamais le cloud, vous avez déjà un workspace chiffré complet sur votre disque, gratuit pour toujours. Si vous activez la sync, le backend tourne sur Cloudflare R2 et ne reçoit que des blobs chiffrés opaques, ce que le code de sync appelle zero-knowledge, et vous pouvez même utiliser votre propre bucket S3-compatible en mode BYOS, apportez votre propre stockage. Le cloud « ne fait que suivre », il n'est jamais le produit. C'est l'inverse exact du modèle Notion, où le cloud est le produit et votre appareil une fenêtre.

Soyons clairs sur les faiblesses, parce que la crédibilité se joue là. Face à Obsidian, Filarr a moins de plugins et un écosystème plus jeune, né en 2026, avec une communauté encore petite. Le mobile n'est pas encore au niveau des grands. La maturité globale est moindre que celle d'un Standard Notes qui a des années d'audits et de rodage. Si vous voulez le plus grand catalogue d'extensions du monde des PKM, ce n'est pas Filarr, c'est Obsidian, et je ne vais pas prétendre le contraire. Ce que Filarr offre en échange, c'est la seule combinaison notes plus fichiers plus graph, chiffrée nativement par fichier, local-first, avec sync optionnelle zero-knowledge, dans une seule app. C'est une niche précise, et si c'est la vôtre, rien d'autre ne la remplit aussi bien.

Architecture de synchronisation et multi-appareils

La façon dont un outil synchronise décide de son comportement dans les moments où ça compte, et c'est un terrain où les modèles divergent radicalement. Dans un système cloud-first classique comme Notion, l'appareil affiche ce que le serveur détient, la source de vérité est distante, et l'expérience hors ligne dépend d'un cache dont vous ne contrôlez ni la fraîcheur ni la portée. Ça marche merveilleusement tant que la connexion est là et que les serveurs tournent, et ça devient inconfortable dès que l'une de ces deux conditions faiblit. La collaboration temps réel, en revanche, y est excellente, parce que tout le monde édite la même copie serveur.

Dans un système local-first comme Anytype, Obsidian avec sync ou Filarr, la logique s'inverse : la source de vérité est votre appareil, et la synchronisation propage des changements entre plusieurs copies locales, chacune complète et autonome. Quand vous êtes hors ligne, il ne se passe rien de spécial, vous travaillez normalement, et les modifications s'empilent localement en attendant le réseau. Quand la connexion revient, l'outil réconcilie. La contrepartie de cette robustesse, c'est la gestion des conflits : quand deux appareils modifient la même chose hors ligne, il faut fusionner, et c'est intrinsèquement plus délicat que dans un modèle serveur unique. Les bons outils local-first gèrent ça proprement, mais aucun ne rend la fusion aussi transparente que le temps réel cloud, parce que c'est un problème plus dur.

Le point crucial pour la confidentialité, c'est ce qui transite. Dans un outil chiffré de bout en bout, le chiffrement se fait sur l'appareil, avant l'envoi, et le serveur ne voit jamais que du chiffré. Chez Filarr, la sync pousse des blobs déjà chiffrés vers Cloudflare R2, la clé restant sur votre machine, et l'option BYOS vous permet même de pointer vers votre propre bucket S3-compatible, ce qui vous rend indépendant y compris de mon infrastructure. Comparez ça à un modèle où le serveur déchiffre pour indexer, rechercher et alimenter une IA : ce sont deux mondes. Le prix à payer côté E2EE, c'est que la recherche full-text côté serveur devient impossible ou limitée, puisque le serveur ne voit rien, et que certaines fonctions collaboratives sont plus contraintes. C'est un compromis assumé, celui de la confidentialité contre la commodité serveur.

Que se passe-t-il quand le serveur tombe, ou quand vous résiliez votre abonnement de sync. Dans le modèle cloud-first, une panne serveur prolongée vous coupe l'accès, et une résiliation vous laisse le plus souvent avec un export à récupérer avant l'échéance. Dans le modèle local-first, une panne serveur n'affecte que la propagation entre appareils, chaque appareil restant pleinement fonctionnel sur ses données locales, et une résiliation de la sync ne vous retire rien de ce qui est déjà sur votre disque : vous perdez la synchronisation, pas vos données. Chez Filarr, arrêter de payer la sync vous ramène simplement au mode local gratuit, avec tous vos fichiers chiffrés intacts sur votre machine. Cette différence de conséquence, à la panne comme à la résiliation, est peut-être la raison la plus concrète et la moins spectaculaire de préférer le local-first.

Récupération et perte d'accès

Voici le sujet dont personne ne veut parler et qui gâche le plus de nuits : que se passe-t-il quand vous perdez votre accès. Et là, une vérité désagréable du chiffrement de bout en bout doit être dite sans détour. Le zero-knowledge a un corollaire brutal : si le fournisseur ne peut pas lire vos données, alors le fournisseur ne peut pas non plus vous les rendre quand vous oubliez votre mot de passe. Il n'y a pas de bouton « mot de passe oublié » qui vous renvoie un lien magique, parce qu'un tel bouton signifierait que le fournisseur détient une porte dérobée, ce qui annulerait toute la promesse. La sécurité réelle a un coût, et ce coût, c'est la responsabilité. C'est le prix d'entrée dans le monde où vos données sont vraiment à vous.

Avec Notion, la récupération est facile, précisément parce que Notion détient les clés : vous cliquez sur mot de passe oublié, vous recevez un mail, vous reprenez la main. Cette facilité est l'exact reflet du fait que ce ne sont pas vraiment vos clés. Avec les outils E2EE, la récupération repose sur un secret que vous devez conserver. Standard Notes et les autres insistent lourdement sur la sauvegarde du mot de passe et des clés. Filarr utilise une phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39, le même mécanisme éprouvé que les portefeuilles de cryptomonnaies : cette phrase est votre filet de sécurité, elle permet de reconstruire l'accès même si vous oubliez votre mot de passe, à condition, et c'est tout le sujet, que vous l'ayez notée et rangée quelque part de sûr.

Déroulons les scénarios. Mot de passe oublié mais phrase de récupération conservée : vous récupérez vos données, ouf, c'est exactement pour ça que la phrase existe. Mot de passe oublié ET phrase de récupération perdue : vos données sont irrécupérables, y compris pour moi, y compris pour n'importe qui, parce que ce qui les protégeait vous protégeait aussi de ce scénario. C'est dur, c'est définitif, et c'est le revers exact de la garantie qu'aucune autorité ne pourra jamais les lire non plus. On ne peut pas avoir l'un sans l'autre : soit un tiers peut vous rendre vos données et alors ce tiers peut aussi les lire, soit personne ne le peut, ni vous par oubli, ni un adversaire par contrainte.

Il y a un troisième scénario qu'on oublie toujours : la mort du compte, la vôtre. Que deviennent vos données chiffrées quand vous n'êtes plus là. Dans un modèle E2EE strict, si vos proches n'ont ni le mot de passe ni la phrase de récupération, tout est perdu, ce qui peut être exactement ce que vous vouliez ou une catastrophe pour vos héritiers. La bonne pratique, valable pour Filarr comme pour tout outil zero-knowledge, est de traiter la phrase de récupération comme un document successoral : la confier à un notaire, la déposer dans un coffre, la partager avec une personne de confiance absolue. Le chiffrement fort vous rend souverain sur vos données, et la souveraineté implique de penser à la transmission. Personne ne le fera à votre place, précisément parce que personne ne le peut.

Le tableau, encadré de ce qu'il ne dit pas

Un tableau comparatif est utile et trompeur à la fois. Utile, parce qu'il aligne les faits d'un coup d'œil. Trompeur, parce qu'il aplatit des nuances qui font toute la différence. Lisez celui-ci comme une carte, pas comme un verdict, et gardez en tête que la bonne colonne dépend de votre usage réel, pas du nombre de coches.

CritèreNotionStandard NotesNotesnookAnytypeObsidianProton DocsFilarr
Chiffrement de bout en boutNon (clés serveur)Oui, par défautOui, par défautOuiNon natif (sync oui)OuiOui, par fichier
Chiffre au repos sur le disque localSans objetOuiOuiOuiNon (Markdown clair)Sans objetOui, AES-256-GCM
Local-first / offline completNonPartielPartielOuiOuiNonOui
Notes ET fichiers dans une appOuiNotes + fichiers (payant)Notes surtoutOuiNotes + pièces jointesDocs + driveOui, plus graph
AlgorithmeAES-256 (serveur)XChaCha20-Poly1305XChaCha20 + Argon2E2EEAES-256 (plugin)E2EEAES-256-GCM, PBKDF2-SHA512 600k
Open sourceNonOuiOuiOuiNon (client fermé)PartielOui, client BSL 1.1
Prix d'entrée payant~10 $/mois~90 $/an~1,99 $/mois~99 $/an4 $/mois (sync)3,99 $/mois4 €/mois (sync)
Gratuit et utile hors ligneLimitéOui (texte)Oui (limité)OuiOuiOui (5 Go)Oui, complet

Ce que ce tableau ne dit pas, c'est le ressenti. Notion coche peu de cases de confidentialité mais reste, de loin, l'expérience collaborative la plus aboutie, et pour une équipe qui vit dans les commentaires et les vues partagées, aucune case E2EE ne compense ça. Standard Notes coche les cases sécurité mais sa sobriété volontaire ne conviendra pas à qui veut des bases de données. Obsidian a un « Non » sur le chiffrement natif qui semble rédhibitoire, mais son écosystème de plugins est si vaste qu'il reste le favori de millions de gens qui gèrent la confidentialité autrement. Et Filarr coche beaucoup de cases de confidentialité, mais sa jeunesse, absente du tableau, est un facteur réel : un projet de 2026 n'a pas le recul d'un projet de 2016. Un comparatif où une colonne gagne tout serait un mensonge, et celui-ci ne l'est pas.

Là où les concurrents gagnent vraiment

Je vais être précis, parce que l'honnêteté ici vaut plus que n'importe quel argument de vente. Notion gagne sur la collaboration et l'écosystème, et il gagne largement. Si votre travail consiste à co-éditer des documents en temps réel avec une équipe, à commenter, à assigner, à construire des wikis d'entreprise reliés à des centaines d'intégrations, rien dans le monde chiffré ne s'approche de la fluidité de Notion. Le chiffrement de bout en bout et la collaboration temps réel riche sont en tension technique fondamentale, parce que la collaboration facile suppose que le serveur voie les données. Notion a choisi la collaboration, l'a exécutée magnifiquement, et pour cet usage précis, il reste le roi. Prétendre le contraire serait vous mentir.

Standard Notes gagne sur la maturité et la confiance accumulée. C'est un projet ancien, audité, avec un historique de transparence et une communauté qui l'a stress-testé pendant des années. Quand on parle de sécurité, l'âge et l'exposition au feu comptent : un schéma cryptographique qui a survécu à des années de scrutin public inspire une confiance qu'un nouveau venu, Filarr compris, doit encore mériter. Si votre priorité absolue est un chiffrement de notes éprouvé par le temps, avec un track record long, Standard Notes a un argument que je ne peux pas répliquer par la simple qualité de mon code, parce que la confiance se prouve dans la durée.

Obsidian gagne sur l'extensibilité et la liberté du format. Ses milliers de plugins communautaires en font moins un outil qu'une plateforme, et le fait que vos notes soient de simples fichiers Markdown en clair, que je critique côté sécurité, est aussi une force colossale d'ownership et de pérennité : vous pouvez les ouvrir avec n'importe quel éditeur de texte dans trente ans, sans Obsidian. Pour qui veut personnaliser à l'infini, écrire ses propres plugins, et garder un format ultra-portable, Obsidian est imbattable, et Filarr, avec son écosystème naissant, ne joue tout simplement pas dans cette catégorie aujourd'hui.

Proton gagne sur l'intégration d'écosystème et la réputation institutionnelle. Avoir mail, VPN, drive et docs chiffrés sous une seule marque suisse auditée, avec une entreprise solide derrière, est une proposition de valeur que peu peuvent égaler. Et Notesnook gagne sur le rapport qualité-prix-ouverture pour qui veut du pur note-taking chiffré : open source, zero-knowledge, tarifs très bas, design soigné. Chacun de ces outils est meilleur que Filarr sur son axe de spécialité. Le seul terrain où je revendique la victoire est l'intersection précise que je vais décrire maintenant, et nulle part ailleurs.

Là où Filarr gagne vraiment

Filarr gagne quand votre besoin n'est pas « des notes chiffrées » mais « un espace de travail chiffré pour tout ». C'est une distinction subtile mais décisive. Standard Notes, Notesnook, Anytype sont d'excellents outils de notes. Mais le jour où vous voulez ranger, au même endroit et avec la même protection, le PDF du bail, les photos scannées de vos documents, le tableur des comptes et la note qui explique tout ça, la plupart vous obligent à jongler, à payer un tier de stockage à part, ou à traiter les fichiers comme des pièces jointes de seconde classe. Filarr a été conçu autour de l'idée inverse : le fichier est aussi important que la note, il est chiffré exactement pareil, en AES-256-GCM avec sa propre clé, et le graph relie les deux dans une même vue. Personne d'autre ne fait exactement ça.

Filarr gagne sur la granularité du chiffrement. Le modèle une clé par fichier, chaque FEK enveloppée par une KEK dérivée de votre mot de passe, n'est pas du décor cryptographique : c'est une isolation réelle. Dans un système à clé unique, compromettre cette clé ouvre tout. Chez Filarr, chaque fichier est une boîte scellée séparément, ce qui limite la surface de compromission et rend le partage sélectif futur beaucoup plus propre. Couplé à une dérivation PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations conforme OWASP 2024, avec Argon2id optionnel, l'architecture est pensée pour tenir face aux quatre modèles de menace que j'ai déroulés plus haut, pas seulement pour cocher la case « chiffré ».

Filarr gagne sur la pureté du local-first. Beaucoup d'outils dits privés restent dépendants de leur serveur pour fonctionner pleinement. Filarr fonctionne à 100 pour cent hors ligne, indéfiniment, gratuitement, sans compte. La sync est une option qu'on ajoute, pas un socle dont on dépend, et quand on l'active, elle reste zero-knowledge, avec la possibilité d'apporter son propre bucket S3 en BYOS pour ne dépendre même pas de mon infrastructure. Cette indépendance totale, y compris vis-à-vis de moi, est rare, et c'est un choix délibéré : je ne veux pas que votre accès à votre travail dépende de la survie de mon entreprise.

Enfin, Filarr gagne sur l'ownership sans le compromis d'Obsidian. Obsidian vous donne l'ownership des fichiers mais les laisse en clair. Notion vous donne le chiffrement au repos mais garde les clés et l'ownership. Filarr refuse ce choix : ownership local ET chiffrement natif, les deux, sans plugin fragile à installer ni confiance à accorder à un serveur. C'est la case vide que je décrivais, l'intersection de deux mondes qui d'habitude ne se parlent pas. Si c'est précisément là que se trouve votre besoin, alors Filarr n'est pas une alternative parmi d'autres, c'est le seul outil qui l'occupe pleinement aujourd'hui.

Migrer depuis Notion, concrètement

Parlons de la vraie friction, parce que quitter Notion n'est jamais indolore et prétendre l'inverse serait malhonnête. Notion vous permet d'exporter votre espace en Markdown, en CSV pour les bases, et en HTML, avec les fichiers joints dans un ZIP. C'est la bonne nouvelle : vos données sortent. La mauvaise, c'est que ce qui fait la magie de Notion, les bases de données relationnelles, les vues, les rollups, les formules, les liens entre pages, se dégrade fortement au passage. Une base Notion devient un CSV plat, une page richement structurée devient du Markdown correct mais aplati. Aucun outil de destination, chiffré ou non, ne reconstruit fidèlement la logique relationnelle de Notion, parce que cette logique est propriétaire. Il faut l'accepter avant de partir.

La stratégie de migration réaliste dépend de ce que vous étiez venu chercher. Si vous quittez Notion pour la confidentialité et que votre usage était surtout documentaire, des notes, des projets, des documents rangés, alors la migration vers Filarr, Standard Notes ou Notesnook est fluide : vous importez votre Markdown, vous récupérez vos fichiers, et vous reconstruisez la navigation. Dans le cas de Filarr, l'atout est que vos pièces jointes exportées, PDF, images, tableurs, ne sont pas des citoyens de seconde zone : elles entrent dans le workspace chiffré au même titre que les notes, ce qui colle bien à un export Notion qui mélange justement Markdown et fichiers. Vous perdez les vues de base de données, vous gagnez le chiffrement au repos et l'ownership.

Si, en revanche, vous utilisiez Notion comme un mini-ERP, avec des bases interconnectées et des automatisations, la migration est douloureuse quel que soit l'outil, et le plus honnête que je puisse dire est peut-être : ne migrez pas tout. Beaucoup de gens gardent Notion pour le collaboratif d'équipe et déplacent vers un outil chiffré uniquement ce qui est sensible et personnel. Cette approche hybride est souvent la plus sage : Notion pour ce qui doit être partagé et co-édité, un coffre chiffré pour ce qui doit rester privé. Il n'y a aucune obligation de tout ou rien, et vouloir absolument tout basculer d'un coup est le meilleur moyen d'abandonner en cours de route.

Mon conseil pratique, pour n'importe quelle destination, est de migrer par tranches et de commencer par le plus sensible. Exportez d'abord le contenu confidentiel, celui qui vous a fait chercher une alternative en premier lieu, mettez-le en sécurité dans l'outil chiffré, vérifiez que la sync et la récupération fonctionnent, notez votre phrase de récupération quelque part de sûr, et seulement ensuite envisagez le reste. La friction est réelle, mais elle se paie une fois, et de l'autre côté, ce que vous gagnez, c'est de ne plus jamais avoir à vous demander qui peut lire ce que vous écrivez.

Le prix décortiqué, avec des scénarios chiffrés

Le prix affiché ment presque toujours, parce que ce qui compte est le coût réel selon votre usage, pas le chiffre de la page tarifs. Déroulons trois scénarios pour rendre ça concret. Premier cas, l'individu qui veut simplement des notes et des fichiers privés, sur une seule machine, sans sync. Avec Notion, vous restez sur le free tier, donc zéro euro, mais sans aucun chiffrement de bout en bout. Avec Obsidian sans sync, zéro euro aussi, local, mais sans chiffrement natif. Avec Filarr en local pur, zéro euro également, et cette fois avec chiffrement AES-256-GCM par fichier et ownership complet. Pour ce profil, Filarr est littéralement gratuit tout en étant le plus protecteur, ce qui casse l'idée reçue que le chiffrement fort se paie forcément.

Deuxième cas, l'individu qui veut la même chose mais synchronisée entre son laptop et un futur mobile, avec quelques gigas de fichiers. Avec Notion payant, comptez autour de 10 dollars par mois, soit environ 120 dollars par an, sans E2EE. Avec Standard Notes, il faut le plan Productivity autour de 90 dollars par an pour débloquer fichiers et éditeur riche. Avec Notesnook, un plan à 1,99 ou 6,99 dollars par mois selon le stockage. Avec Obsidian Sync, 4 dollars par mois pour la sync chiffrée, mais toujours sans chiffrement au repos des fichiers locaux. Avec Filarr, la sync démarre à 4 euros par mois, soit environ 48 euros par an, avec le chiffrement zero-knowledge inclus et l'option d'utiliser votre propre bucket S3. Sur ce profil, Filarr et Obsidian Sync sont les plus économiques du lot chiffré, Filarr ajoutant le chiffrement natif des fichiers qu'Obsidian n'a pas.

Troisième cas, la personne qui veut un écosystème complet, mail plus stockage plus documents, le tout chiffré. Ici, Proton Unlimited à 9,99 dollars par mois devient rationnel, parce que vous ne payez pas qu'un outil de notes, vous payez un environnement entier. Aucun outil mono-produit, Filarr compris, ne rivalise sur ce terrain, et essayer de reconstituer un écosystème Proton en empilant plusieurs abonnements séparés coûterait plus cher et serait moins cohérent. Si votre besoin est l'écosystème, payez l'écosystème. Le calcul du coût réel dépend entièrement de la question à laquelle vous répondez, et le piège serait de comparer un prix de notes à un prix de suite complète comme s'ils étaient interchangeables.

La leçon transversale, c'est que le chiffrement de bout en bout n'est plus un luxe premium en 2026. Le free tier de Filarr en local est complet et gratuit à vie, celui de Proton offre 5 Go chiffrés, celui d'Anytype est généreux, celui de Notesnook est réel. La question n'est donc plus « puis-je me payer du chiffré », elle est « lequel colle à mon usage ». Et sur le rapport protection sur prix pour un usage notes plus fichiers en solo, Filarr est difficile à battre, précisément parce que sa proposition de base, le local chiffré, est gratuite.

Open source et licence, ce que ça change pour vous

On agite « open source » comme un totem de confiance, et c'est mérité, mais il faut comprendre ce que ça vous apporte réellement, sans mythologie. Pour un outil chiffré, l'ouverture du code a une vertu précise et vérifiable : elle permet à des tiers d'auditer que le chiffrement fait ce qu'il prétend, que la clé ne fuit pas vers le serveur, qu'il n'y a pas de porte dérobée. C'est une garantie de vérifiabilité, pas de perfection. Un code ouvert peut avoir des bugs, mais au moins il ne peut pas mentir en secret sur son architecture de sécurité, parce que n'importe qui peut regarder. Standard Notes, Notesnook et Anytype sont open source, et c'est un vrai point en leur faveur.

Filarr est également open source côté client, sous licence BSL 1.1, la Business Source License. Cette nuance mérite d'être expliquée honnêtement plutôt que balayée. La BSL 1.1 n'est pas une licence open source au sens strict de l'OSI : elle donne accès au code, permet de le lire, de l'auditer, de le modifier pour son usage, mais restreint pendant une période l'usage commercial concurrent, avant de basculer généralement vers une licence pleinement ouverte. Pour vous, utilisateur, l'effet pratique est celui qui compte : vous pouvez inspecter le code de chiffrement de Filarr, vérifier par vous-même que les blobs partent chiffrés et que la clé reste locale, exactement la vérifiabilité qui fait la valeur de l'open source pour un outil de sécurité. Je préfère vous dire la vérité sur la licence plutôt que de coller « open source » sans astérisque.

Un point de rigueur que le brand de Filarr tient à préciser, et que je répète parce qu'il prête souvent à confusion : la licence du client de bureau, BSL 1.1, est distincte de celle du site web filarr.com, qui est sous AGPL-3.0. Ce sont deux dépôts, deux licences, deux objets différents. Confondre les deux amène des raccourcis faux, du genre « Filarr est en AGPL » ou « Filarr n'est pas ouvert ». La réalité est : le client que vous installez est sous BSL 1.1 et auditable, le site est sous AGPL. Cette précision n'est pas de la coquetterie juridique, c'est une question d'exactitude, et l'exactitude est la seule monnaie qui vaille quand on parle de sécurité.

Ce qu'il faut retenir, c'est que pour un outil chiffré, l'ouverture du code est un multiplicateur de confiance, pas une case marketing. Elle transforme « faites-moi confiance » en « vérifiez vous-même ». Notion est fermé, ce qui vous oblige à croire ses affirmations de sécurité sur parole. Les alternatives ouvertes, Filarr inclus avec sa nuance BSL, vous permettent de ne pas avoir à croire, mais à contrôler. Dans un domaine où le pire cauchemar est la porte dérobée silencieuse, cette possibilité de contrôle vaut plus que n'importe quel logo de certification.

Trois profils, trois choix

Si vous êtes une équipe qui vit dans la collaboration temps réel, avec des wikis partagés, des commentaires, des assignations, et que la confidentialité de vos notes internes n'est pas votre menace numéro un, restez sur Notion, honnêtement. Aucun outil chiffré ne vous rendra la fluidité collaborative que vous perdriez, et forcer du zero-knowledge sur un usage fondamentalement collaboratif est un combat contre la physique de la cryptographie. Réservez plutôt un coffre chiffré séparé, Filarr ou Standard Notes, pour la fraction vraiment sensible, RH, juridique, secrets, et laissez le reste sur Notion. L'hybride est ici le choix mature.

Si vous êtes un knowledge worker ou un développeur privacy-conscious qui gère à la fois des notes ET des fichiers sensibles, contrats, documents scannés, projets personnels, et que vous voulez tout au même endroit, chiffré au repos sur votre disque, avec une sync optionnelle que vous contrôlez, Filarr est fait pour vous. C'est exactement le profil autour duquel il a été conçu. Vous obtenez le chiffrement AES-256-GCM par fichier, le local-first complet et gratuit, le graph qui relie notes et fichiers, et la liberté d'ajouter la sync zero-knowledge à 4 euros par mois ou d'apporter votre propre stockage. Si vous n'avez besoin que de notes pures, sans fichiers, Notesnook ou Standard Notes vous iront tout aussi bien et sont plus matures : soyez lucide sur ce que vous rangez vraiment.

Si vous êtes un puriste de l'extensibilité et du format ouvert, qui veut personnaliser son outil à l'infini, écrire des plugins, et garder des fichiers Markdown lisibles pour l'éternité, Obsidian reste votre maison, et Filarr ne prétend pas vous en déloger. Ajoutez-y une hygiène de chiffrement, chiffrement de disque au niveau du système d'exploitation par exemple, pour compenser l'absence de chiffrement natif, et vous avez un setup redoutable. Enfin, si vous cherchez un écosystème chiffré complet, mail plus drive plus docs sous une marque auditée et solide, Proton est le choix rationnel, et payer la suite entière est plus cohérent que d'empiler des outils séparés. Le bon outil n'est pas le plus sécurisé dans l'absolu, c'est celui dont le compromis épouse votre menace réelle.

Conclusion : la clé, c'est qui détient la clé

S'il ne fallait retenir qu'une phrase de tout ça, ce serait celle-ci : en matière de notes, la seule question qui tranche vraiment est de savoir qui détient la clé de déchiffrement. Notion la détient à votre place, et c'est précisément ce qui le rend fluide, collaboratif et pratique, au prix d'une confidentialité qui n'en est pas une au sens strict. Les alternatives sérieuses de 2026 vous rendent cette clé, chacune avec son style et ses compromis. Standard Notes pour la maturité et la pureté du coffre à notes. Notesnook pour le meilleur rapport ouverture-prix côté notes. Anytype pour l'ambition décentralisée. Proton pour l'écosystème. Obsidian pour la liberté et l'extensibilité, à condition de gérer soi-même le chiffrement. Et Filarr pour l'intersection précise, un workspace local-first où notes et fichiers sont chiffrés nativement par fichier, avec sync optionnelle et zero-knowledge.

Je ne vais pas vous vendre Filarr comme la réponse universelle, parce que ce serait faux et vous le sentiriez. Filarr est jeune, son écosystème est naissant, son mobile est en chantier, et pour du pur note-taking mature ou de la collaboration d'équipe, d'autres font mieux. Ce que Filarr fait mieux que quiconque, c'est occuper la case que tous les autres laissent vide : traiter vos fichiers avec le même sérieux que vos notes, les chiffrer au repos sur votre disque avec une clé par fichier, et ne jamais faire dépendre votre accès de la survie d'un serveur ou d'une entreprise, la mienne comprise. Si c'est votre besoin, essayez-le, il est gratuit en local pour toujours. Sinon, prenez l'un des excellents outils cités, tous valent mieux que rester avec un chiffrement dont vous ne tenez pas la clé. Le vrai gagnant de cette comparaison n'est pas un produit, c'est le principe : vos fichiers, vos clés, votre décision.

FAQ

Notion est-il chiffré, oui ou non. Oui, mais au sens partiel. Notion chiffre vos données au repos en AES-256 sur ses serveurs et en transit via HTTPS. Ce n'est pas du chiffrement de bout en bout : Notion détient les clés et peut donc techniquement déchiffrer et lire vos données, pour du support, une obligation légale ou d'autres usages. Si votre exigence est que personne d'autre que vous ne puisse lire vos notes, le chiffrement de Notion ne répond pas à ce besoin.

Quelle est la meilleure alternative chiffrée à Notion en 2026. Il n'y en a pas une seule, ça dépend de votre usage. Pour des notes pures et matures, Standard Notes ou Notesnook. Pour un écosystème complet, Proton. Pour la liberté et les plugins, Obsidian. Pour un workspace local-first mêlant notes et fichiers chiffrés par fichier, Filarr. La bonne réponse dépend de ce que vous rangez et de votre modèle de menace.

Quelle différence entre chiffrement au repos et chiffrement de bout en bout. Le chiffrement au repos protège les données stockées côté serveur, mais le fournisseur garde les clés et peut déchiffrer. Le chiffrement de bout en bout, ou zero-knowledge, chiffre sur votre appareil avec une clé que vous seul possédez, si bien que le serveur ne voit que des données illisibles. La différence décisive est qui détient la clé : vous, ou le fournisseur.

Filarr est-il vraiment gratuit. Oui, en local. Filarr est gratuit pour toujours en usage local, avec chiffrement AES-256-GCM par fichier et fonctionnement 100 pour cent hors ligne. Seule la synchronisation cloud entre appareils est payante, à partir de 4 euros par mois, et elle reste optionnelle. Vous pouvez aussi utiliser votre propre bucket S3-compatible en mode BYOS.

Que se passe-t-il si j'oublie mon mot de passe Filarr. Vous pouvez récupérer l'accès grâce à votre phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39, à condition de l'avoir notée et conservée en lieu sûr. Si vous perdez à la fois le mot de passe et la phrase de récupération, vos données sont définitivement irrécupérables, y compris pour Filarr, parce que le chiffrement zero-knowledge signifie que personne d'autre que vous ne détient la clé. Traitez votre phrase de récupération comme un document précieux.

Obsidian chiffre-t-il mes notes. Pas nativement. Obsidian stocke vos notes en fichiers Markdown en clair sur votre disque. Son service de sync officiel est chiffré de bout en bout, mais les fichiers locaux ne le sont pas par défaut. Un plugin communautaire, Meld Encrypt, chiffre des blocs spécifiques en AES-256-GCM, mais c'est partiel et manuel. Pour un chiffrement au repos natif et automatique, Obsidian n'est pas le bon outil sans mesures complémentaires comme le chiffrement de disque du système.

Le chiffrement de bout en bout empêche-t-il la collaboration. Il la complique. La collaboration temps réel fluide suppose que le serveur voie les données pour les fusionner, ce qui est en tension avec le zero-knowledge où le serveur ne voit rien. Les outils E2EE proposent souvent une collaboration plus limitée ou asynchrone. C'est le compromis fondamental : plus de confidentialité, moins de commodité collaborative. Pour du collaboratif intensif d'équipe, Notion reste supérieur.

Puis-je faire confiance à un outil de chiffrement récent comme Filarr. La confiance en sécurité se construit sur la vérifiabilité et le temps. Filarr est open source côté client sous licence BSL 1.1, ce qui vous permet, ou permet à un tiers, d'auditer que le chiffrement fait ce qu'il annonce et que les clés restent locales. Il est jeune, né en 2026, et n'a pas le recul d'un Standard Notes. Pour un besoin où la maturité prime, un outil plus ancien peut rassurer davantage. Pour un besoin où la vérifiabilité du code et le modèle local-first priment, l'ouverture de Filarr est un vrai atout.

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