Alternatives chiffrées à Obsidian en 2026 : le guide complet pour reprendre le contrôle de tes notes
Obsidian ne chiffre pas ton coffre par defaut. Comparatif honnete 2026 des alternatives chiffrees : Standard Notes, Anytype, Joplin, plugins et Filarr.
Mathis Belouar-Pruvot
Réponse rapide
Obsidian reste en 2026 le meilleur éditeur de notes en markdown pour qui veut penser en réseau, mais il ne chiffre rien sur ton disque par défaut : ton coffre est une pile de fichiers .md en clair, lisibles par n'importe qui ayant accès à ta machine ou à ton dossier de sync. Si tu veux le confort d'Obsidian avec un vrai chiffrement, tu as quatre grandes routes : bricoler des plugins de chiffrement par-dessus Obsidian (fragile), passer à une app cloud chiffrée de bout en bout comme Standard Notes (désormais chez Proton), choisir un knowledge base local-first chiffré comme Anytype, ou prendre une app pensée dès le départ pour chiffrer chaque fichier sur ton disque comme Filarr. Il n'y a pas de gagnant universel : il y a le bon choix selon que tu tiens surtout aux plugins, au graph, aux fichiers non-markdown, ou au fait que personne ne puisse lire ton coffre sans ta clé. Cet article déroule chaque option honnêtement, y compris là où Obsidian et les autres battent Filarr.
Pourquoi cette question revient en force en 2026
Il y a une phrase qui revient sans arrêt sur r/ObsidianMD, dans les threads Privacy Guides et dans les mails que je reçois depuis que je construis Filarr : "J'adore Obsidian, mais je viens de réaliser que mes notes ne sont pas chiffrées." Le moment de bascule est presque toujours le même. Quelqu'un range dans son coffre un mot de passe, un compte-rendu médical, les minutes d'une réunion sensible, un journal intime, les identifiants d'un serveur de prod. Puis il ouvre le dossier du coffre dans son explorateur de fichiers, double-clique sur un .md au hasard, et voit tout, en clair, dans le Bloc-notes de Windows. Aucun mot de passe. Aucune barrière. Le texte est juste là. Et là commence la recherche fébrile d'une alternative chiffrée.
Ce n'est pas un reproche technique à Obsidian, c'est un malentendu de design. Obsidian a été pensé comme un éditeur qui pose des fichiers texte bruts sur ton disque, exprès, pour que tu restes propriétaire d'un format ouvert et pérenne. C'est une force énorme pour la longévité de tes données, et une faiblesse béante pour leur confidentialité. Les deux découlent de la même décision. Pendant des années, la communauté a colmaté avec des plugins, et pour beaucoup d'usages ça suffisait. Mais en 2026, la donne a changé : on stocke de plus en plus de choses sensibles dans nos outils de notes, les fuites de données sont devenues une actualité mensuelle, et une nouvelle génération d'apps a fait du chiffrement un défaut plutôt qu'une option. La question n'est donc plus "est-ce que je peux chiffrer Obsidian ?" mais "est-ce que je continue à empiler des rustines, ou est-ce que je choisis un outil qui chiffre nativement ?".
Ce qui rend la comparaison délicate, c'est qu'on ne compare pas des produits interchangeables. Obsidian est un éditeur de connaissance orienté texte. Standard Notes est un carnet chiffré cloud-first. Anytype est une base de connaissance objet, local-first et chiffrée. Filarr, que je construis, est un workspace chiffré qui mélange notes, fichiers de tout type et un graph qui relie les deux. Choisir, ce n'est pas cocher qui a le plus de fonctions : c'est décider de ce à quoi tu tiens vraiment. Et c'est pour ça que ce guide ne va pas te vendre un vainqueur. Il va t'aider à cartographier honnêtement le terrain, plugin par plugin, app par app, menace par menace, prix par prix, pour que tu ressortes avec le bon choix pour ton cas à toi.
D'où viennent ces outils, et pourquoi leur histoire explique tout
Comprendre pourquoi Obsidian ne chiffre pas, c'est comprendre d'où il vient. Obsidian est né en 2020, porté par Shida Li et Erica Xu, les mêmes personnes derrière Dynalist. Leur pari, en pleine hype des "outils pour penser", était contrarian : au lieu d'une base de données propriétaire dans le cloud à la Roam Research, ils ont misé sur des fichiers markdown locaux, bruts, dans un dossier que tu contrôles. Le slogan implicite était "tes notes te survivront à l'app". Ce choix a fait d'Obsidian le chouchou des gens qui avaient été échaudés par des services fermés qui disparaissent. Mais ce même choix a gravé dans le marbre que le coffre est du texte en clair : chiffrer par défaut aurait trahi la promesse de fichiers ouverts et inspectables. Obsidian a ensuite ajouté un service payant, Obsidian Sync, qui lui est chiffré de bout en bout, et Obsidian Publish pour publier. Mais le coeur, le coffre sur ton disque, est resté en clair, et le restera probablement toujours, parce que c'est constitutif de son identité.
Standard Notes a suivi une trajectoire opposée. Lancé vers 2016 par Mo Bitar, il a fait du chiffrement de bout en bout non pas une fonctionnalité mais la fondation : dès la première ligne de code, l'idée était qu'un carnet de notes devait être illisible pour le serveur qui l'héberge. Standard Notes a bâti une réputation de rigueur, s'est fait auditer, a publié son protocole, et a rassemblé une base d'utilisateurs privacy-first estimée à plus de 300 000 personnes. En avril 2024, Proton, le groupe suisse derrière Proton Mail et Proton VPN, a racheté Standard Notes et l'a intégré à sa suite de produits chiffrés. Proton a promis que Standard Notes resterait open source, gratuit dans sa version de base, et pleinement supporté, et que les prix ne changeraient pas. Pour l'utilisateur, ça veut dire un socle chiffré très solide adossé désormais à un acteur européen crédible sur la vie privée, mais aussi une app qui reste, par nature, cloud-first et centrée sur le texte.
Anytype et Joplin racontent encore une autre histoire. Joplin, projet open source de Laurent Cozic lancé vers 2017, a toujours proposé un chiffrement de bout en bout optionnel, activable quand tu configures la sync, avec un moteur passé en AES-256-GCM et une dérivation de clé par PBKDF2. C'est l'option du bricoleur libriste : gratuite, transparente, un peu austère. Anytype, arrivé plus tard et sorti de bêta au tournant des années 2020, a poussé une vision plus ambitieuse : une base de connaissance faite d'objets typés, entièrement local-first, chiffrée de bout en bout, synchronisée via un réseau pair-à-pair chiffré plutôt que par un serveur central classique. Anytype a fait le choix d'une licence source-available maison (l'Any Source Available License 1.0, non validée OSI) pour ses apps, tout en publiant ses protocoles et bibliothèques de sync coeur sous licence MIT. Filarr, enfin, est le plus jeune de la bande, né en 2026, et c'est assumé : j'ai construit Filarr précisément à cause du malentendu décrit plus haut, pour offrir le confort d'un workspace de notes et de fichiers sans jamais poser un octet en clair sur le disque. Chaque outil porte donc sa naissance dans son ADN, et c'est cette histoire qui explique leurs forces et leurs angles morts bien mieux qu'un tableau de features.
La vraie fracture : chiffré par défaut, ou chiffrable après coup
Toute cette comparaison tient en une distinction que la plupart des articles ratent : la différence entre un outil chiffré par conception et un outil qu'on peut rendre chiffré. Ce n'est pas un détail de vocabulaire, c'est deux mondes. Dans un outil chiffré par conception, l'état par défaut de tes données au repos est illisible : il faut une clé, dérivée de ton mot de passe, pour transformer les octets en texte. L'oubli est du côté sûr : si tu ne fais rien, tes données restent protégées. Dans un outil chiffrable après coup, l'état par défaut est en clair, et c'est à toi de te souvenir, à chaque fois, de chiffrer la bonne note, le bon bloc, le bon fichier. L'oubli est du côté dangereux : la moindre inattention laisse une note sensible en clair pour toujours.
Déroulons un scénario concret, parce que c'est là que la différence devient palpable. Imagine que tu utilises Obsidian avec le plugin Meld Encrypt, un excellent plugin communautaire qui chiffre le contenu d'une note ou d'un bloc sélectionné en AES-256-GCM à partir d'un mot de passe. Tu prends l'habitude de chiffrer tes notes sensibles. Un mardi soir, pressé, tu jettes dans une note rapide les identifiants d'accès à ton NAS, tu enregistres, tu fermes le laptop. Tu oublies de chiffrer cette note-là. Elle reste en clair dans ton coffre. Trois mois plus tard, tu synchronises ce coffre via un dossier Dropbox partagé pour dépanner un projet, ou ton laptop part en réparation, ou un backup automatique remonte dans un cloud grand public. Cette note, elle, est lisible par quiconque met la main sur ces octets. Le plugin n'y peut rien : il ne chiffre que ce que tu lui désignes explicitement, note par note. Le trou de sécurité, ce n'est pas la crypto du plugin, qui est bonne, c'est le fait que la sécurité dépende de ta discipline parfaite, tous les jours, sans exception.
Maintenant le même scénario dans un outil chiffré par conception comme Filarr, Standard Notes ou Anytype. Tu jettes tes identifiants NAS dans une note, pressé, tu fermes le laptop. Cette note est chiffrée au repos comme toutes les autres, sans que tu aies eu à y penser, parce que c'est le comportement par défaut et pas une action volontaire. Le laptop part en réparation, le backup remonte dans un cloud, quelqu'un accède à ton dossier : ils trouvent des blobs illisibles. Tu n'as pris aucune décision consciente de sécurité ce soir-là, et c'est précisément pour ça que tu es protégé. Voilà la fracture de fond. Obsidian et ses plugins te donnent la possibilité du chiffrement ; les alternatives natives te donnent le chiffrement comme état par défaut. Pour une note de recette de cuisine, la différence est nulle. Pour ton coffre de vie, elle est totale. Et c'est cette fracture, plus que n'importe quelle feature, qui devrait guider ton choix.
À quoi chaque outil sert vraiment
Avant de plonger dans la crypto, il faut être clair sur ce que chaque outil sait faire de mieux, parce que le meilleur chiffrement du monde ne sert à rien si l'app ne fait pas le travail dont tu as besoin. Obsidian est, avant tout, un atelier de pensée textuelle. Sa raison d'être, c'est de te laisser écrire en markdown, lier tes notes entre elles par des doubles crochets, et voir émerger un réseau de connaissance que tu explores dans une vue en graph. Son écosystème de plus d'un millier de plugins communautaires en fait une pâte à modeler : gestion de tâches, tableurs, canvas, intégrations, thèmes, à peu près tout est possible si tu acceptes de bricoler. Si ton besoin central est d'écrire beaucoup, de relier des idées, et de tordre l'outil à ta main, rien n'égale Obsidian aujourd'hui, chiffrement ou pas.
Standard Notes vise un tout autre usage : le carnet chiffré de confiance, celui où tu ranges ce que tu ne mettrais nulle part ailleurs. Il est délibérément sobre, centré sur le texte, taillé pour la longévité et la tranquillité d'esprit plutôt que pour la bidouille. Tu n'y trouveras pas un graph ni un écosystème de plugins tentaculaire, mais tu y trouveras une app dont toute la promesse est "personne d'autre que toi ne lira ça, jamais", adossée maintenant à Proton. Joplin sert le libriste qui veut un Evernote ouvert, gratuit, synchronisable sur son propre backend, avec un chiffrement optionnel qu'il active en connaissance de cause. Anytype vise celui qui veut une base de connaissance structurée, faite d'objets et de relations plutôt que de simples fichiers, entièrement locale et chiffrée, avec une sync pair-à-pair. Cryptee, plus discret, sert le besoin de documents et de photos chiffrés dans une app web zero-knowledge basée en Estonie.
Filarr occupe une place que les autres laissent curieusement vide : le workspace où tes notes et tes vrais fichiers vivent ensemble, chiffrés. Là où Obsidian gère surtout du markdown et traite les pièces jointes comme des citoyens de seconde zone, Filarr est pensé pour que tu ranges dans le même coffre chiffré tes notes, tes PDF, tes images, tes archives, tes documents de travail, plus de 51 formats de fichiers pris en charge, et que tu les relies dans un graph unique. L'idée directrice n'est pas "un meilleur éditeur markdown", c'est "un endroit chiffré unique pour organiser ta vie numérique, notes et fichiers compris". Si ton besoin ressemble plus à "je veux un coffre-fort de travail où tout est protégé et relié" qu'à "je veux le meilleur atelier d'écriture liée", c'est cette différence de finalité qui compte, et elle passe avant toute discussion sur les algorithmes.
Le chiffrement en profondeur, et ce qu'il protège vraiment
Entrons dans le moteur, parce que "chiffré" est un mot que tout le monde emploie et que peu détaillent. Filarr chiffre chaque fichier individuellement en AES-256-GCM, avec un vecteur d'initialisation aléatoire de 12 octets par fichier, le format sur disque étant l'IV suivi du texte chiffré puis du tag d'authentification. Le point important est le modèle à deux niveaux de clés. Chaque coffre possède une clé de chiffrement de fichier, la FEK, une clé AES de 256 bits tirée au hasard qui sert à chiffrer le contenu. Cette FEK n'est jamais stockée en clair : elle est elle-même chiffrée, "wrappée", par une clé de chiffrement de clé, la KEK, dérivée de ton mot de passe par PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, ce qui correspond aux recommandations OWASP de 2024, avec Argon2id disponible en option pour ceux qui veulent une dérivation encore plus résistante au matériel dédié. L'avantage pratique de ce design est concret : quand tu changes de mot de passe, seule la FEK est ré-emballée avec une nouvelle KEK, aucun fichier n'a besoin d'être ré-chiffré, et chaque appareil qui connaît le mot de passe peut re-dériver la KEK et déballer la même FEK, ce qui rend le multi-appareils propre.
Comparons honnêtement les moteurs. Obsidian, sur le disque, n'a pas de moteur de chiffrement du tout : ton coffre est en clair. Son service Sync, lui, est chiffré de bout en bout pendant le transport et le stockage cloud, ce qui protège tes notes chez Obsidian, mais pas sur ta propre machine. Les plugins comblent le vide local avec de la bonne crypto (Meld Encrypt fait de l'AES-256-GCM par note ou par bloc, Syncian chiffre contenu et noms de fichiers en AES-256-GCM avec clé dérivée par PBKDF2), mais toujours de façon sélective et hors du coeur de l'app. Standard Notes fait du chiffrement de bout en bout zero-knowledge de tout le contenu, c'est sa raison d'être, et c'est probablement le plus éprouvé de la liste sur le plan des audits. Joplin fait de l'AES-256-GCM client-side avec dérivation PBKDF2, activé quand tu le décides. Anytype chiffre de bout en bout tous ses objets et les synchronise par un réseau chiffré. Cryptee fait du zero-knowledge en AES-256. Sur le papier, la plupart de ces apps utilisent des primitives comparables ; ce qui les distingue, c'est où et quand elles chiffrent, et surtout contre quelles menaces elles te protègent réellement.
Déroulons quatre modèles de menace, parce que c'est la seule façon sérieuse d'en parler. Premier cas, le serveur malveillant ou compromis : quelqu'un pirate le cloud qui héberge tes données. Ici, toutes les apps zero-knowledge (Standard Notes, Anytype, Cryptee, Filarr en sync, Obsidian Sync) te protègent, car le serveur ne détient que des blobs chiffrés opaques ; Obsidian en coffre local synchronisé via un Dropbox non chiffré, en revanche, expose tout. Deuxième cas, le laptop volé ou perdu, allumé mais session verrouillée, ou disque non chiffré : ici, seul le chiffrement au repos te sauve, et c'est là qu'Obsidian nu échoue complètement (coffre en clair sur le disque) tandis que Filarr, Standard Notes, Anytype et Cryptee gardent tes données illisibles sans le mot de passe. Troisième cas, le mot de passe faible : aucune app ne peut te sauver totalement d'un mot de passe "azerty123", mais la qualité de la dérivation de clé (les 600 000 itérations PBKDF2-SHA512 de Filarr, l'option Argon2id) fait la différence entre une attaque par force brute qui coûte des jours et une qui coûte des secondes. Quatrième cas, la réquisition légale ou la pression sur l'hébergeur : contre une injonction adressée au fournisseur de cloud, le zero-knowledge est ta meilleure défense, car l'hébergeur ne peut remettre que des blobs qu'il ne sait pas déchiffrer ; c'est vrai pour Standard Notes chez Proton comme pour la sync chiffrée de Filarr sur Cloudflare R2, où le stockage ne voit que des blobs opaques. Le point à retenir : il n'y a pas "le plus sécurisé" dans l'absolu, il y a l'app qui couvre le modèle de menace qui te concerne, toi.
Architecture de sync et multi-appareils, pour de vrai
La sync est l'endroit où les belles promesses de chiffrement rencontrent la réalité du réseau, et où les architectures divergent le plus. Obsidian propose deux mondes. Soit tu paies Obsidian Sync, un service chiffré de bout en bout où tes notes transitent et se stockent chiffrées chez Obsidian, avec historique de versions et résolution de conflits pensée pour le markdown, ce qui est propre et fiable. Soit tu synchronises ton coffre toi-même via un dossier Dropbox, iCloud, Syncthing ou Git, ce qui est gratuit mais te laisse gérer les conflits à la main et, surtout, expose ton coffre en clair au service de sync que tu emploies. C'est le paradoxe d'Obsidian : la sync officielle est chiffrée, mais la sync gratuite que beaucoup utilisent ne l'est pas, et c'est souvent par ce canal que des notes sensibles se retrouvent en clair dans un cloud grand public.
Standard Notes, Cryptee et l'essentiel des apps cloud-first font transiter des blobs chiffrés vers un serveur central : le multi-appareils est transparent, la résolution de conflits est gérée côté service, et si tu es hors ligne, tu travailles sur ta copie locale qui se resynchronise au retour du réseau. Anytype prend un chemin différent avec sa sync pair-à-pair chiffrée : tes appareils s'échangent des données chiffrées, éventuellement relayées par des noeuds, ce qui réduit la dépendance à un serveur central unique au prix d'une architecture plus complexe à raisonner. Chacune de ces approches a ses compromis : le serveur central est simple et robuste mais crée un point de dépendance, le pair-à-pair est élégant mais plus subtil à opérer et à déboguer.
Filarr assume clairement sa hiérarchie : le local d'abord, le cloud en option qui "ne fait que suivre". Concrètement, tout fonctionne à 100 % hors ligne, tes fichiers chiffrés vivent sur ton disque, et la sync cloud est une couche optionnelle par-dessus. Quand tu l'actives, ce sont des blobs chiffrés opaques qui partent vers Cloudflare R2 (le code de sync parle explicitement de zero-knowledge), et tu peux même choisir ton propre stockage compatible S3 en mode BYOS si tu veux garder la main sur l'hébergement. Le test décisif d'un design local-first est ce qui se passe le jour où le fournisseur tombe, augmente ses prix, ou disparaît. Avec une app cloud-first pure, une panne serveur te coupe l'accès et une résiliation te laisse récupérer un export, au mieux. Avec Filarr, la panne du cloud ne change rien à ton quotidien, parce que le cloud n'était qu'un miroir : tes fichiers chiffrés sont déjà sur ta machine, et tu continues à travailler comme si de rien n'était. C'est exactement la même philosophie de résilience qui a fait le succès d'Obsidian sur le terrain des fichiers en clair, transposée au monde chiffré.
Récupération et perte d'accès : le scénario qu'on n'ose pas imaginer
Le chiffrement fort a une contrepartie que personne n'aime regarder en face : si personne d'autre que toi ne peut lire tes données, alors personne ne peut te les rendre si tu perds ta clé. C'est le prix du zero-knowledge, et c'est là que les apps se jugent, parce qu'un chiffrement parfait doublé d'une récupération inexistante est une machine à perdre des années de travail. Filarr répond à ce problème par une phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39, le même principe que les portefeuilles de cryptomonnaies. Techniquement, la FEK est wrappée une seconde fois par une clé dérivée de cette phrase de récupération, en plus du wrapping par ton mot de passe. Traduit en clair : si tu oublies ton mot de passe, ta phrase de 24 mots te permet quand même de déballer la FEK et donc de retrouver l'accès à tous tes fichiers, sans qu'aucun serveur n'ait jamais eu besoin de connaître ta clé.
Déroulons les scénarios que tout le monde finit par vivre. Tu oublies ton mot de passe : avec Obsidian nu, il n'y a pas de mot de passe à oublier puisqu'il n'y a pas de chiffrement, mais si tu utilisais un plugin de chiffrement et que tu oublies le mot de passe d'une note, cette note est perdue, point, le plugin ne peut rien. Avec Standard Notes, la perte du mot de passe sans clé de récupération signifie la perte des données, comme dans tout système zero-knowledge honnête. Avec Filarr, la phrase de 24 mots est ton filet : tu la notes sur papier le jour de la création du coffre, tu la ranges dans un endroit sûr, et elle te sauve le jour où ta mémoire flanche. Deuxième scénario, tu perds ta phrase de récupération et ton mot de passe en même temps : là, aucune app zero-knowledge au monde ne peut t'aider, et c'est le signe que c'est du vrai zero-knowledge et pas du marketing, parce qu'une app capable de te "réinitialiser" tes données pourrait aussi les lire. Troisième scénario, plus sombre, ton décès et l'accès de tes proches : c'est un vrai sujet pour un coffre chiffré, et la bonne pratique commune à toutes ces apps est de confier ta phrase de récupération à un testament numérique ou à une personne de confiance, parce que la technologie ne fera pas ce travail humain à ta place. La leçon transversale est simple : avec ces outils, la sécurité de tes données égale la sécurité de ta phrase de récupération, et le vrai travail n'est pas cryptographique, il est de ranger 24 mots dans un lieu que toi seul retrouveras et que personne d'autre ne pillera.
Le tableau, encadré de nuance
Un tableau ne remplace pas l'analyse, mais il aide à fixer les idées, à condition de le lire avec les paragraphes qui l'entourent plutôt que comme un verdict. Voici, ligne par ligne, ce qui distingue vraiment ces outils sur les axes qui comptent pour un coffre chiffré.
| Critère | Obsidian (+ plugins) | Standard Notes | Anytype | Joplin | Filarr |
|---|---|---|---|---|---|
| Chiffrement local au repos | Non par défaut, via plugins sélectifs | Oui, natif | Oui, natif | Optionnel | Oui, natif par fichier |
| Cipher | AES-256-GCM (plugins) | AES-256-GCM | E2E natif | AES-256-GCM | AES-256-GCM par fichier |
| Dérivation de clé | Selon plugin | Éprouvée, auditée | E2E | PBKDF2 | PBKDF2-SHA512 600k, Argon2id en option |
| Fichiers non-markdown | Pièces jointes secondaires | Non | Objets/médias | Pièces jointes | Oui, 51+ formats, citoyens de 1re classe |
| Graph view | Oui, excellent | Non | Relations d'objets | Non | Oui |
| Sync | Sync E2E payant ou dossier en clair | Cloud E2E | P2P chiffré | Cloud/self, E2E opt. | Local-first, cloud E2E optionnel, BYOS S3 |
| Récupération | Selon plugin | Clé de récupération | Phrase | Master key | Phrase 24 mots BIP-39 |
| Écosystème/plugins | Immense (1000+) | Restreint | En croissance | Modéré | Jeune (2026) |
| Licence | Client propriétaire | Open source | Source-available + MIT coeur | Open source | Client BSL 1.1, site AGPL |
| Prix sync | 4 $/mois (annuel) | ~90 $/an | ~99 $/an | Gratuit/self | Gratuit local, dès 4 €/mois |
Ce qu'il faut lire entre les lignes de ce tableau, c'est qu'aucune colonne ne coche tout, et que c'est normal. Obsidian domine sur le graph et l'écosystème, deux cases où Filarr est plus jeune et Standard Notes carrément absent. Standard Notes domine sur la maturité et l'audit du chiffrement, adossé à Proton. Filarr domine sur le fait de traiter les fichiers de tout type comme des citoyens de première classe et sur le local-first chiffré combiné à un choix d'hébergement. Un tableau où une seule colonne gagnerait partout devrait te rendre méfiant : ce serait le signe d'un comparatif biaisé, pas d'un outil miracle. La suite de l'article existe précisément pour habiter ces cases de nuance.
Là où Obsidian et les autres gagnent vraiment
Soyons radicalement honnêtes, parce que c'est la seule façon de te rendre service. Sur l'écosystème et l'extensibilité, Obsidian écrase tout le monde, Filarr compris, et ce n'est même pas discutable. Plus d'un millier de plugins communautaires, des thèmes par centaines, une API mûre, une communauté immense qui produit des tutoriels, des templates et des workflows pour à peu près n'importe quel besoin imaginable : si ton usage repose sur une intégration précise, un plugin de gestion de tâches sophistiqué, un canvas, une automatisation exotique, il y a de fortes chances qu'Obsidian l'ait déjà et que Filarr, né en 2026, ne l'ait pas encore. Un écosystème ne se décrète pas, il se construit sur des années, et sur ce terrain Obsidian a une avance qu'aucune app plus jeune ne peut prétendre avoir rattrapée. Si tu es un power user qui a passé des mois à sculpter son coffre à coups de plugins, quitter Obsidian, c'est abandonner un atelier sur mesure, et aucun chiffrement ne compensera cette perte du jour au lendemain.
Sur la maturité du graph et de l'expérience d'écriture liée, Obsidian garde aussi une longueur d'avance. Sa vue en graph est belle, réactive et raffinée par des années d'itération, l'édition markdown est fluide, les backlinks et les liens non résolus sont gérés avec une finesse que peu d'outils atteignent. Filarr a un graph, et il relie notes et fichiers, ce qu'Obsidian ne fait pas au même degré, mais sur la pure expérience de pensée textuelle en réseau, un vétéran d'Obsidian sentira la différence de polish. C'est le genre de maturité qui ne se code pas en un an.
Standard Notes, de son côté, gagne sur la crédibilité cryptographique éprouvée. Presque dix ans d'existence, des audits, un protocole public, une base d'utilisateurs de plus de 300 000 personnes, et désormais l'adossement à Proton, un acteur suisse dont toute la marque repose sur la vie privée : c'est un pedigree de confiance que Filarr, honnêtement, n'a pas encore, parce que la confiance se gagne dans la durée et sous le regard d'auditeurs externes. Anytype gagne sur la richesse structurelle, avec son modèle d'objets typés et de relations qui va bien au-delà de simples notes liées, et sur sa sync pair-à-pair sans serveur central obligatoire. Joplin gagne sur la simplicité libriste et la gratuité totale en self-hosting. Filarr est plus jeune que tous, avec un mobile encore en cours de développement là où plusieurs concurrents ont des apps mobiles mûres, une communauté naissante, et moins de recul. Prétendre le contraire serait malhonnête, et un comparatif qui cacherait ces faiblesses ne mériterait pas ta confiance.
Là où Filarr gagne vraiment
Maintenant que j'ai reconnu les forces des autres, laisse-moi défendre honnêtement le terrain où Filarr apporte quelque chose que les autres n'ont pas. Le premier, c'est le chiffrement natif par fichier comme état par défaut, sans discipline requise. Là où Obsidian t'oblige à chiffrer note par note avec un plugin, et où tu paies la moindre distraction d'une note en clair pour toujours, Filarr chiffre chaque fichier en AES-256-GCM avec sa propre clé isolée, dès l'écriture, sans que tu aies à y penser. Tu ne peux pas oublier de chiffrer, parce qu'il n'y a rien à activer : c'est le comportement de base. Pour un coffre qui contient ta vie, cette inversion du défaut n'est pas un détail de confort, c'est la différence entre un système sûr par construction et un système sûr seulement si tu es parfait tous les jours, ce que personne n'est.
Le deuxième terrain, c'est l'union des notes et des vrais fichiers dans un seul coffre chiffré. Obsidian est un éditeur de markdown qui tolère des pièces jointes ; Standard Notes est un carnet de texte ; la plupart des alternatives chiffrées pensent "notes" et rangent les fichiers dans un coin. Filarr est pensé à l'envers : notes et fichiers de plus de 51 formats vivent côte à côte, tous chiffrés, tous reliables dans le même graph. Si ta vie numérique, c'est autant des PDF, des images, des archives et des documents de travail que des notes, avoir un seul endroit chiffré où tout cohabite et se relie change concrètement ta façon de t'organiser, bien plus qu'un algorithme de chiffrement sur une slide. C'est l'usage quotidien qui gagne ici, et le chiffrement qui rassure derrière.
Le troisième terrain, c'est le local-first honnête couplé à la liberté d'hébergement. Filarr est gratuit pour toujours en local, fonctionne à 100 % hors ligne, et te laisse choisir entre ne rien synchroniser du tout, utiliser la sync cloud chiffrée dès 4 euros par mois, ou brancher ton propre bucket compatible S3 en BYOS. Tu n'es prisonnier de personne : ni d'un serveur qui, en tombant, te couperait l'accès, ni d'un fournisseur unique. Le quatrième terrain, plus subtil, c'est le modèle de clés à deux niveaux qui rend le changement de mot de passe et le multi-appareils propres, sans ré-chiffrer tes fichiers, et la double sécurité mot de passe plus phrase de récupération BIP-39 de 24 mots qui te donne un vrai filet sans jamais confier ta clé à quiconque. Aucune de ces forces ne rend Filarr "meilleur" dans l'absolu : elles le rendent meilleur pour un profil précis, celui qui veut un workspace chiffré de notes et de fichiers, local d'abord, sans avoir à devenir l'administrateur sécurité de sa propre vie.
Migrer depuis Obsidian, concrètement
Parlons de la friction réelle, parce que changer d'outil de notes n'est jamais gratuit et que te vendre une migration indolore serait mentir. La bonne nouvelle avec Obsidian, c'est que ton coffre est déjà du markdown en fichiers ouverts, donc tes données ne sont enfermées nulle part : tu peux les emporter. Migrer vers Filarr, c'est importer ces fichiers markdown dans un workspace chiffré, où ils seront désormais chiffrés au repos, et où tu pourras leur adjoindre tes autres fichiers dans le même coffre. Le contenu texte passe bien, parce que le markdown est un format commun. La partie qui frotte, c'est tout ce qui est spécifique à Obsidian : les syntaxes de plugins, les requêtes Dataview, les templates dynamiques, les configurations de canvas, qui n'ont pas d'équivalent un-pour-un ailleurs. Ces éléments-là, tu devras les repenser, pas juste les copier.
La friction dépend donc entièrement de ton profil. Si ton coffre Obsidian est surtout du texte et des liens, la migration est raisonnable et tu gagnes le chiffrement natif plus la cohabitation avec tes fichiers. Si ton coffre est un édifice de plugins imbriqués, une machine Dataview qui génère des dashboards, tu vas perdre cette mécanique, et il faut le savoir avant de te lancer, parce que la reconstruire ailleurs coûte du temps. Mon conseil honnête, en tant que personne qui a construit l'outil de destination, est de ne pas migrer d'un bloc : commence par déplacer dans Filarr le sous-ensemble sensible de ton coffre, celui pour lequel le chiffrement compte vraiment (les notes financières, médicales, professionnelles confidentielles, les identifiants), et garde Obsidian pour la partie purement textuelle et outillée si tu y tiens. Beaucoup de gens vivent très bien avec deux outils : Obsidian pour l'atelier de pensée public ou peu sensible, une app chiffrée pour le coffre-fort. Ce n'est pas un échec de la migration, c'est souvent la configuration la plus lucide, et elle t'évite de tout casser d'un coup.
Dans l'autre sens, migrer depuis Standard Notes ou une app cloud vers Filarr passe par un export, puis un import, et là encore le texte voyage bien tandis que les métadonnées propres à chaque app se perdent partiellement. La règle universelle des migrations d'outils de notes est qu'on récupère toujours le contenu et rarement la mise en scène, et qu'il vaut mieux profiter du déménagement pour faire le tri que pour reproduire à l'identique un système qu'on a de toute façon envie de simplifier.
Le prix décortiqué, en euros réels
Les grilles tarifaires cachent souvent le coût réel, alors calculons pour trois profils concrets plutôt que de te lister des chiffres hors sol. Premier profil, l'utilisateur solo qui veut juste ses notes chiffrées sur ses appareils, sans budget. Avec Obsidian, l'app est gratuite, mais dès que tu veux synchroniser proprement et de façon chiffrée entre ton laptop et ton téléphone, il te faut Obsidian Sync à 4 dollars par mois en facturation annuelle, soit autour de 48 dollars par an, et si tu te contentes de la sync gratuite par Dropbox tu perds le chiffrement en transit et au repos côté cloud. Avec Filarr, l'usage local est gratuit pour toujours et déjà chiffré, et la sync cloud chiffrée démarre à 4 euros par mois si tu la veux ; si tu restes local, tu paies zéro tout en étant chiffré, ce qu'Obsidian ne t'offre pas sans plugin. Sur ce profil, le coût annuel de la confidentialité de base est de 0 euro avec Filarr en local contre environ 48 dollars avec Obsidian Sync.
Deuxième profil, l'utilisateur privacy-first qui veut un carnet chiffré éprouvé et paie pour la tranquillité. Standard Notes coûte environ 90 dollars par an pour son tier Productivity et 120 dollars pour le Professional, ce qui te donne un chiffrement de bout en bout mûr, des thèmes, l'historique, mais pas de graph, pas de fichiers non-markdown, pas de local-first au sens fort. Anytype propose un tier gratuit avec 1 Go de stockage de sync et un plan Builder à 99 dollars par an pour 128 Go. Filarr, sur ce même besoin, te reviendrait à 48 euros par an pour la sync chiffrée, soit moins cher que Standard Notes Productivity ou Anytype Builder, avec en prime les fichiers et le graph, mais avec un écosystème plus jeune et un mobile encore en route, ce qui est le compromis à peser. Le calcul n'est donc pas seulement "combien", c'est "combien pour quoi".
Troisième profil, l'utilisateur maximaliste qui veut tout d'Obsidian : Sync à 4 dollars par mois et Publish à 10 dollars par mois pour partager publiquement des notes, soit environ 168 dollars par an, plus le temps passé à configurer un plugin de chiffrement gratuit pour combler le trou local. Le coût caché, ici, n'est pas monétaire, c'est le temps de maintenance et le risque de la rustine qui casse à une mise à jour. Filarr n'a pas d'offre de publication publique équivalente à Obsidian Publish, c'est une case qu'il ne coche pas, et si publier des notes en ligne fait partie de ton usage, c'est un vrai argument pour rester chez Obsidian. La conclusion tarifaire honnête est que Filarr est très compétitif, souvent moins cher, pour qui veut un coffre chiffré de notes et de fichiers, mais qu'il ne remplace pas les fonctions de publication ni la profondeur d'écosystème que certains paient chez Obsidian.
Open source et licence : ce que ça change pour toi
Le mot "open source" est agité comme un drapeau, alors précisons ce qu'il implique concrètement dans ce paysage, parce que les licences ne sont pas décoratives, elles décident de ce que tu peux vérifier et de ce dont tu dépends. Obsidian est, sur son client, un logiciel propriétaire : tu ne peux pas auditer son code, même si sa promesse de fichiers locaux ouverts te garantit au moins de ne jamais être prisonnier de ton format de données. Standard Notes est open source de bout en bout, ce qui permet à des tiers d'auditer sa cryptographie, un atout majeur pour une app dont toute la valeur est la confiance. Joplin est open source également. Anytype a fait un choix intermédiaire assumé : ses apps sont sous une licence source-available maison, l'Any Source Available License 1.0, qui n'est pas validée OSI et impose des restrictions, tandis que ses protocoles et bibliothèques de sync coeur sont publiés sous licence MIT, ce qui rend le mécanisme de chiffrement inspectable même si l'app entière ne l'est pas au sens strict de l'open source.
Filarr, côté client desktop, est open source sous licence BSL 1.1, la Business Source License, un modèle qui rend le code lisible et auditable dès aujourd'hui tout en réservant certains usages commerciaux pendant une période avant de basculer vers une licence plus permissive. Il faut distinguer clairement, et c'est un point que je tiens à ne pas embrouiller, la licence du client (BSL 1.1) de celle du site web filarr.com, qui est lui sous AGPL-3.0 : ce sont deux dépôts et deux licences différentes, et confondre les deux serait une erreur factuelle. Ce que la BSL 1.1 te donne concrètement, c'est la possibilité d'ouvrir le code, de vérifier que le chiffrement fait bien ce qu'on prétend, de comprendre le format sur disque, et de ne pas dépendre d'une boîte noire pour la sécurité de ta vie numérique, ce qui est précisément l'esprit dans lequel Filarr a été conçu. Pour l'utilisateur, la leçon pratique est que l'open source ne se résume pas à un badge : ce qui compte, c'est de pouvoir auditer la partie qui manipule tes clés, et sur ce point Standard Notes, Anytype et Filarr te donnent tous, à des degrés divers, de quoi regarder sous le capot, là où Obsidian te demande de lui faire confiance sur parole.
Quatre profils, quatre bons choix
Si tu es un power user d'Obsidian qui a bâti un atelier de plugins et vit dans son graph, mais que tu réalises qu'une poignée de tes notes sont trop sensibles pour rester en clair, ne quitte pas Obsidian, dédouble-toi : garde ton coffre Obsidian pour la pensée outillée, et prends une app chiffrée pour le coffre-fort sensible. Filarr est un bon candidat pour ce second rôle parce qu'il chiffre nativement et accueille tes fichiers en plus des notes, mais l'honnêteté commande de dire que tu ne remplaceras pas ton écosystème de plugins, et que c'est très bien de vivre avec deux outils.
Si tu es un utilisateur privacy-first pur, pour qui la confidentialité passe avant les fonctions et qui veut le socle cryptographique le plus éprouvé possible, Standard Notes chez Proton est probablement ton choix le plus sage aujourd'hui : dix ans de recul, des audits, une marque suisse dédiée à la vie privée. Tu sacrifieras le graph, les fichiers non-markdown et le local-first au sens fort, mais tu gagnes une confiance mûre. Filarr te tend les bras si, en plus de la confidentialité, tu veux des fichiers, un graph et le local-first, et si tu acceptes un projet plus jeune en échange.
Si tu es quelqu'un dont la vie numérique déborde du texte, qui jongle avec des PDF, des images, des documents de travail autant qu'avec des notes, et qui veut tout ça chiffré et relié dans un seul endroit local-first, c'est exactement le profil pour lequel j'ai construit Filarr, et c'est là qu'il brille le plus nettement face à Obsidian, qui traite les fichiers comme des pièces jointes de seconde zone, et face à Standard Notes, qui ne gère pas les fichiers. Enfin, si tu es un libriste self-hoster qui veut du gratuit, du transparent et de la maîtrise totale de son serveur, Joplin en self-hosting avec chiffrement de bout en bout activé, ou Anytype avec sa sync pair-à-pair, méritent ton attention autant que Filarr en mode BYOS ; le départage se fera sur le fait que tu veuilles avant tout un carnet (Joplin), une base d'objets structurés (Anytype), ou un workspace chiffré notes plus fichiers (Filarr).
Conclusion : choisis par ton usage, pas par l'algorithme
Si tu ne devais retenir qu'une chose de ces milliers de mots, ce serait celle-ci : ne choisis pas ton coffre chiffré sur la marque de l'algorithme, parce que presque tous emploient de l'AES-256-GCM et une dérivation solide, choisis-le sur ce qu'il te laisse faire au quotidien et sur le modèle de menace qui te concerne vraiment. Obsidian reste le roi incontesté de l'atelier de pensée textuelle et de l'écosystème, et si le chiffrement de ton coffre entier n'est pas ta priorité absolue, il n'y a aucune honte à y rester, éventuellement épaulé d'un plugin pour tes rares notes sensibles. Standard Notes est le carnet chiffré de confiance par excellence, à choisir si la maturité cryptographique prime sur tout le reste. Anytype et Joplin servent admirablement les profils structure-first et libriste self-hosté.
Filarr, lui, existe pour une question précise que les autres laissent mal traitée : où est-ce que je range, chiffré par défaut, dans un seul endroit local-first, à la fois mes notes et mes vrais fichiers, sans devenir l'administrateur sécurité de ma propre vie ? Si c'est ta question, alors le chiffrement natif par fichier, l'union des notes et des fichiers dans un graph unique, le local-first honnête avec cloud optionnel et BYOS, la double sécurité mot de passe plus phrase de 24 mots, et un prix qui démarre gratuit en local, sont des réponses concrètes. Ce ne sont pas des arguments de sécurité abstraits, ce sont des gains sur ta journée : retrouver tout au même endroit, ranger sans réfléchir à quoi chiffrer, dormir tranquille si ton laptop disparaît. Le chiffrement rassure ; c'est l'usage qui convertit. Choisis l'outil dont l'usage colle à ta vie, et laisse la cryptographie faire son travail en silence derrière.
FAQ
Est-ce qu'Obsidian chiffre mes notes ? Pas par défaut sur ton disque : ton coffre est une pile de fichiers markdown en clair, lisibles par n'importe qui ayant accès à ta machine ou à ton dossier de synchronisation. Le service payant Obsidian Sync, lui, chiffre tes notes de bout en bout pendant le transport et le stockage cloud, mais cela ne protège pas la copie locale. Pour chiffrer le coffre lui-même, il faut passer par des plugins communautaires qui chiffrent note par note, ou par une app chiffrée nativement.
Les plugins de chiffrement d'Obsidian suffisent-ils ? Ils font de la bonne cryptographie (Meld Encrypt utilise de l'AES-256-GCM par note ou par bloc), mais ils chiffrent de façon sélective, ce que tu leur désignes explicitement, ce qui laisse la porte ouverte à l'oubli : une note sensible que tu négliges de chiffrer reste en clair pour toujours. Ils dépendent aussi de la maintenance de développeurs bénévoles et peuvent casser lors d'une mise à jour. Pour un besoin de confidentialité sérieux, un chiffrement natif par défaut est plus sûr qu'une rustine sélective.
Quelle est la meilleure alternative chiffrée à Obsidian en 2026 ? Il n'y a pas de réponse unique. Standard Notes, désormais chez Proton, est le plus éprouvé pour un carnet chiffré pur. Anytype excelle en base de connaissance structurée local-first. Joplin est le choix libriste gratuit. Filarr vise ceux qui veulent notes et fichiers de tout type chiffrés et reliés dans un seul workspace local-first. Le meilleur choix dépend de ce à quoi tu tiens : graph et plugins, maturité crypto, structure d'objets, ou union notes-fichiers chiffrée.
Comment Filarr chiffre-t-il mes données ? Chaque fichier est chiffré individuellement en AES-256-GCM avec un vecteur d'initialisation aléatoire par fichier. Une clé de chiffrement de fichier aléatoire de 256 bits est elle-même protégée par une clé dérivée de ton mot de passe via PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, avec Argon2id disponible en option. Rien n'est stocké en clair, et le cloud, si tu l'actives, ne reçoit que des blobs chiffrés opaques.
Que se passe-t-il si j'oublie mon mot de passe Filarr ? Une phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39 te permet de retrouver l'accès à tous tes fichiers, car ta clé de fichier est aussi protégée par une clé dérivée de cette phrase. Tu dois la noter et la ranger en lieu sûr le jour de la création de ton coffre. Si tu perds à la fois ton mot de passe et ta phrase, personne ne pourra récupérer tes données, ce qui est la contrepartie assumée d'un vrai chiffrement zero-knowledge.
Filarr fonctionne-t-il sans connexion internet ? Oui, entièrement. Filarr est local-first : tes fichiers chiffrés vivent sur ton disque et l'app fonctionne à 100 % hors ligne. La synchronisation cloud est une couche optionnelle qui "ne fait que suivre", disponible dès 4 euros par mois vers un stockage Cloudflare R2 en blobs chiffrés, ou vers ton propre bucket compatible S3 en mode BYOS. Une panne ou une résiliation du cloud ne te coupe jamais l'accès à tes données locales.
Filarr est-il open source ? Le client desktop est open source sous licence BSL 1.1, ce qui rend son code lisible et auditable, notamment la partie qui manipule tes clés. Attention à ne pas confondre : le site web filarr.com est un dépôt distinct sous licence AGPL-3.0. La BSL réserve certains usages commerciaux pendant une période avant de basculer vers une licence plus permissive, tout en te laissant vérifier dès aujourd'hui que le chiffrement fait ce qu'il prétend.
Filarr peut-il remplacer complètement Obsidian ? Pas pour tout le monde. Si tu dépends d'un écosystème de plugins riche, de Dataview, de canvas ou de la publication via Obsidian Publish, Obsidian garde une avance que Filarr, né en 2026, n'a pas rattrapée, et son mobile est encore en cours de développement. Beaucoup d'utilisateurs choisissent de faire cohabiter les deux : Obsidian pour l'atelier de pensée outillé, Filarr pour le coffre-fort chiffré de notes et de fichiers sensibles.