Alternatives chiffrées à Evernote en 2026 : le guide complet pour reprendre le contrôle de tes notes et de tes fichiers
Evernote ne chiffre pas vos notes de bout en bout et garde les cles cote serveur. Comparatif honnete 2026 des alternatives chiffrees : Standard Notes, Notesnook, Joplin, Proton, Filarr.
Mathis Belouar-Pruvot
Réponse rapide. Evernote ne chiffre pas tes notes de bout en bout. Tout ton contenu vit en clair sur Google Cloud, sous le contrôle de Bending Spoons (la société italienne qui a racheté Evernote fin 2022), et n'est protégé que par le chiffrement au repos de Google, auquel le service détient les clés. La seule vraie option de chiffrement d'Evernote reste un bricolage vieux de dix ans : sélectionner du texte à la souris pour le chiffrer en AES-128, sans pouvoir toucher aux pièces jointes ni au reste de la note. Si tu cherches une alternative chiffrée en 2026, les vrais candidats sont Standard Notes, Notesnook, Joplin, Proton et Filarr. Filarr se distingue en chiffrant chaque note ET chaque fichier en AES-256-GCM directement sur ton disque, avec une sync cloud optionnelle où le serveur ne voit que des blobs opaques. Gratuit pour toujours en local, sync à partir de 4 euros par mois.
Pourquoi cette comparaison compte maintenant
Il y a une scène qui se rejoue dans des milliers de têtes en ce moment. Quelqu'un ouvre Evernote pour la première fois depuis des mois, retrouve son vieux carnet de recettes, ses factures scannées, ses notes de réunion vieilles de dix ans, et se rend compte de deux choses en même temps. La première, c'est que toute sa vie documentaire est là, patiemment accumulée depuis 2011. La deuxième, c'est qu'il n'a plus aucune idée de qui contrôle réellement ces données, ni de ce que ça vaut de les laisser là. Entre le rachat par Bending Spoons, les vagues de licenciements, la restructuration brutale du plan gratuit et les hausses de prix successives, Evernote de 2026 n'a plus grand-chose à voir avec l'éléphant vert qui promettait de se souvenir de tout à ta place.
Je construis Filarr, un workspace chiffré et local-first, et je vais être honnête sur mon biais dès la première ligne : j'ai une opinion, et elle penche. Mais un comparatif qui fait cocher toutes les cases à mon produit et aucune au concurrent, c'est un comparatif qu'on referme sans le croire. Donc je vais faire l'inverse. Je vais te montrer précisément où Evernote reste supérieur, parce qu'il l'est sur plusieurs points qui comptent vraiment, et je vais te montrer où il te trahit sur le plan de la confidentialité, parce que c'est le sujet de cet article. L'idée n'est pas de te convaincre de fuir Evernote en courant. L'idée est de te donner de quoi décider en connaissance de cause, selon ton usage réel et pas selon un argumentaire marketing.
La vraie tension, en 2026, ne se joue plus sur la fonctionnalité. Evernote sait capturer une page web, numériser un reçu, reconnaître du texte dans une image, retrouver une note dans une mer de milliers d'autres. Ça, il l'a toujours su faire, et souvent mieux que la concurrence. La tension se joue sur la question que presque personne ne posait il y a dix ans et que tout le monde pose aujourd'hui : qui peut lire mes données quand je ne regarde pas ? Un employé du service ? Un pirate qui casse le serveur ? Un gouvernement qui envoie une réquisition ? Une IA qu'on entraîne sur ton contenu pour améliorer les fonctions AI du produit ? Evernote et Filarr répondent à cette question de deux manières diamétralement opposées, et c'est tout l'objet de ce qui suit.
Je vais aussi élargir au-delà du duel, parce qu'il serait malhonnête de te dire que Filarr est la seule alternative chiffrée sérieuse à Evernote. Standard Notes, Notesnook, Joplin, Proton Drive et quelques autres jouent chacun leur partition, et selon ton profil, l'un d'eux te conviendra mieux que le mien. Je les mentionnerai honnêtement au fil du texte. Mais le fil conducteur reste la comparaison de fond entre le modèle Evernote (cloud-first, clés côté serveur, chiffrement optionnel et anecdotique) et le modèle que défend Filarr (local-first, clés chez toi, chiffrement par défaut sur chaque octet).
L'histoire des deux produits, parce qu'elle explique tout
Evernote naît en 2008, porté par Stepan Pachikov puis par Phil Libin, avec une promesse qui a marqué toute une génération d'utilisateurs : ton second cerveau, une mémoire externe où tu balances tout et où tu retrouves n'importe quoi. Pendant des années, c'était l'application de productivité par excellence, valorisée à un milliard de dollars en 2012, adorée par les early adopters, installée par défaut sur les téléphones de la moitié des knowledge workers de la planète. Puis vient la longue traversée du désert. Le produit stagne, l'appli devient lente et lourde, les hausses de prix agacent, les fonctions phares vieillissent sans être remplacées. En 2018 arrive Ian Small pour tenter de sauver le navire, une réécriture complète est lancée, et elle se traîne pendant des années au prix d'une expérience utilisateur souvent frustrante.
Le vrai tournant, celui qui change la nature même du produit, arrive fin 2022. Bending Spoons, une société technologique italienne basée à Milan, annonce le rachat d'Evernote en novembre 2022 et boucle l'opération début 2023. Bending Spoons n'est pas un éditeur de logiciel de productivité au sens classique : c'est une machine à racheter des applications grand public matures, à optimiser leurs coûts, et à en extraire de la valeur. Le playbook s'applique aussitôt. Dès février 2023, une première vague supprime 129 postes. En juillet 2023, l'entreprise annonce aux équipes du Chili et des États-Unis que la quasi-totalité d'entre elles est licenciée (98 personnes touchées rien que sur cette vague de juillet), et déplace le centre de gravité de l'opération vers l'Europe. En clair, l'Evernote que tu utilises aujourd'hui est développé et opéré par une équipe européenne réduite, intégrée dans le portefeuille de Bending Spoons, avec une logique de rentabilité assumée.
Cette histoire n'est pas un ragot de couloir, c'est le contexte indispensable pour comprendre les décisions produit qui ont suivi. En décembre 2023, Evernote plafonne son plan gratuit à cinquante notes et un seul carnet, ce qui, pour un produit conçu autour de l'accumulation illimitée, revient à retourner sa promesse fondatrice. En 2024 et 2025, les limites bougent encore, les prix montent, et en novembre 2025 les plans historiques Personal et Professional disparaissent au profit de deux nouveaux paliers, Starter et Advanced, avec des quotas de notes, de carnets et de stockage, et des tarifs sensiblement plus élevés. Le message envoyé aux utilisateurs est clair : Evernote n'est plus un service qui veut ta fidélité par la générosité, c'est un actif qu'on rentabilise.
Filarr, à côté, n'a évidemment pas cette histoire longue. Je l'ai construit récemment, précisément parce que rien de ce qui existait ne faisait ce que je voulais : une seule application pour mes fichiers, mes notes et le graphe qui relie les deux, chiffrée par défaut, sans cloud obligatoire, sans compte requis pour démarrer. Le desktop est en Electron et React, disponible sur Windows, macOS et Linux, le mobile est en cours de finalisation, et le client est publié en open source sous licence Business Source License 1.1. C'est un produit jeune, avec un écosystème jeune, et je le dis franchement dès maintenant parce que ça compte dans le choix. Là où Evernote traîne quinze ans d'inertie et de fonctionnalités, Filarr traîne quinze ans de moins d'écosystème. J'ai raconté toute la genèse dans le récit de pourquoi j'ai construit Filarr, si le fond de la motivation t'intéresse.
Ce contraste d'histoires n'est pas anecdotique. Evernote est un produit de l'ère cloud-first, conçu à une époque où mettre toutes ses données sur le serveur de quelqu'un d'autre était considéré comme un progrès net et où le chiffrement de bout en bout relevait de la paranoïa. Filarr est un produit de l'ère post-Snowden, post-fuites massives, post-prise de conscience, où le défaut sain est devenu l'inverse : garder ses données chez soi et ne remettre au cloud que ce qu'on a soi-même rendu illisible. Les deux produits sont cohérents avec l'époque qui les a fait naître. Le problème d'Evernote, c'est que l'époque a changé sous ses pieds.
La fracture philosophique : cloud-first contre local-first
Tout le reste de cette comparaison découle d'une seule décision architecturale, prise très en amont, dans chacun des deux produits. Evernote est cloud-first : la source de vérité de tes données, c'est le serveur. Ton application n'est qu'une fenêtre, un cache local qui affiche ce que le serveur veut bien lui montrer, et qui remonte tes modifications au serveur pour qu'elles deviennent réelles. Le service est, selon sa propre documentation, entièrement hébergé sur Google Cloud Platform, et tes notes y sont stockées protégées par le chiffrement au repos intégré de Google. Retiens bien cette formulation, parce que tout est dedans : chiffrement au repos, clés détenues par le service. Ça veut dire que le contenu est chiffré sur le disque du datacenter, mais qu'Evernote (et donc Bending Spoons, et donc quiconque obtient un accès légitime ou illégitime au système) possède les clés pour le déchiffrer. Tes notes sont lisibles côté serveur. C'est un fait technique, pas une opinion.
Filarr est local-first, et ça veut dire l'exact opposé. La source de vérité, c'est ton disque. Tes notes et tes fichiers vivent chiffrés localement, sur ta machine, et l'application fonctionne à 100 pour cent hors connexion, sans compte, sans serveur. Le cloud, chez Filarr, ne fait que suivre : la synchronisation est optionnelle, et quand tu l'actives, ce qui part vers le serveur n'est pas ton contenu mais des blobs chiffrés opaques que le serveur ne peut pas lire. Si tu veux le socle conceptuel complet de cette approche, j'ai écrit un article dédié sur ce qu'est réellement le local-first et ses sept propriétés, avec la raison précise pour laquelle Notion et Evernote n'en font pas partie. La différence n'est pas cosmétique. Elle détermine qui peut lire tes données, ce qui se passe quand tu es hors ligne, et ce qu'il reste de ton travail le jour où le serveur disparaît.
Déroulons un scénario concret pour rendre ça palpable. Imagine que tu prépares un dossier sensible : disons une négociation professionnelle, avec des notes stratégiques, des chiffres, des scans de contrats, des correspondances. Sur Evernote, chaque note que tu écris, chaque PDF que tu joins, chaque photo que tu importes est transmise au serveur, déchiffrable côté Evernote, indexée pour la recherche, potentiellement traitée par les fonctions d'intelligence artificielle du plan Advanced. Le jour où tu tapes ta stratégie de négociation dans une note, cette stratégie existe en clair dans un datacenter Google sous contrôle d'une société italienne. Tu fais confiance, et cette confiance est peut-être justifiée, mais elle est absolue et non vérifiable : tu n'as aucun moyen technique d'empêcher la lecture. Sur Filarr, la même note et les mêmes scans sont chiffrés sur ton disque avant même de penser au cloud. Si tu actives la sync, le serveur reçoit des blocs de bruit cryptographique. Ta stratégie n'existe en clair nulle part ailleurs que dans la RAM de ta propre machine, le temps que tu la regardes.
Cette fracture a une conséquence que les gens sous-estiment : la résilience. Evernote cloud-first signifie qu'un problème côté serveur devient ton problème. Panne, changement de politique, faillite, décision de Bending Spoons de fermer le service ou de tripler les prix : ton accès à ta propre mémoire dépend d'une entreprise sur laquelle tu n'as aucune prise. On l'a vu avec les licenciements massifs, le doute a plané sur la survie même du produit. Local-first, à l'inverse, signifie que le pire scénario côté serveur ne te coûte que la sync. Tes données restent sur ton disque, en clair pour toi, lisibles par l'application hors ligne, exportables quand tu veux. Le cloud peut brûler, tu gardes tout. C'est une propriété qu'on ne remarque que le jour où elle sauve la mise, exactement comme une assurance.
Je ne prétends pas que le cloud-first n'a que des défauts. Il a une immense qualité, et je la développerai en détail plus loin : il rend la synchronisation multi-appareils et la collaboration triviales, invisibles, magiques. C'est précisément parce que le serveur voit tout qu'il peut tout réconcilier sans effort. Le local-first paie cette simplicité au prix fort en ingénierie, parce que synchroniser des données chiffrées que le serveur ne peut pas lire est un problème nettement plus dur à résoudre. La question n'est donc pas de savoir quel modèle est supérieur dans l'absolu, mais lequel correspond à ce que toi tu veux protéger, et à quel point.
À quoi chaque outil sert vraiment
Avant de plonger dans la cryptographie, il faut être clair sur ce que chaque produit cherche à être, parce que comparer leurs fonctions sans comprendre leur intention mène à des jugements bêtes. Evernote est, depuis toujours, une machine à capturer et à retrouver. Son coeur de métier, c'est l'ingestion sans friction : tu vois une page web intéressante, tu la clippes en un clic avec le Web Clipper, elle est là pour toujours. Tu reçois une facture papier, tu la photographies, l'OCR reconnaît le texte à l'intérieur de l'image et tu peux la retrouver en tapant un mot qui apparaît dessus. Tu prends une note de réunion à la volée, elle se synchronise sur tous tes appareils avant que tu aies rangé ton téléphone. Evernote est excellent à ce jeu, il l'a inventé, et même diminué il reste redoutable pour transformer le chaos entrant en un fonds documentaire cherchable. Son use case central, c'est la mémoire externe universelle : tu y mets tout, et tu comptes sur la recherche pour t'y retrouver.
Filarr vise autre chose, et il est important de ne pas prétendre qu'il fait exactement la même chose en mieux. Filarr est un espace de travail unifié où trois choses cohabitent dans le même contenant chiffré : tes notes, tes fichiers, et un graphe qui relie les deux. L'idée directrice n'est pas seulement de capturer, mais d'organiser et de relier. Tu ranges tes documents dans des dossiers, tu les tagues, tu écris des notes qui pointent vers ces fichiers, tu visualises les connexions dans une vue graphe, et tout ça vit dans des workspaces multi-profils que tu peux cloisonner (le pro d'un côté, le perso de l'autre, un projet sensible dans son propre coffre). Le use case central, c'est de ranger toute ta vie numérique dans un seul endroit privé, où fichiers et notes ne sont plus dispersés entre un gestionnaire de fichiers, une app de notes, et un dossier Téléchargements en vrac. J'ai développé cet angle dans un article sur comment regrouper toute sa vie numérique dans un seul espace privé, si c'est ce point qui te parle le plus.
Cette différence d'intention explique une asymétrie qu'il faut assumer. Evernote gère les fichiers comme des pièces jointes à des notes : le fichier est un citoyen de seconde classe, accroché à une note, difficile à manipuler pour lui-même. Filarr traite le fichier comme un objet de premier rang, au même niveau que la note, avec plus de cinquante formats supportés en prévisualisation, parce qu'il vient autant du monde du gestionnaire de fichiers que de celui de l'app de notes. Inversement, Evernote a des décennies d'affinage sur la capture web, l'OCR, la reconnaissance de documents scannés, les intégrations avec des centaines d'outils tiers, et sur ce terrain Filarr est un nouveau-né. Si ton besoin principal est de clipper 50 articles par semaine et de les retrouver par recherche plein texte dans une image, Evernote reste taillé pour ça et Filarr ne prétend pas rivaliser aujourd'hui.
Il y a une catégorie d'utilisateur pour qui cette distinction tranche tout de suite. Si tu penses en termes de projets qui mélangent des documents, des notes et des échéances, Filarr te parlera, parce qu'il réunit ces objets au même endroit relié. J'en ai fait un cas d'usage détaillé dans gérer ses projets et ses tâches sans les éparpiller dans cinq apps. Si tu penses en termes de flux entrant à digérer (des captures, des clips, des scans qui arrivent en continu et qu'il faut avaler puis retrouver), Evernote a quinze ans d'avance sur ce workflow précis. Aucune quantité de chiffrement ne change ce fait, et je ne vais pas te raconter le contraire.
Le chiffrement en profondeur : ce que chaque app protège vraiment
On arrive au coeur du sujet, et c'est là qu'il faut être précis plutôt qu'inflammatoire. Commençons par démonter proprement ce qu'Evernote appelle son chiffrement, parce que le mot est employé de façon trompeuse dans le marketing. Evernote propose bien une fonction de chiffrement de note, apparue en 2014 et inchangée depuis. Voici comment elle marche réellement : sur le client desktop uniquement (Windows et Mac), tu sélectionnes du texte à la souris, tu fais clic droit, tu choisis de chiffrer le texte sélectionné, tu tapes une passphrase, et ce fragment devient un bloc chiffré que seule la passphrase peut rouvrir. Techniquement, c'est de l'AES avec une clé de 128 bits, dérivée de ta passphrase par PBKDF2 avec HMAC-SHA-256 et 50 000 itérations. Evernote ne reçoit jamais ta passphrase ni la clé, donc sur ce fragment précis, c'est effectivement du chiffrement de bout en bout. Sur le papier, ça a l'air sérieux.
Le problème, c'est tout ce que cette fonction ne fait pas, et la liste est accablante. Tu ne peux chiffrer que du texte sélectionné à l'intérieur d'une note, jamais la note entière, et surtout jamais les pièces jointes. Or c'est justement dans les pièces jointes que vivent tes vraies données sensibles : le PDF de ton contrat, le scan de ta pièce d'identité, la photo de ton relevé bancaire. Tout ça reste en clair côté serveur, la fonction de chiffrement ne peut littéralement pas y toucher. Le chiffrement est manuel, note par note, fragment par fragment, ce qui signifie qu'en pratique personne ne l'utilise sur plus de deux ou trois bribes ultra-sensibles. La clé fait 128 bits là où le standard sérieux de 2026 est 256 bits. La fonction n'existe pas sur mobile ni sur le client web. Et le texte chiffré n'est même pas cherchable, ce qui casse la promesse fondatrice d'Evernote. En résumé, c'est une rustine décorative posée sur une architecture qui, elle, reste intégralement lisible par le service. Appeler ça une app de notes chiffrée serait un mensonge par omission.
Filarr inverse totalement le défaut. Le chiffrement n'est pas une fonction que tu actives sur un fragment, c'est le socle sur lequel tout repose. Chaque fichier et chaque note est chiffré individuellement en AES-256-GCM, avec une clé unique par fichier. J'insiste sur ce point parce qu'il est structurant : ce n'est pas une clé globale qui ouvre tout ton coffre, c'est une clé par fichier (la FEK, File Encryption Key), elle-même enveloppée par une clé maîtresse (la KEK, Key Encryption Key) dérivée de ton mot de passe. Si tu veux comprendre pourquoi cette hiérarchie à deux niveaux est ce que font les systèmes sérieux comme Signal, BitLocker ou la protection de fichiers d'Apple, j'ai écrit un article entier sur pourquoi le chiffrement par fichier avec KEK et FEK compte vraiment. Le choix de GCM plutôt qu'un mode plus ancien n'est pas anodin non plus : c'est du chiffrement authentifié, qui détecte toute altération du contenu, et j'explique le détail dans ce qu'est l'AES-256-GCM et pourquoi ça compte pour une app de notes.
La dérivation de clé, chez Filarr, utilise PBKDF2-SHA512 avec 600 000 itérations, ce qui suit la recommandation OWASP de 2024, avec Argon2id disponible en option pour ceux qui veulent une résistance encore supérieure au cassage par force brute matérielle. Compare ce chiffre aux 50 000 itérations et à SHA-256 d'Evernote : ce n'est pas une différence de degré, c'est plus d'un ordre de grandeur de coût imposé à un attaquant qui voudrait deviner ton mot de passe. Mais le vrai point n'est pas la course aux itérations. Le vrai point, c'est que chez Filarr ce chiffrement s'applique à tout, automatiquement, sans que tu aies à sélectionner quoi que ce soit à la souris, et sur ton disque avant même l'idée du cloud. Là où Evernote te demande de te souvenir de chiffrer, Filarr rend le déchiffrement impossible pour quiconque n'a pas ta clé, par construction.
Maintenant, éprouvons les deux modèles contre des scénarios de menace concrets, parce que le chiffrement dans l'abstrait ne veut rien dire. Premier scénario, le serveur malveillant ou compromis. Un attaquant obtient un accès au datacenter, ou un employé indélicat fouine, ou Bending Spoons décide d'analyser ton contenu. Sur Evernote, tout ton fonds documentaire est lisible, sauf les rares fragments de texte que tu aurais manuellement chiffrés. Sur Filarr, le serveur de sync ne détient que des blobs opaques : même compromis intégralement, il ne livre que du bruit. C'est la différence entre chiffrement au repos avec clés côté serveur et chiffrement zero-knowledge, une distinction que je détaille dans l'article sur le chiffrement zero-knowledge expliqué.
Deuxième scénario, le laptop volé. Ton ordinateur disparaît dans un train. Sur Evernote, le cache local est déchiffrable par le client tant que ta session est active, et l'attaquant peut souvent accéder à tes notes si l'appareil n'est pas lui-même chiffré au niveau système. Sur Filarr, tes fichiers sont chiffrés au repos sur le disque : sans ton mot de passe, ils restent des blobs, indépendamment du chiffrement de disque du système. Troisième scénario, le mot de passe faible. C'est là qu'il faut être honnête sur les limites du chiffrement : aucune architecture ne te sauve d'un mot de passe trivial. Si ton mot de passe est faible, les 600 000 itérations de Filarr ralentissent l'attaquant mais ne le stoppent pas indéfiniment, et Evernote avec ses 50 000 itérations le ralentit encore moins. La leçon est la même partout, et je la rappelle dans le guide pratique pour chiffrer ses notes : la force de ton chiffrement plafonne à la force de ton mot de passe.
Quatrième scénario, la réquisition légale. Un tribunal ordonne au service de livrer tes données. Sur Evernote, le service détient les clés et peut, doit, remettre ton contenu en clair, c'est même explicitement prévu par sa politique de confidentialité et son statut d'hébergeur soumis au droit italien et européen. Sur Filarr, le serveur ne peut remettre que ce qu'il possède, c'est-à-dire des blobs chiffrés inexploitables sans ta clé, qu'il n'a jamais eue. Ça ne te rend pas au-dessus des lois, un juge peut toujours t'ordonner à toi de fournir ton mot de passe, mais ça déplace radicalement le point de contrôle : de l'entreprise vers toi. C'est exactement le sens de la propriété qu'on résume par la formule tes fichiers, tes clés.
Architecture de synchronisation et multi-device
La synchronisation est l'endroit où le cloud-first d'Evernote brille et où le local-first de Filarr doit travailler dur pour tenir sa promesse. Regardons les deux mécaniques sans complaisance. Chez Evernote, la sync est triviale parce que le serveur est la source de vérité et qu'il voit tout en clair. Quand tu modifies une note sur ton téléphone, le changement remonte au serveur, qui le réconcilie et le pousse à tous tes autres appareils. Les conflits sont rares et gérés côté serveur. La recherche plein texte, y compris dans les images scannées, se fait côté serveur parce qu'il a accès au contenu. C'est fluide, instantané, sans configuration. Le prix de cette fluidité, tu le connais maintenant : c'est que le serveur voit tout. La commodité et la lisibilité sont les deux faces d'une même pièce.
Chez Filarr, la sync est un problème beaucoup plus dur, parce qu'il faut synchroniser des données que le serveur ne doit jamais pouvoir lire. Le backend s'appuie sur Cloudflare R2 pour stocker des blobs chiffrés, et le code de synchronisation traite le stockage comme zero-knowledge : le serveur reçoit des objets chiffrés opaques, un manifeste lui-même chiffré qui décrit la structure, et il n'a jamais accès aux clés. Quand tu ajoutes un deuxième appareil, le transfert de la clé se fait par un échange cryptographique (ECDH) qui permet à ton nouvel appareil d'obtenir de quoi déchiffrer sans que le serveur intercepte jamais le secret. J'ai détaillé tout ce mécanisme, FEK, blobs, manifeste chiffré et transfert de clé, dans l'article sur le fonctionnement de la sync zero-knowledge de Filarr, parce que c'est la partie la plus technique et la plus intéressante du produit.
Ce qui se passe hors ligne illustre bien la différence de nature. Sur Evernote, hors ligne, tu travailles sur un cache, et certaines fonctions dégradent ou attendent la reconnexion, parce que le vrai contenu et la vraie recherche vivent côté serveur. Le plan gratuit t'a même longtemps limité au nombre d'appareils connectables, ce qui rend l'expérience multi-device dépendante de ton palier tarifaire. Sur Filarr, hors ligne est le mode par défaut, pas un mode dégradé : l'application entière fonctionne sans réseau, parce que tout est déjà sur ton disque. La sync n'est qu'une commodité qu'on active par-dessus. Cette inversion a une conséquence directe le jour d'une panne : si le serveur Evernote tombe, ton accès se dégrade ; si le serveur Filarr tombe, tu ne remarques rien tant que tu n'as pas besoin de propager un changement vers un autre appareil.
Et le jour de la résiliation ? C'est un test révélateur qu'on oublie souvent de faire. Si tu arrêtes de payer Evernote, tu bascules sur le plan gratuit plafonné à cinquante notes et un carnet : tu peux toujours consulter, éditer, exporter et supprimer tes notes existantes au-delà de la limite, mais tu ne peux plus en créer de nouvelles, et l'expérience se referme progressivement sur toi. Si tu arrêtes de payer la sync Filarr, tu perds la sync, et rien d'autre. Ton workspace complet reste sur ton disque, chiffré, pleinement fonctionnel en local, sans plafond de notes, sans dégradation, parce que le local a toujours été gratuit pour toujours et que la sync n'était qu'une couche optionnelle. La différence entre les deux modèles se voit rarement mieux que dans ce moment précis où tu cesses de payer.
Je dois quand même reconnaître une chose : la sync de Filarr, plus jeune et cryptographiquement plus contrainte, demande plus de soin d'ingénierie et de test que la sync éprouvée d'Evernote, rodée sur quinze ans et des millions d'utilisateurs. Un serveur qui voit tout peut réparer, dédupliquer, réconcilier avec une facilité qu'un serveur aveugle n'aura jamais. C'est le prix honnête du zero-knowledge, et je ne vais pas prétendre qu'il est nul. Il se paie en complexité, et donc en maturité qui se construit dans le temps.
Récupération et perte d'accès : le scénario qu'on n'anticipe jamais
Voici le paradoxe cruel du vrai chiffrement, et il faut le regarder en face avant de choisir. Plus une app protège tes données contre les autres, plus elle est capable de te bloquer toi-même. C'est mathématique : si le service ne peut pas lire tes données, alors le service ne peut pas te les rendre quand tu perds ton accès. Evernote et Filarr se situent aux deux extrémités de ce compromis, et il faut comprendre lequel te convient avant l'incident, jamais après.
Sur Evernote, la récupération est facile, parce que le service détient les clés. Tu oublies ton mot de passe de compte ? Tu cliques sur mot de passe oublié, tu reçois un lien par email, tu réinitialises, et tu retrouves tout ton contenu intact. Evernote peut faire ça précisément parce qu'il peut lire tes données : ton mot de passe de compte protège l'accès à ton compte, pas le contenu lui-même. C'est un immense confort, et pour beaucoup de gens c'est la bonne réponse, parce que la probabilité qu'ils oublient leur mot de passe est bien plus élevée que la probabilité qu'un pirate cible spécifiquement leurs notes. La seule exception, ironiquement, ce sont les fragments que tu aurais chiffrés avec la fonction de note : ceux-là, si tu oublies la passphrase, Evernote ne peut rien pour toi, ils sont perdus. Mais pour tout le reste, c'est-à-dire 99 pour cent de ton contenu, Evernote t'ouvre la porte sans problème.
Sur Filarr, la récupération est un acte de responsabilité, pas un bouton magique. Parce que le chiffrement est réel et que le service ne détient pas tes clés, personne ne peut réinitialiser ton accès à ta place. Le mécanisme de secours est une phrase de récupération de 24 mots au standard BIP-39, celui qu'utilisent les portefeuilles de cryptomonnaie, que tu génères à la création de ton coffre et que tu dois conserver hors ligne, idéalement sur papier, à l'abri. Cette phrase est la seule porte de secours. Tant que tu l'as, tu peux toujours rouvrir ton coffre même si tu oublies ton mot de passe. Si tu perds à la fois ton mot de passe et ta phrase de récupération, tes données sont irrécupérables, y compris pour moi, y compris pour n'importe qui. Ce n'est pas un bug, c'est la définition même de ce que tu as acheté en choisissant le vrai chiffrement.
Déroulons trois scénarios pour rendre ça concret. Mot de passe oublié, phrase conservée : sur Evernote tu réinitialises en deux minutes, sur Filarr tu restaures avec tes 24 mots, un peu plus de friction mais aucune perte. Appareil perdu, compte intact : sur Evernote tu te reconnectes ailleurs et tout revient du serveur, sur Filarr tu réinstalles, tu restaures depuis la sync ou une sauvegarde avec ton mot de passe, et tu retrouves ton coffre. Mort ou incapacité du titulaire, le scénario que personne n'aime évoquer : sur Evernote, un proche peut potentiellement obtenir un accès via les procédures du service et un cadre légal, parce que le service peut techniquement ouvrir le compte, sur Filarr, un proche ne pourra rien sans le mot de passe ou la phrase de récupération, ce qui veut dire que si tu tiens à la transmission, tu dois organiser toi-même la remise de ta phrase à une personne de confiance ou à un notaire. Le vrai chiffrement transforme la succession numérique en question que tu dois régler consciemment, au lieu de la déléguer implicitement à un service qui, de toute façon, pouvait lire tes données.
Je le dis clairement parce que c'est décisif dans le choix : si tu es le genre de personne qui perd ses mots de passe et ne notera jamais une phrase de 24 mots sur un bout de papier rangé en lieu sûr, alors la facilité de récupération d'Evernote est un vrai argument en sa faveur, et tu dois le peser honnêtement contre le gain de confidentialité de Filarr. Le chiffrement le plus solide du monde ne vaut rien si sa contrainte de récupération te fait perdre tes données dans la vraie vie. Choisis le modèle qui correspond à ta discipline réelle, pas à celle que tu aimerais avoir.
Le tableau, encadré de ce qu'il ne dit pas
Un tableau comparatif est utile pour fixer les faits, à condition de ne pas le prendre pour un verdict. Le voici, puis je détaille ce qu'il cache.
| Critère | Evernote | Filarr |
|---|---|---|
| Modèle | Cloud-first, hébergé sur Google Cloud | Local-first, disque d'abord |
| Chiffrement par défaut | Non (au repos, clés côté serveur) | Oui, AES-256-GCM par fichier |
| Chiffrement E2EE du contenu | Non, sauf fragments de texte manuels | Oui, par construction, tout le contenu |
| Pièces jointes chiffrées | Non, jamais | Oui, comme tout le reste |
| Dérivation de clé | PBKDF2-SHA256, 50 000 itér., AES-128 | PBKDF2-SHA512, 600 000 itér., Argon2id en option |
| Serveur peut lire tes données | Oui | Non, blobs opaques |
| Fonctionne hors ligne | Partiellement (cache) | Oui, à 100 pour cent |
| Récupération mot de passe | Facile, par le service | Phrase 24 mots BIP-39, chez toi |
| Fichiers en objet de premier rang | Non, pièces jointes | Oui, 51+ formats |
| Graph view | Non | Oui |
| Capture web / OCR / scan | Excellent, mature | Limité, jeune |
| Écosystème / intégrations tierces | Très large, ancien | Jeune, réduit |
| Mobile | Mature, iOS et Android | En cours |
| Plan gratuit | 50 notes, 1 carnet | Illimité en local, pour toujours |
| Prix payant | Starter ~99 euros/an, Advanced ~249,99 euros/an | Sync dès 4 euros/mois |
| Licence | Propriétaire | Client open source, BSL 1.1 |
| Propriétaire | Bending Spoons (Italie) | Indépendant |
Ce que ce tableau ne dit pas, c'est le poids relatif de chaque ligne selon qui tu es. Il aligne des oui et des non comme s'ils pesaient tous pareil, alors qu'ils ne pèsent pas pareil du tout. La ligne capture web et OCR, où Evernote écrase Filarr, peut être la seule qui compte pour un chercheur qui clippe cent sources par semaine, et rendre tout le reste secondaire à ses yeux. La ligne serveur peut lire tes données, où Filarr écrase Evernote, peut être la seule qui compte pour un avocat, un journaliste ou un médecin manipulant des données couvertes par le secret. Un tableau ne hiérarchise pas, il juxtapose. C'est à toi de pondérer.
Ce que le tableau cache aussi, c'est la maturité, cette qualité impossible à mettre dans une case. Evernote a quinze ans de bugs corrigés, de cas limites rencontrés, d'intégrations rodées, de fiabilité de sync éprouvée sur des millions d'utilisateurs. Filarr a la fraîcheur d'un produit récent, avec ce que ça implique de fonctionnalités manquantes et d'aspérités. Aucune ligne du tableau ne capture ça, et pourtant c'est parfois le facteur décisif. Prends le tableau pour ce qu'il est, une carte des faits, pas un arbitrage à ta place.
Là où Evernote gagne vraiment
Je vais passer plusieurs paragraphes à défendre le concurrent, parce que c'est honnête et parce qu'un comparatif qui ne le fait pas ne mérite pas ta confiance. Evernote gagne d'abord sur la capture et l'ingestion. Le Web Clipper est, encore aujourd'hui, un des meilleurs outils de sa catégorie : il attrape une page proprement, la nettoie, la range, et tu la retrouves des années plus tard exactement comme tu l'avais sauvée. L'OCR sur les documents scannés et les images est excellent et ancien, au point que tu peux photographier une carte de visite, une facture, une page de livre, et retrouver le tout en tapant un mot qui apparaît dedans. C'est de la technologie affinée pendant plus d'une décennie, et aucune app jeune, Filarr compris, ne reproduit ça du jour au lendemain.
Evernote gagne ensuite sur la maturité multi-plateforme et la sync sans effort. Ses applications iOS et Android sont matures, rapides, complètes, là où le mobile de Filarr est encore en cours de finalisation. La synchronisation, précisément parce qu'elle est cloud-first et que le serveur voit tout, est d'une fluidité qu'un modèle zero-knowledge a structurellement plus de mal à atteindre : pas de conflits visibles, pas de configuration, la recherche plein texte serveur qui trouve tout instantanément, y compris dans tes images. Si ton quotidien est fait de saisie sur téléphone et de consultation immédiate ailleurs, Evernote livre cette expérience depuis des années sans que tu aies à y penser.
Evernote gagne aussi sur l'écosystème et les intégrations. Des centaines d'outils tiers se connectent à Evernote, des automatisations existent, des connecteurs Slack et Microsoft Teams sont intégrés au plan Advanced, et toute une industrie de templates, de méthodes d'organisation et de tutoriels s'est construite autour de l'app depuis dix ans. Si tu travailles en équipe et que tu as besoin de brancher tes notes à un flux d'outils existant, Evernote a un tissu de connexions que Filarr, produit jeune et volontairement cloisonné pour des raisons de confidentialité, n'a pas et n'aura pas de sitôt.
Enfin, Evernote gagne sur la simplicité de récupération et la familiarité. Comme je l'ai expliqué, oublier son mot de passe n'est pas un drame chez Evernote, parce que le service peut te rouvrir la porte. Pour un utilisateur non technique, qui ne veut pas entendre parler de phrase de 24 mots et de responsabilité cryptographique, c'est un vrai confort et un vrai argument de tranquillité d'esprit. Il ne faut pas mépriser cet avantage : pour une immense majorité de gens dont les notes ne sont pas particulièrement sensibles, la facilité de récupération vaut plus que la garantie que personne ne peut lire leurs recettes de cuisine et leurs listes de courses. Choisir Evernote pour ces raisons est un choix parfaitement rationnel, et je ne vais pas prétendre l'inverse.
Là où Filarr gagne vraiment
Maintenant l'autre plateau de la balance, avec la même honnêteté. Filarr gagne d'abord, et avant tout, sur la confidentialité réelle. Ce n'est pas une nuance, c'est un changement de nature. Chez Filarr, personne d'autre que toi ne peut lire tes notes et tes fichiers, parce que le chiffrement AES-256-GCM par fichier s'applique par défaut, sur ton disque, avant tout cloud, et que la sync ne remet au serveur que des blobs illisibles. Chez Evernote, tout est lisible côté serveur, sauf des fragments de texte que personne ne chiffre en pratique. Si la question qui t'a amené jusqu'ici est qui peut lire mes données, il n'y a pas match : Filarr répond personne, Evernote répond nous, et le service, et un attaquant qui casse le serveur, et un juge qui le demande. Pour tout ce qui touche au secret professionnel, à la vie privée, aux données sensibles, c'est décisif.
Filarr gagne ensuite sur la souveraineté et la résilience. Tes données vivent sur ton disque, pas dans un datacenter dont tu ne contrôles ni la politique, ni le prix, ni la survie. Tu as vu ce qu'Evernote a fait de son plan gratuit et de ses tarifs après le rachat par Bending Spoons : du jour au lendemain, la promesse peut se retourner, et tu n'y peux rien parce que tes données sont chez eux. Chez Filarr, le pire scénario côté serveur ne te coûte que la sync. Le local est gratuit pour toujours, sans plafond de notes, et il le reste quoi qu'il arrive à l'entreprise, parce que la source de vérité, c'est ta machine. Cette indépendance a une valeur qu'on ne mesure que le jour où le service qu'on utilisait change les règles sous nos pieds.
Filarr gagne aussi sur l'unification notes plus fichiers plus graphe. Là où Evernote traite le fichier comme une pièce jointe de seconde classe accrochée à une note, Filarr met le fichier au même rang que la note, avec plus de cinquante formats prévisualisables, et relie le tout dans une vue graphe et des workspaces multi-profils. Tu peux vraiment ranger toute ta vie numérique, documents compris, dans un seul espace privé cohérent, au lieu de disperser tes fichiers dans un gestionnaire, tes notes dans une app, et de prier pour retrouver le lien entre les deux. J'ai développé ce point dans comment arrêter de perdre ses fichiers en réunissant documents et notes au même endroit.
Filarr gagne enfin sur la transparence et le modèle économique. Le client desktop est open source sous BSL 1.1, ce qui veut dire que tu peux lire le code, vérifier ce que fait réellement le chiffrement, t'assurer qu'il n'y a pas de porte dérobée, au lieu de croire un service propriétaire sur parole. Et le modèle économique est aligné avec toi plutôt que contre toi : gratuit pour toujours en local, sync optionnelle à 4 euros par mois, sans le jeu du plan gratuit qu'on rabote pour te pousser vers un palier à 249,99 euros par an. Filarr ne gagne pas d'argent en voyant tes données ni en te tenant en otage sur un plafond de cinquante notes. Il en gagne si tu trouves la sync assez utile pour la payer, et seulement là. Cette différence d'incitation façonne tout le reste.
Migrer d'Evernote vers une app chiffrée, concrètement
Parlons friction réelle, parce que migrer n'est jamais aussi propre que le marketing le prétend. Evernote te permet d'exporter tes notes, individuellement ou par carnet, dans son format ENEX, et aussi en HTML. C'est ta porte de sortie, et le simple fait qu'elle existe est important : tes données ne sont pas prisonnières, tu peux les récupérer. La bonne nouvelle, c'est que tu n'as pas besoin de rester bloqué. La moins bonne nouvelle, c'est que le format ENEX est spécifique à Evernote, que l'import dans une autre app demande souvent une conversion, et que certains éléments (l'imbrication exacte, quelques métadonnées, certains contenus riches) peuvent ne pas se transposer parfaitement.
La méthode saine, quelle que soit l'app d'arrivée, ressemble à ceci. D'abord tu exportes tout depuis Evernote, carnet par carnet, en ENEX et en HTML pour avoir une copie lisible universellement. Ensuite tu tries : la migration est le meilleur moment pour ne pas traîner quinze ans d'accumulation. Beaucoup de gens découvrent qu'ils ont des milliers de notes dont ils n'utilisent réellement qu'une fraction. Puis tu importes dans la nouvelle app, en commençant par un carnet test pour vérifier que le rendu te convient avant de tout basculer. Enfin, et c'est le point souvent oublié, tu ne supprimes ton compte Evernote qu'une fois certain que tout est bien arrivé de l'autre côté, après avoir gardé les exports ENEX en archive quelque part. J'ai écrit un guide de migration détaillé, orienté Notion à l'origine mais dont la méthode s'applique presque telle quelle, dans migrer vers une app chiffrée local-first sans perdre une seule note.
Ce que tu perds en migrant d'Evernote, il faut le nommer : l'OCR sur tes anciens scans (le texte reconnu dans les images reste dans l'image, mais l'indexation ne suit pas forcément), certaines intégrations tierces, et l'habitude, qui n'est pas rien. Ce que tu gagnes, c'est que dès que tes notes et tes fichiers sont dans Filarr, ils sont chiffrés par défaut, sur ton disque, illisibles pour qui que ce soit d'autre que toi. Le jour de la migration, tes reçus bancaires, tes contrats scannés, tes notes stratégiques cessent d'exister en clair dans un datacenter et recommencent une vie chiffrée sur ta machine. Pour beaucoup de gens, c'est précisément le moment où ils réalisent la quantité de données sensibles qu'ils avaient laissée en clair pendant des années sans y penser.
Une précision honnête sur l'état actuel : l'import direct d'ENEX dans Filarr est un chantier en cours plutôt qu'un bouton unique et magique, et selon le volume tu passeras peut-être par une conversion HTML ou Markdown intermédiaire, plus une réimportation des pièces jointes comme fichiers de premier rang. C'est de la friction réelle, je ne vais pas la peindre en rose. Si tu as des dizaines de milliers de notes, prévois du temps et une session de tri. Si tu as quelques centaines de notes et une poignée de dossiers, c'est l'affaire d'une soirée.
Le prix décortiqué, avec des scénarios chiffrés
Le prix est l'endroit où les abstractions redeviennent concrètes, alors calculons vraiment, sur trois profils. D'abord, rappelons les tarifs. Evernote gratuit, c'est cinquante notes et un carnet, ce qui est plus une démo qu'un plan utilisable pour qui accumule. Evernote Starter, successeur du plan Personal depuis fin 2025, tourne autour de 99 euros par an, avec des quotas (de l'ordre de 1000 notes, une vingtaine de carnets, quelques appareils). Evernote Advanced, successeur de Professional, tourne autour de 249,99 euros par an, lève les plafonds de notes et débloque les fonctions d'IA. Filarr, c'est gratuit pour toujours en local sans plafond, et la sync cloud à partir de 4 euros par mois, soit 48 euros par an.
Scénario un, l'utilisateur solo qui veut juste ses notes sur ses appareils, sans plafond. Sur Evernote, le plan gratuit ne suffit pas dès que tu dépasses cinquante notes, donc tu passes à Starter à environ 99 euros par an, en surveillant que tu ne dépasses pas ses quotas. Sur Filarr, si tu te contentes du local sur une seule machine, c'est zéro euro, illimité, pour toujours ; si tu veux la sync entre ton portable et ton téléphone, c'est 48 euros par an. Sur cinq ans, ça fait environ 495 euros chez Evernote Starter contre 240 euros chez Filarr avec sync, ou zéro si tu restes en local. La différence n'est pas énorme en valeur absolue, mais elle penche nettement, et surtout tu obtiens le chiffrement réel en prime chez Filarr.
Scénario deux, l'utilisateur intensif qui veut l'illimité et les fonctions avancées. Sur Evernote, ça veut dire Advanced à 249,99 euros par an, soit près de 1250 euros sur cinq ans, pour lever les plafonds et accéder à l'IA. Sur Filarr, l'illimité est le défaut du plan gratuit local, et même en payant la sync à 48 euros par an tu es à 240 euros sur cinq ans. L'écart devient massif, plus de mille euros sur cinq ans, parce que le modèle Evernote fait payer cher précisément ce que Filarr donne par défaut : l'absence de plafond. La nuance honnête, c'est que les fonctions d'IA d'Evernote Advanced (transcription, recherche sémantique, nettoyage) n'ont pas d'équivalent direct chez Filarr aujourd'hui, donc si tu paies Advanced pour l'IA, tu paies pour quelque chose que Filarr n'offre pas.
Scénario trois, la personne qui veut surtout ne jamais perdre l'accès à un fonds documentaire de dix ans. Ici le calcul n'est plus seulement monétaire, il est existentiel. Sur Evernote, tant que tu paies, tout va bien ; le jour où tu arrêtes, tu retombes au plan gratuit plafonné et ton fonds se referme partiellement. Sur Filarr, le jour où tu arrêtes de payer la sync, tu gardes l'intégralité de ton fonds en local, chiffré, sans plafond, indéfiniment. Le coût réel d'Evernote inclut donc un risque caché : la dépendance à un abonnement continu pour garder un accès plein à tes propres données. Le coût réel de Filarr inclut une contrepartie : la responsabilité de gérer ta propre récupération. À toi de dire lequel de ces deux coûts cachés te pèse le plus.
Open source et licence : ce que ça change pour toi
Evernote est un logiciel propriétaire, de bout en bout. Tu ne peux pas lire son code, tu ne peux pas vérifier ce qu'il fait réellement de tes données, tu ne peux pas t'assurer par toi-même qu'il n'y a pas de faille ou de collecte que la politique de confidentialité passe sous silence. Tu fais confiance, point. Pour beaucoup d'usages, cette confiance est acceptable, mais elle est aveugle par nature : tu crois sur parole une société commerciale, aujourd'hui Bending Spoons, sur la façon dont elle traite les données qu'elle peut de toute façon lire.
Filarr publie son client desktop en open source sous Business Source License 1.1. Concrètement, ça veut dire que tu peux lire le code, vérifier l'implémentation du chiffrement, t'assurer qu'une clé ne fuit pas, confirmer que les blobs envoyés au serveur sont bien opaques. C'est la différence entre je te promets que c'est chiffré et regarde toi-même comment c'est chiffré. Pour du logiciel de sécurité, cette vérifiabilité n'est pas un détail idéologique, c'est le fondement de la confiance : un chiffrement dont on ne peut pas auditer le code demande exactement la même foi aveugle qu'un chiffrement propriétaire. J'ai expliqué en détail le raisonnement et les limites de ce choix dans l'annonce du passage de Filarr en open source et pourquoi BSL 1.1.
Il faut être précis sur la BSL, parce que ce n'est pas exactement une licence libre au sens classique. La Business Source License 1.1 rend le code lisible et utilisable pour la plupart des usages, mais pose des restrictions commerciales pendant une période donnée, avant de basculer typiquement vers une licence open source permissive. Ce n'est donc pas de l'open source pur comme le MIT ou l'AGPL, et je préfère le dire clairement plutôt que de surfer sur le mot open source comme un argument marketing creux. Une nuance importante aussi : le client Filarr est en BSL 1.1, mais le site web du projet est publié sous AGPL-3.0. Ce sont deux dépôts et deux licences distincts, et je tiens à ne pas les confondre, parce que la précision sur ce genre de sujet est exactement ce qui sépare une communication honnête d'une communication qui arrange.
Ce que ça change pour toi, très concrètement : avec Evernote, si tu veux savoir si tes données sont vraiment protégées, tu lis une page marketing et tu croises les doigts. Avec Filarr, tu peux, si tu en as les compétences ou si quelqu'un de la communauté les a, ouvrir le code et vérifier. Et même si tu ne lis jamais une ligne de code toi-même, le simple fait que le code soit exposé au regard public crée une pression à l'honnêteté qu'un produit fermé n'a pas. C'est un des rares domaines où ouvrir la porte rend le produit plus digne de confiance, pas moins.
Quatre profils, quatre recommandations
Assez d'abstraction, passons aux personnes réelles. Si tu es un professionnel soumis au secret (avocat, médecin, journaliste, thérapeute, comptable), choisis une app chiffrée par défaut, et Filarr coche exactement cette case : tes dossiers clients, tes notes de consultation, tes sources, tes pièces sensibles vivent chiffrés sur ton disque, illisibles côté serveur, hors de portée d'une compromission ou d'une réquisition qui viserait ton prestataire. Evernote, où tout est lisible côté serveur, est structurellement inadapté à ce type de données, quel que soit son confort par ailleurs. Ce n'est pas une question de préférence, c'est une question de conformité à ton devoir de confidentialité. Sur ce profil, le choix est presque forcé.
Si tu es un utilisateur grand public dont les notes ne sont pas particulièrement sensibles, qui veut surtout capturer facilement, retrouver vite, ne jamais réfléchir à une phrase de récupération, et qui accepte volontiers qu'un service lise ses recettes et ses listes de courses en échange de confort, alors Evernote reste un choix rationnel, à condition d'accepter son prix et ses plafonds. Sa maturité, sa capture web, son OCR, sa récupération facile et son mobile abouti sont de vrais atouts pour cet usage. Je ne vais pas te dire de chiffrer des listes de courses par principe : si la sensibilité de tes données est faible, le curseur confort contre confidentialité penche légitimement vers le confort.
Si tu es un knowledge worker ou un créatif qui accumule à la fois des notes ET beaucoup de fichiers (documents, PDF, images, ressources) et qui veut le tout relié, rangé et privé dans un seul endroit, Filarr est taillé pour ça, parce qu'il traite le fichier en objet de premier rang et non en pièce jointe, avec un graphe qui relie notes et documents. Evernote peut stocker tes fichiers, mais toujours comme accessoires de notes, et sans chiffrement de ces fichiers. Pour ce profil hybride notes plus fichiers, l'unification et le chiffrement par défaut de Filarr font une vraie différence au quotidien. C'est probablement le profil pour lequel j'ai construit l'app en premier lieu.
Si tu es quelqu'un de peu technique qui perd systématiquement ses mots de passe et ne conservera jamais une phrase de 24 mots en lieu sûr, sois honnête avec toi-même : le vrai chiffrement peut te bloquer hors de tes propres données. Dans ce cas, soit tu choisis un service à récupération facile comme Evernote en acceptant qu'il puisse lire tes données, soit tu adoptes Filarr mais en prenant très au sérieux la sauvegarde de ta phrase de récupération (papier, coffre, personne de confiance). Le pire choix serait d'adopter une app à vrai chiffrement puis de perdre ta phrase : tu aurais toute la contrainte et, un jour, aucune donnée. Choisis en fonction de ta discipline réelle, celle que tu as vraiment, pas celle que tu voudrais avoir.
Conclusion : ce que je choisirais, et ce que je te conseille
Si je devais résumer d'une phrase : Evernote est un excellent outil de capture cloud-first qui n'a jamais été conçu pour la confidentialité, et qui, sous Bending Spoons, optimise sa rentabilité plus que ta protection ; Filarr est un workspace chiffré local-first plus jeune, moins mature sur la capture et le mobile, mais radicalement supérieur sur la seule question qui t'a probablement amené ici, à savoir qui peut lire tes données. Ces deux vérités coexistent, et ton choix dépend entièrement du poids que tu mets sur chacune.
Mon conseil concret est le suivant. Si tes données sont sensibles, ou si tu n'aimes simplement pas l'idée qu'une société lise ta vie documentaire en clair sur ses serveurs, passe à une app chiffrée, et Filarr est ma proposition sérieuse pour ça, gratuite à essayer en local sans compte, sans risque, sans engagement : télécharge, crée un coffre, importe une poignée de notes et de fichiers, et vois si l'expérience te convient avant de migrer quoi que ce soit. Si tes données ne sont pas sensibles et que tu tiens surtout à la capture web, à l'OCR mature et à la récupération sans prise de tête, reste sur Evernote en connaissance de cause, en sachant exactement ce que tu échanges contre ce confort. Et si tu hésites entre plusieurs alternatives chiffrées, jette un oeil à mon comparatif plus large des alternatives à Notion respectueuses de la vie privée et au classement des meilleures apps local-first en 2026 par cas d'usage, parce que Standard Notes, Notesnook, Joplin et Proton méritent chacun ta considération selon ton profil.
La seule chose que je te déconseille formellement, c'est de continuer à stocker des données réellement sensibles dans un service qui peut les lire, en croyant qu'elles sont protégées parce que l'app affiche le mot chiffrement quelque part dans son marketing. Le chiffrement au repos avec clés côté serveur, c'est de la protection contre le vol de disques dans un datacenter, pas contre le service lui-même, ni contre un pirate qui casse le serveur, ni contre une réquisition. Une fois que tu as compris cette distinction, tu ne peux plus la désapprendre, et c'est très bien ainsi : c'est exactement le genre de lucidité qui te fait choisir tes outils pour de bonnes raisons.
FAQ
Evernote chiffre-t-il vraiment mes notes ? Pas de bout en bout. Evernote applique un chiffrement au repos sur Google Cloud dont il détient les clés, ce qui protège contre le vol physique de disques mais pas contre le service lui-même, un pirate ou une réquisition. La seule fonction de vrai chiffrement de bout en bout est manuelle, limitée à du texte sélectionné à la souris sur desktop, en AES-128, et ne peut pas chiffrer les pièces jointes.
Qui possède Evernote en 2026 et où sont mes données ? Evernote appartient à Bending Spoons, une société technologique italienne basée à Milan, qui a bouclé le rachat début 2023 puis licencié la majeure partie des équipes américaines et chiliennes pour recentrer l'opération en Europe. Le service est entièrement hébergé sur Google Cloud Platform, et Bending Spoons est le responsable de traitement, soumis au droit italien et au RGPD.
En quoi Filarr chiffre-t-il différemment ? Filarr chiffre chaque note et chaque fichier individuellement en AES-256-GCM, avec une clé par fichier, directement sur ton disque et par défaut, sans que tu aies à activer quoi que ce soit. La clé de chaque fichier est enveloppée par une clé maîtresse dérivée de ton mot de passe via PBKDF2-SHA512 à 600 000 itérations, avec Argon2id en option. Le serveur de sync ne voit jamais que des blobs chiffrés opaques.
Que se passe-t-il si j'oublie mon mot de passe ? Sur Evernote, tu réinitialises facilement par email, car le service détient les clés de ton compte. Sur Filarr, personne ne peut réinitialiser ton accès à ta place, c'est le prix du vrai chiffrement ; tu disposes d'une phrase de récupération de 24 mots (standard BIP-39) à conserver hors ligne, qui est ta seule porte de secours. Si tu perds à la fois ton mot de passe et cette phrase, tes données sont irrécupérables.
Filarr fonctionne-t-il sans connexion et sans compte ? Oui, entièrement. Filarr est local-first : l'application complète fonctionne à 100 pour cent hors ligne, sans compte, et tes données vivent chiffrées sur ton disque. La synchronisation cloud est une couche optionnelle que tu actives seulement si tu veux retrouver ton coffre sur plusieurs appareils.
Combien coûte chaque solution ? Evernote gratuit est plafonné à cinquante notes et un carnet ; ses plans payants sont Starter (environ 99 euros par an) et Advanced (environ 249,99 euros par an). Filarr est gratuit pour toujours en local sans plafond de notes, et la sync cloud optionnelle commence à 4 euros par mois. Sur un usage illimité, l'écart sur cinq ans se chiffre en centaines d'euros en faveur de Filarr, sauf si tu paies Advanced spécifiquement pour ses fonctions d'IA, que Filarr n'offre pas.
Puis-je migrer mes notes Evernote vers Filarr ? Oui. Evernote permet d'exporter tes notes en ENEX et en HTML, ce qui te donne une porte de sortie. L'import dans Filarr peut demander une conversion intermédiaire selon le volume, et certains éléments spécifiques à Evernote peuvent ne pas se transposer parfaitement, donc procède carnet par carnet, garde tes exports en archive, et ne supprime ton compte Evernote qu'après avoir vérifié que tout est bien arrivé.
Evernote est-il un mauvais choix pour tout le monde alors ? Non. Pour un usage grand public à faible sensibilité, où comptent surtout la capture web, l'OCR mature, un mobile abouti et une récupération sans prise de tête, Evernote reste un bon outil. Le problème n'est pas Evernote en général, c'est Evernote pour des données sensibles : sa conception cloud-first, où le serveur lit tout, le rend structurellement inadapté au secret professionnel ou aux données que tu tiens à garder vraiment privées. Le bon critère de choix, c'est la sensibilité réelle de ce que tu stockes.
Articles liés
- ComparisonNotesnook vs Filarr : deux façons opposées de garder vos notes (et vos fichiers) chiffrésNotesnook vs Filarr : comparatif honnête de deux apps de notes chiffrees. Chiffrement, sync, mobile, prix, licence et cas d'usage pour choisir selon vos besoins.
- ComparisonAlternatives chiffrées à Notion en 2026 : les vraies options privées, local-first et chiffrées de bout en boutNotion garde vos clés. Comparatif honnête des alternatives chiffrées de bout en bout et local-first en 2026 : Standard Notes, Notesnook, Anytype, Proton, Filarr.
- ComparisonJoplin vs Filarr : deux philosophies du chiffrement de tes notes (comparatif en profondeur)Joplin vs Filarr : comparatif en profondeur de deux apps de notes chiffrées. E2EE optionnel et notes en clair sur disque vs chiffrement AES-256 par fichier par défaut.